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II PREFACE

cile ou sur place, à l'Hôtel, avant le commencement de la mise aux enchères.

La collection de ces livrets de vente, même pour ceux qui ont eu le bon esprit de les garder, avec les prix crayonnés en regard des numéros, manque de confrontation. Des titres de propriété ne sont pas commodes à établir, quand il faut compulser des documents sans points de repère. On ne les aurait pas, quand même, tous au complet et sous la main, les archives de l'Hôtel Drouot étant dépourvues de bibliothèque. Une bibliothèque ! Allons donc, on n'y a pas songé, dans le va-et-vient continuel de chaque jour, des pièces qui entrent et qui sortent, reviennent sans cesse ou disparaissent à tout jamais dans des oubliettes inconnues rue Drouot ; c'est un roulage ou un roulement trop bruyant, un brouhaha quotidien qui absorbent tout le temps disponible. Collectionner et consulter des catalogues est œuvre spéculative plus que de spéculation. Elle comporte le travail ardu du collectionneur retiré dans le calme de son cabinet. Tout le monde n'a pas le temps de s'y astreindre et l'on allait, jadis, sans tuyaux, au feu des enchères.

Vous allez poser des références, comme à la Bourse, par la périodicité de votre bulletin, qui tiendra le public au courant de la cote. Le pittoresque ne sera pas entièrement sacrifié à l'utile, car vous ferez bien, de temps à autre, un bