CHAPITRE XXIII
REMPLACEMENT DE LOBD WELLBS- LE¥ PAE LORD CORN WALLIS. CHAN- GEMENT DR SYSTÈME. MORT DE LORD CORNWALLIS. TRAITÉS AVEC SCI ND) AH ET HOLKAR.
Dès 1 803 des raisons de santé avaient déterminé lord Wellesley à solliciter son rappel. Il ne voulait toutefois abandonner le pouvoir que lorsqu’il aurait vaincu les difficultés dans lesquelles le
gouvernement se trouvait engagé, et qu’il se serait mis en état de léguer à son successeur un empire pacifié et prospère. La durée de la guerre et les énormes dépenses qui en étaient la suite avaient fini par exciter contre lui quelques mécontentements. On attribuait à son ambition ce qui n’était que le simple résultat des circonstances et de la nécessité. Au mois de mars 1805, il crut pouvoir renouveler ses instances ; elles se virent agréées cette fois , et le successeur qu’on lui donna fut celui qui avait été son prédécesseur, le vieux lord Cornwailis , accablé par les ans , par les infirmités, et tr®p affaibli lui-même pour faire jouer d’une main ferme les ressorts de la vaste machine qu’il avait à faire mouvoir. Il arriva a Calcutta le 30 juillet 1805.
Malgré le traitéde Bhurtpour, l’Inde n’était pas précisément pacifiée lorsqu’il en reprit le gouvernement. Pendant le siège qui venait de finir, Seindiah avait entretenu une correspondance avec le rajah Randjit Singh. Des lettres interceptées avaient révélé le projet d’une ligue qu’il cherchait à former entre, tous les princes du Radjpoutana et des provinces limitrophes, pour l’expulsion des Anglais. D’autres marques de mauvais vouloir , comme la détention du résident anglais , ou le pillage de quelques villes alliées, avaient obligé le général Lake à le surveiller de près, et même à faire contre lui quelques démonstrations. Il avait été jusqu’à accueillir dans son camp et à promener hors de son territoire Émir Khan et Holkar toujours en état de guerre avec les Anglais. Il s’en justifiait en disant que c’était grâce à son intervention qu’ils s’étaient abstenus d’actes hostiles ; mais ses actes à luimême étaient bien loin d’annoncer des intentions pacifiques. Ses mécontentements étaient surtout entretenus par le désir ardent qu’il avait de rentrer en possession de Goualior et de Gohud, dont son dernier traité l’avait dépouillé. Il ne cessait de renouveler les réclamations auprès du gouverneur général à ce siqet, et peut-être supposait-il
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u’il était bon de lui donner à entenre que le suppliant pouvait devenir encore un ennemi redoutable.
Holkar.de son côté, menait une vie errante , cherchant partout des alliés et n’en trouvant pas , ramassant quelques aventuriers avec lesquels il s’enfuit du côté des Seiks, dont l’empire commençait alors à se cimenter sous l’autorité ferme et déjà prépondérante du Maha-rajah Randjit Singh Randjit Singh, à la nouvelle de l’arrivée de Djeswant Rao dans ses États , s’était hâté d’abandonner une expédition qu’il faisait entre le Tchénab et l'Indus contre Ahmed Khan , chef puissant dans ces contrées. Il fit à Djeswant Rao et à son compagnon d’infortune Émir Khan un accueil amical ; mais embarrassé dans les nombreuses guerres que lui mettaient sur les bras Tes difficultés d’un royaume naissant, il ne jugea nas à propos de se compromettre avec l'armée anglaise qui suivait les fugitifs; il fit à lord Lake un accueil non moins aimable qu’au Mahratte et au Pindarry.
Le 9 décembre , l’armée anglaise campa sur le bord de la Beyah, l’ancien Hyphasis, et le 24 du même mois, Holkar a bout de ressources signa le traité de paix. Par ce traité il renonçait à tous ses droits sur ce qu’il avait pu posséder au nord de la Chumbul ; a toutes les prétentions qu’il avait pu élever soit à Pounah, soit dans le Bundelcund ; à toutes les terres possédées ou seulement protégées par les Anglais ; enfin , par une clause qui est comme le cachet de tous les traités conclus à cette époque , tant avaient été grandes les appréhensions causées par les aventuriers français , il s’engageait à ne prendre à’ son service aucun Européen. Les Anglais lui restituaient tous les forts et territoires qu’ils lui avaient pris au nord ou au midi de la Tapti, depuis la Godavéry jusqu’à la Chumbul; et peu après on lui rendit même les portions de terre qu’on s’etait d’abord réservées au nord de cette rivière. Le gouvernement s’engageait en outre à n'intervenir en aucune manière dans les affaires inté-
rieures de Holkar. Ce dernier donnait depuis quelque temps des signes de folie; il s’empressa néanmoins de signer ce traite beaucoup plus avantageux qu’il n’eût pu raisonnablement l’espérer; circonstance qui nous ramène au récit d’évenements sur lesuels nous avons anticipé pour en nir avec cette guerre de Holkar.
Nommé sous l’empire des circonstances que nous avons fait connaître, lord Cornwallis avait apporté dans l’Inde une politique réactionnaire.
Outre-passant l’esprit pacifique qui avait présidé à la rédaction de ses instructions, il ne se bornait pas à vouloir la paix , il voulait la rupture de toutes les alliances dans lesquelles lord Wellesley avait engagé le gouvernement. Citait exhumer les préceptes d’un autre temps , préceptes contre lesquels sa propre conduite avait protesté durant sa première administration. Ces alliances étaient nombreuses, car lord Wellesley avait autant que possible attaché au service de la cause anglaise les feudataires de Holkar ou de Scindiah. Les revers de ces chefs avaient fini par amêner presque tous ceux qui d’abord s'étaient attachés à’ leur fortune. Après le siège de Bhurtpour , lorsque Scindiah parut vouloir relever la tête, le général Lake, indépendamment des 80,000 hommes de son armée, avait derrière lui pour contenir ce chef mutin, 300,000 hommes de ces troupes alliées. Lord Cornwallis disait que ces troupes seraient certainement moins formidables au gouvernement britannique en rase campagne , que nourries ainsi à ses dépens ; et en effet pendant quelque temps la dépense s’était élevée à
580.000 roupies par mois ; après une réduction opérée par lord Wellesley lui- même, elle montait encore à
390.000 roupies. Lord Lake fit en vain tous ses efforts pour défendre les droits qu’avaient à la protection britannique certains alliés fidèles de qui l'on avait tiré les plus signalés services, et que l’abandon, où on les voulait laisser malgré la foi des traités , allait mettre à la merci des vengeances de Holkar ou
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de Scindiah. Le nouveau gouverneur général voulait à tout prix des économies et la paix. Pour en venir là plus promptement , il compromettait sans scrupule la foi britannique et détruisait impitoyablement u’un trait de plume ce qui avait coûté tant de sang a l'armée , tant et de si longs efforts à l’habile diplomatie de son prédécesseur. Lord l.ake ne fut pas contrecarré en ce point seulement par la politique de lord Cornwallis. Voyant les dispositions pacifiques du gouverneur général, le général en chef avait songé à aplanir par un traité définitif, mais en profitant de tous ses avantages, les difficultés qui subsistaient encore entre la Compagnie et Scindiah. Ce dernier, dans un revirement d'humeur, venait de congédier son ministre, Sudji-Rao-Ghantka, grand partisan de l’alliance avec Holkar, auprès de qui il alla aussitôt chercher un refuge. Lord Lake avait dans son camp un ennemi de ce ministre, Monshi-Kavil-Neyne, qui lui-même s’était vu antérieurement contraint de chercher un refuge auprès des Anglais. Le général vit tout le parti que, dans la disposition nouvelle où paraissait être Scindiah , on pouvait tirer d’un hôte qui avait été banni pour avoir manifesté trop tôt des dispositions pareilles. Des parents queKavil-Neyne avait auprès de Scindiah insinuèrent au rajah que cet ami des Anglais lui pourrait être un intermédiaire fort utile auprès d’eux. Scindiah entra aussitôt dans cette vue, et Kavil-Neyne reçut des instructions en conséquence. Tout marchait suivant les prévisions du général ; mais aux premières ouvertures de Scindiah , il fit répondre qu’il n’écouterait rien, que le résident anglais n’eût été mis en liberté. Jusqu’alors Scindiah avait éludé toutes les sommations ou dédaigné toutes les menaces qu’on lui avait faites à ce sujet. Cette fois il s’empres-a de remplir la condition qui lui était imposée. L’avantage était pris dès le début par le négociateur anglais. Quel ne fut pas son désappointement lorsqu’il reçut une lettre de lord Cornwallis à
Scindiah, dans laquelle le gouverneur général sollicitait la mise en liberté du résident, et laissait entrevoir qu’à ce prix on rendrait volontiers au rajah Goualior et Gohud ! Le résident étant déjà relâché , la lettre au fond n’avait plus d’objet. Cependant comme elle trahissait avec trop de nudité l’esprit de sacrifice qui présidait aux conseils de Calcutta , et le peu d’accord des diverses autorités anglaises entre elles, le général prit sur lui de la retenir jusqu'à meilleur avis de lord Cornwallis mieux informé du point où en était la négociation. Ce dernier avait senti le besoin d'être plus près des lieux où se traitaient les affaires. Il s’avançait vers les provinces supérieures de Vlndoustan lorsqu’il fut arrêté auprès de Bénarès par une sorte de paralysie qui, chaque matin et pendant "une partie de la journée , lui faisait perdre toute sensibilité. L’activité de son esprit s’efforçait de survivre à cet épuisement du corps. Il se faisait rendre compte des affaires, et dictait encore des instructions et des réponses ; mais après un mois et quelques jours de langueur, il mourut, le 5 octobre (1805), au lieu où il s’était arrêté , à Ghazipore. C’est là aussi qu’il fut enterré suivant ses volontés. Il avait dit : « Où l’arbre tombera qu’il y demeure. »
Son remplaçant provisoire, sir George Barlow, abondait dans la même politique ; il la réduisait à deux mots, qui étaient l’abandon de toutes les alliances et de toutes les prétentions sur les territoires à l’ouest de la Djamna. En conséquence, malgré toutes les représentations que put faire lord Lake à ce sujet , le 23 novembre un traité définitif fut conclu qui portait : 1” l’abandon par les Anglais de Goualior et de la province de Gohud ; 2° la fixation des limites de Scindiah à la rivière Chambul ; 3° la renonciation de Scindiah à tous les jaghires, pensions et propriétés particulières qui lui avaient été reconnus par le traité précédent ; 4° l’engagement pris par les Anglais de lui payer une pension annuelle de 4 lacs de roupies, plus deux
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jaghires assignés l’un à sa femme, l’autre à sa fille, jusqu’à concurrence d’une valeur de trois lacs de roupies ; 5° l'engagement pris par le gouvernement britannique de ne faire aucun traité avec les rajahs de Djeypour, de Djoudpour, de Kottah , et autres tributaires de Scindiah, comme aussi de ne point intervenir au sujet des conquêtes faites par Scindiah sur la maison de Holkar entre les rivières Tapti et Chambul ; 6° l’engagement pris par Scindiah de ne plus jamais appeler aux affaires son ministre disgracié Surdji- Rao-Ghantka, ennemi des Anglais. La même clause fut aussi insérée dans le traité conclu avec Holkar , mais elle fut bientôt annulée dans l’un et dans l’autre. Il semble que , indépendamment de la clause d’alliance offensive et défensive dont on affranchissait Scindiah, assez d’avantages lui étaient faits dans le traité que nous venons d’analyser. Néanmoins sir George Barlow craignant qu’il n’y parût encore trop de vestiges de l’empire que les Anglais avaient exercé dans ces provinces, y fit insérer plus tard une modification dans laquelle il était formellement stipulé que les Anglais entendaient renoncer à toute protection sur les Etats situés au nord de laChambul, États dont la rédaction primitive n'avait pas assez explicitement fait mention. Sir George Barlow était le Godeheu de son pays et de son temps ; mais, heureusement pour l’Angleterre trop bien affermie aans sa conquête déjà ancienne , un traité Godeheu ne pouvait plus entraîner .pour elle les conséquences qu’il avait eues pour nous quarante ans auparavant. Si dans le maniement des grandes affaires il est un supplice douloureux pour les hommes supérieurs comme lord Welleslev, ce n’est pas de se voir jugés par l'ignorance, entravés par les rivalités , traversés par l’envie, vilipendés par la calomnie; c’est sans doute de reconnaître à la fin d’une vie laborieuse que , à l’aide des deux plus grandes forces qui soient dans ce monde, le génie et le temps, ils n’ont pu rien construire de si stable que ne
détruise facilement une seule minute aidée des bonnes intentions d’un petit homme médiocre et borné. Lord Wellesley put trouver cette vérité au fond de la coupe d'amertume où avait bu notre Dupleix.
On doit dire au reste, à la décharge de sir George Barlow, qu’il ne faisait que se conformer aux instructions formelles que le gouvernement de Calcutta recevait de la cour des directeurs , et que d’ailleurs il ne s’épargna pas le petit déboire de mettre sa conduite en contradiction avec ses principes. On est confondu de voir l'obstination avec laquelle la cour des directeurs revient périodiquement à ce système cent fois condamné et ruiné par les événements ; à ce système qui eut tué la Compagnie , comme le prouvait assez l’exemple de la compagnie française; à ce système enfin contre lequel la force des choses avait déjà tant de fois prévalu et devait prévaloir encore. Bien que cette politique fût solennellement adoptée, proclamée et mise en circulation dans toutes les branches du gouvernement , à mesure que les cas particuliers se présentèrent avec leurs uiflicultés, ce fut à qui l’abandonnerait , cour des directeurs et gouverneur général , tout en protestant toujours par de belles reserves en faveur du principe. Dans son zèle réactionnaire, la cour des directeurs allait jusqu’à recommander vivement l'annulation du traité de Bassein. Sir George Barlow avait fulminé assez haut contre les traités qui avaient établi l’intervention et la protection anglaise à Pounah et à Haïderabad, il dut être assez confus lorsque , mis en demeure d’en venir aux faits , il se vit obligé de se faire, contre les directeurs, l’avocat du traité de Bassein.
Les affaires qui surgirent à Haïderabad ne lui épargnèrent pas non plus le petit désagrément de se donner un démenti. Le Nizain s’était débarrassé d’un ministre créature des Anglais, puis l’avait repris, puis cherchait à s’en débarrasser encore. C’était une belle occasion pour sir George d’inaugurer sur ce point le règne de la po-
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litique d’isolement et de non intervention. Allant au-devant de ses vœux, le subahdar du Deccan semblait rompre de lui-méme les liens par lesquels le gouverneur général pouvait se croire enchaîné à son égard. Sir George ne parut pas éprouver un plaisir marqué de cet événement qui réalisait son utopie sans que lui-meme eût la peine d’y mettre la main. Bien loin de la, il s’appliqua à ressaisir ces droits onéreux contre lesquels il s'était si énergiquement prononcé. Dans une lettre assez embarrassée qu'il écrivit à la cour des directeurs, il s’en justifiait en ces termes: « Dans cette conjoncture extraordinaire il n’est besoin d’aucun argument pour démontrer le danger de laisser dans un état de solidité apparente, mais de décadence réelle, notre alliance avec l'État de Haïderabad. »
La politique de lord Wellesley ne pouvait être plus péremptoirement justifiée. Il n’était besoin d’aucun argument pour démontrer le danger qu’il y avait, non-seulement à Haïderabad, mais partout , à déserter la politique qui depuis lord Clive jusqu’au dernier de ses successeurs , avait fait dans l’Inde la force et la grandeur de l’Angleterre. Lord Wellesley dut être heureux de trouver cette déclaration dans la bouche de son contradicteur. La cour des directeurs, de son côté, lorsqu’elle eut à exprimer son avis sur les derniers traités de Scindiah et de Holkar, blâma l’abandon que l’on avait fait du rajah de Djeypour, allié fidèle et très-compromis au service de la cause anglaise. Elle trouvait qu’au moins aurait-on dû arranger les difficultés alors existantes entre lui et Scindiah.
Elle blâma aussi la suppression de la clause qui interdisait à Scindiah comme à Holkar de reprendre à leur service Surdji Rao Ghantka. Le bureau du contrôle partageait l’avis de la cour des directeurs. Ainsi, tout en maintenant les principes, chacun les désertait à qui mieux mieux dans l'application , sans doute à cause de la conjoncture extraordinaire. Sir William Bentinck, à Madras, avait tranché la difficulté en supprimant déci-
dément le gouvernement du nabab , et il s’efforçait de trouver un système d’administration directe praticable et avantageux.
Lord Minto , successeur nommé de lord Wellesley, arriva à Calcutta le 21 janvier 1807. Il venait dans l’Inde imbu des idées de lord Cornwallis et de sir George Barlow ; mais doué d’un esprit plus jeune que celui du premier, plus étendu que celui du second, sa grande intelligence savait faire une juste part aux leçons de l’expérience. Il put voirdèsle premier abord les fruits qu’avait produits depuis lord Cornwallis l’entêtement d’une soumission aveugle et littérale à des principes absolus. Exclu de tous les traités , Emir Khan , qui avait vu signer le dernier (celui ae Holkar) sous ses yeux , en sd présence, s’était retiré humilié et en murmurant :
« Après tout, une mouche peut bien tourmenter un éléphant. » La désorganisation complète où la guerre et les traités qui l'avaient suivie avaient jeté tous les États du Rndjpoutana , lui fournit bientôt le moyen de tenir les promesses renfermées dans cette parole. Ces bandes d’alliés que le gouvernement britannique avait licenciées couvraient le pays de hordes pillardes. Holkar, devenu fou, n’avait plus d’autorité, son armée s’était licenciée d’elle-même et pillait. Scindiah épuisé ne payait la sienne qu’à l’aide du pillage. Le métier d’Emir Khan était devenu celui de tout le monde.
L’occasion lui était belle pour reprendre le rang qui lui appartenait en pa- • reille compagnie. Des démêlés survenus entre les rajahs de Djeypour et de Djoudpour, au sujet d’un mariage qu’ils se disputaient , vinrent bientôt le mettre à même d’accroître encore sa puissance. Engagé alternativement au service de l’un et de l’autre, il s'amusait parfois à les piller également tous les deux. Il finit cependant par s’attacher à la cause du rajah de Djeypour à qui, durant les désordres ’ on avait suscité un compétiteur , et les succès qu’il obtint ayant enflé son ambition, il se donna bientôt comme le
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restaurateur de la puissance musulmane. Une si vaste prétention de la
Îiart d'un tel personnage n’avait au ond rien de bien inquiétant. Cependant, comme il menaçait d’attaquer le rajah de Bérar et de se rapprocher du Nizani qui en ce moment était mécontent, lord Minto jugea à propos d’enfreindre cette fois encore le principe de non intervention, et d’étendre sur le rajah menacé une protection qu’il ne lui devait pas. Une alliance fut donc conclue, sans condition de la part des Anglais , qui consentirent même à rester chargés, au moins en partie, de la dépense du corps auxiliaire. Une facilité de ce genre n’avait pas encore eu d’exemple , même de la part des plus zélés partisans du système d’alliances.
F.mirKhan n’osa pas se mesurer avec les forces anglaises, et retourna chercher fortune ailleurs. Les rajahs de Djeypour et de Djoudpour ne régnaient plus que sur un pays dépeuplé, désolé, d'abord par les pillages , puis par la guerre qu’ils venaient de se faire. Leur impuissance était devenue un obstacle à cette guerre, leur orgueil un obstacle à la paix. Ce fut Emir Khan qui trouva l’arrangement propre à aplanir toutes les diflicultés. Ce moyen ingénieux était la mort de la femme qui causait leur querelle. Cette Hélène, fille du rajah d’Odeypour, dont la dynastie prétend remonter au célèbre Porus, était l’une des beautés les plus célèbres de l’Inde. Pris entre deux rivaux également redoutables, dont l’un n’eût jamais souffert qu’elle tombât en la possession de l’autre, le malheureux père ne pouvait se résoudre ni à la donner ni a la garder, car le célibat d’une fille est une ignominie dans l'Inde pour toute la famille. Malgré les insinuations qui lui étaient faites par un de ses conseillers intimes qui suivait en cela les suggestions d’Emir Khan, il ne pouvait non plus se résoudre au dernier parti qui lui restait : la mort de sa fille. Une soeur de la belle Kishen-Kower prit sur elle ce triste courage. Elle se présenta à sa soeur une coupe empoisonnée à la main. La belle Radjpoute, digne sang
des héros antiques, jetant sur ce breuvage fatal le dernier de ses regards ,
firit la coupe d’une main assurée et a vidajusqu'au fond. Comme ce triste sacrifice venait de s'accomplir, arrive un vieux chef, serviteur dévoué du rajah. Il franchit sans plus de cérémonie toutes les portes du palais, et pénétrant jusqu'à la personne du rajah gémissant au milieu de ses familiers sur le coup qui venait de l’accabler : La princesse est-elle morte ou vivante?
s’écrie-t-il. Adjeit Singh , le conseiller sinistre, a l’audace de lui répondre.
Alors déposant son sabre et son bouclier aux pieds du rajah, le vieux Sugwan Singh dit : « Pendant plus de trente générations , mes ancêtres ont servi loyalement les vôtres. Il ne m’est pas permis d'exprimer ce que je sens, je le sais; mais je dois pourtant ajouter ceci : c’est que ces armes ne seront jamais employées à votre service. »
Puis , apostrophant Adjeit Singh :
«Quant a toi, misérable, qui as jeté celte ignominie sur le nom du rajah , que la malédiction d’un père retombe sur toi! puisses-tu mourir sans enfants. » Peu de mois après . le fils d’ Adjeit Singh mourut en effet. On attribua cette mort aux malédictions du vieux Sugxvan Singh. Nous avons voulu ajouter cet épisode touchant et caractéristique à l’esquisse des désordres dans lesquels étaient plongées des populations qu’une politique déplorable avait livrées aux bandits. Lord Minto en prenant parti pour le rajah de Bérar , montra suffisamment qu’il sentait qu'on avait été trop loin. Mais lié par ses instructions et par ses premières manières de voir, il n’osa pas aller dans cette voié jusqu’au bout.
Après avoir donné ordre au colonel Close de poursuivre la destruction ou la dispersion complète des troupes d’Emir Khan, il revint sur cette détermination. Des instructions nouvelles recommandèrent au colonel Close de s’en tenir à l’expulsion d’Emir Khan du territoire de Bérar, lui laissant d’ailleurs la faculté de reprendre le premier plan s’il le jugeait convenable. Le colonel avait déjà franchi
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les frontières de Bérar, pénétré dans le Malwa et inis le siège devant Seronge, capitale d’Emir Khan, lorsqu’il reçut ces dépêches II ne voulut pas assumer la responsabilité dont le gouverneur général se déchargeait sur lui, il se hâta de lever le siège et de rentrer dans les limites du territoire qu’il devait se borner à couvrir. Emir Khan échappa donc à la ruine qui le menaçait, et cette demi-intervention n'eut que l'effet local et momentané de protéger le rajah de Bérar.
A Pounah , bien que les excès en tout genre fussent moindres , la confusion n'était pas moins grande. Le traité de Bassein en entamant l’autorité séculaire du pesclnvah, avait ouvert une brèche qui livrait passage à tous les assauts, depuis que se retirait la puissance britannique qui d’abord s’était interposée. Les jaghirdars du midi (propriétaires de jaghires ou grands feudataires de l’empire niahratte ) en profitèrent pour achever de démanteler la vieille suzeraineté du peschwah, et même pour agrandir leurs territoires à ses dépens" Là , encore, lord Minto fut obligé d’intervenir. Dépassant cette fois les projets de son subordonné , le résident britannique, qui voulait s’en tenir à des moyens termes , il exhuma formellement la lettre du traité de Bassein et les droits que ce texte attribuait au
Eeschwah sur la protection des forces ritanniques. Mandés à Pinderpore , les jaghirdars, rassemblés en présence du peschwah et du résident, furent sommés de restituer les terres qu'ils possédaient sans sunnud, ou titre authentique , et menacés de l’intervention des troupes s’ils ne s’exécutaient.
Ils eurent de la peine à s’y résoudre, mais enfin ils s’exécutèrent. En cette occasion , lord Welleslev tout entier se retrouva dans lord Minto.
Haïderabad , où déjà sir George Barlow s’était vu obligé de trahir son principe de non intervention, Uaïderabad aurait eu grand besoin aussi du lord Minto de Pounah. La bonne volonté timide de sir George Barlow n’avait pris que des mesures incomplètes
et tenté que des efforts inefficaces. La désorganisation était partout, même dans le cerveau du Nizam , qu'on disait atteint de dérangement. Quelques favoris, quelques banquiers profitaient seuls de la dissolution de tous les liens de l’État; tout le reste sombrait dans l’anarchie et dans la misère la plus complète. Lord Minto vit la nécessité de remédier à cet état de choses, et il essaya de le faire ; il l’essaya assez pour enfreindre encore ses instructions, mais pas assez , malheureusement , pour rendre cette infraction profitable.
Il sut vaincre tous ces scrupules contre les Seiks. Les Sciks sont une secte religieuse et schismatique, aujourd’hui devenue un peuple dans ce vaste triangle que dessinent, au nord-ouest de Plndoustan , le cours de l’Indus, celui du Sattledge et PHvmalaya. Les cinq fleuves ( Indus , Djalem, Tchénab, Ravi , Sattledge) qui arrosent cette région , lui ont fait donner le nom de Pendjâb. Dans la première moitié du siècle dernier, au milieu des convulsions et des désordres qui signalaient la décadence de l’empire rnogol , les zémindars Djâtsdu Pendjâb (les Djâts ou Djauts sont les peuples qui habitent au nord-ouest de Dehli) résolurent de se soustraire aux vexations tyranniques et par trop excessives qui depuis longtemps pesaient sur eux. Pour s’unir par un lien plus étroit, ils proclamèrent la foi et les doctrines de Govind Sick , dernier gourou (ou apôtre, guide spirituel) des Seiks, et prirent ' le pahul de l’initiation. Le pahul est l’eau dans laquelle le néophyte et l’initiateur se sont lavé les pieds. Ils y jettent du sucre et l’agitent avec un couteau en chantant cinq quatrains.
Dans chaque intervalle d’un quatrain à l’autre , on chasse la respiration et l’on boit le pahul en criant : Wah !
Wah ! Govind Seik ! ap hi gouro tchela (Wah! Wah! Govind Seik! il est son maître et son élève à lui-même). Après avoir accompli cette cérémonie, les nouveaux initiés laissèrent pousser leurs cheveux et leur barbe; ils annoncèrent que le soc serait changé contre l’épée des vengeurs, etque les préceptes
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de Gourou Govind prévaudraient sur les doctrines des Védas et des Shasters (commentaires des Védas). Us se divisèrent par bandes de quinze ou vingt hommes , appelés dharvi ou hommes de grand chemin, et commencèrent à accomplir les destinées contenues dans ce nom , en détroussant les passants et en rançonnant les villes et les villages. C’est toujours par là que l’on commence dans l’Inde. A ce métier, ils gagnèrent d’abord des armes, puis des chevaux, puis de nombreuses recrues, et firent si bien qu’ils finirent par attirer l’attention des vice-rois ou subahdars. Mais alors ils avaient déjà des armées à mettre en campagne. Plusieurs fois écrasés par les armées de l’empire, ils furent dispersés , persécutés et obligés, pour se soustraire aux poursuites , de couper leurs cheveux. La peine de mort était portée contre quiconque proclamerait le nom de Govind Seik , et la tète de ses disciples mise à prix. Ces rigueurs ne les empêchèrent pas de se relever à diverses reprises, et toujours plus puissants, grâce à la faiblesse croissante du gouvernement mogol. Les invasions des Afghans, sous i’abdali Ahmed Shah, amenèrent dans le Pendjâb une série de révolutions très-favorables à l’accroissement des Seiks. En 1757, ils s’unirent à Adina Beg Khan , gouverneur du Djalander Douab (entre la Beyah et le Sattledgc) , qui , fortifié encore de l’alliance des Mahrattes , reprit Lahore et le Pendjâb sur le jeune Timour, fils de i’abdali. Ce fut pour venger cet outrage que celui-ci reparut une fois encore dans l'Indoustan , et agna sur les Mahrattes la sanglante ataille de Panipat (1761). Malgré cette imposante victoire, les Seiks osèrent, l’année suivante, tenir tête aux lieutenants d’Ahmed Shah , dans la province de Lahore , et forcèrent le redoutable abdali à venir les châtier en personne. Ils se relevèrent aussitôt après son départ; il revint encore; mais une partie de son armée l’ayant abandonné , il fut obligé de laisser définitivement aux Seiks le Pendjâb, qu’il ne pouvait plus leur disputer sans re-
noncer aux soins que, réclamait l’agitation de ses propres États. Pour régler le partage de leur conquête , les Seiks se répartirent en associations nommées Misais; il y eut douze misais principaux, entre lesquels le territoire fut d’abord partagé. Puis chaque misaldar régla avec ses subordonnes le partage des terres du misai. Le serdari, ou part du chef, étant désigné, on partageait le reste en pattis , ou parts de chefs du second ordre, qui allaient ellesmêmes se subdivisant pour les chefs inférieurs. Chaque pattidar, quel que fût son rang dans la hiérarchie , possédait son fief au même titre et avec un droit aussi absolu que le serdar dans le misai, ou le misaldar dans l’association générale. On construisit ainsi une espèce de système à la fois féodal et fédéral , qui ne devait pas durer longtemps. A la tête d’un de ces misais se trouvait, un serdar nommé Tcharat Singh , dont le grand-père , Djât de la tribu de Sansi , possédait sur son patrimoine deux charrues et un puits, et dont le petit-fils devait être le souverain le plus puissant, après les Anglais, et le plus indépendant de l'Inde. Au temps de lord Minto, Randjit Singh, petit-fils de Tcharat Singh, avait déjà recueilli et accru l’héritage de son père , Maha Singh , chef du soukartchakia misai. Profitant des divisions continuelles que le régime adopté par les Seiks entretenait parmi eux , il s’était appliqué à établir sa prééminence sur chacun des autres misais, en attendant qu’il anéantit leur indépendance. Quand sir George Barlow rappela l'influence anglaise en deçà de la Djamna, Randjit Singh trouva l’occasion fort belle pour faire passer à la sienne leSattleage, et pour l’établir sur le terrain que sir George Barlow abandonnait. Il voulut contraindre tous les petits princes échelonnés entre le Sattledge et Dehli à accepter sa médiation , c’est-à-dire sa suzeraineté.
Il en avait déjà réduit plusieurs par les armes , lorsque les autres , alarmés de ses progrès, résolurent d’envoyer trois d’entre eux à Delhi (mars 1808), pour invoquer la protection du gouverne-
ment britannique. Les ambassadeurs reçurent du résident quelques paroles rassurantes; mais, rappelés bientôt par Randjit Singh qui, dans la crainte d'une intervention anglaise, leur témoignait le désir de s’entendre directement avec eux et s’engageait à leur donner satisfaction, ils allèrent le trouver à Amritsar. Cependant l’éveil avait été donné au gouvernement anglais. Une ambassade que Napoléon venait d’envoyer en Perse, excitait de vives inquiétudes , et dans la prévision d’une invasion possible par l’ouest , la prudence la plus vulgaire ordonnait (rattacher à la cause anglaise tous les petits Etats limitrophes , et d’arrêter en de justes limites le développement de ceux qui pouvaient devenir ennemis.
Lord Minto fit donc pour les princes Djâts ce qu’il n’avait pas voulu faire pour les princes Radjpouts. Malgré les pressantes sollicitations de ceux-ci , il lit partir pour le Pendjâb sir Charles Metcalf. Randjit Singh fixa Kasour pqgr le lieu des conférences que le négociateur anglais voulait avoir avec lui. Sir Charles exposa l’objet de sa mission , qui était de retenir le rajah dans les limites du Pendjâb; mais à peine les pourparlers étaient-ils commencés, que Randjit Singh, levant brusquement son camp de Kasour, laissa la l'ambassadeur, franchit le Sattledje, et se mit à tomber plus rudement que jamais sur les princes que l’ambassade avait pour objet de protéger. Sir Charles Metcalf le suivit d’abord en faisant des remontrances et des protestations; voyant qu’il n’en tenait compte , l’agent anglais s’arrêta sur les bords du fleuve, pour attendre de nouvelles instructions. Quand Randjit Singh eut dépossédé deux ou trois princes , imposé le tribut à d’autres , il revint à Amritsar reprendre ses conférences avec sir Metcalfe. Lord Minto avait pris un parti décisif. Sans exercer aucune répétition sur les territoires déjà conquis par Randjit Singh , sauf toutefois ceux que lui avait valu sa dernière campagne, il déclarait que tous les États a l’est du Sattledje étaient désormais sous la protection britanni-
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que. A l’appui de cette déclaration , le colonel Oenterlony s’avança à la tête d'une armée, chassant devant lui les troupes seikes, et vint prendre position a Loudiana , sur les bords du Sattledge. Randjit Singh prétendit en vain ue les limites dgs possessions anglaises taient la Djamna et non le Sattledge;
?[ue sa qualité de souverain de Lahore ui donnait un droit de suzeraineté sur toutes les tribus seikes répandues , non-seulement à l’ouest, mais encore à l'est de ce dernier fleuve. Comme les Anglais , s’il résistait trop ouvertement , auraient pu offrir leur appui aux autres chefs seiks, qu'il ne contenait qu'avec peine, il se résigna. Un traité, qui fut signé à Amritsar, Le 25 avril 1809, stipulait une paix et une amitié éternelles entre les Anglais et l’État de Lahore. Les Anglais renonçaient à toute influence sur le pays et les sujets du rajah , au nord du Sattledge. Le rajah renonçait à entretenir, dans les villes qu’il possédait sur la rive opposée, plus Je troupes qu’il n’en fallait pour maintenir la police, il s’interdisait toute attaque sur les possessions de ses voisins. Ce traité a été religieusement observé jusqu’à la fin. Randjit Singh a vécu jusqu’au dernier jour avec les Anglais dans des rapports de bienveillance réciproque qui n’ont jamais été altérés. Voilà comment, avec un plan politique arrêté d’avance, lord Minto a dû, sur toutes les questions , prendre des résolutions plus ou moins opposées à ce plan, et n’a pu le réaliser intégralement nulle part. Il fit en cela ce qu’avait fait lord Cornwallis lui-même durant sa première administration , au temps de la guerre avec le Mysore. Si quelque chose pouvait manquer à la gloire de Clive, de Warren Hastings, de Wellesley, tri ni té de grands hommes, qui sont comme le trépied sur lequel demeure , historiquement assise , la puissance britannique dans l’Inde , ce serait de voir des hommes supérieurs aussi , comme lord Cornwallis, comme lord Minto, se cramponner vainement, lorsqu’ils veulent déserter la tradition de ces grandes intelligences, à des
L’UNIVERS
principes dont l’impuissance les rejette Violemment dans la voie qu’ils s’efforcent d’abandonner.
Au reste , les mesures que prit lord Minto à l’égard de la Perse ne se bornèrent pas à ce traité conclu avec Randjit Singh. Il voulut aussi combattre et renverser, s’il le pouvait, à la cour du shah, l’influence des Français et du génie de Napoléon. Le colonel sir John Malcolm , homme éminent à tous égards, fut choisi comme ambassadeur. Il ne put réussir à se faire admettre auprès du shah, qui ne daignait traiter avec lui qu’à distance et par l’intermédiaire de son fils, vice-roi de Shiraz , ce qui le força à revenir à Calcutta sans avoir rien fait. Lord Minto envoya un autre ambassadeur, sir Hartsford , et, pour le faire écouter , prépara une expédition contre quelque point du golfe Persique. Mais sir Hartsford ayant pu arriver sans entrave jusgu'à Téhéran où il trouva l’influence française en discrédit, l’expédition fut contremandée, et il conclut facilement avec le shah un traité
f>ar lequel celui-ci s’engageait à aider es Anglais contre toute tentative d’invasion. D’un autre côté, les Anglais souscrivaient un subside de 200.000 livres sterling par an au profit du shah, tant qu’il serait en guerre avec la Russie. Lord Minto voulut également s'assurer les Afghans , et commença à nouer des relations avec eux par une ambassade qu’il envoya à Caboul. Ainsi , l’influence anglaise qu’il avait voulu d’abord circonscrire en deçà de la Djamna, il la portait maintenant au delà de l’Indus, et bien plus loin encore, à Téhéran, entre le golfe Persique et la mer Caspienne ,
Jiresque aux bouches du Wolga ! Auourd’hui encore elle est là et n’en est que là , arrêtée sur le pas que lui a fait faire lord Minto, et qui l’a portée en effet sur la dernière limite qu’elle puisse atteindre en revenant de Calcutta vers l’occident. C’est vers l’orient maintenant que nous allons la voir s’avancer, toujours par l’entremise de lord Minto.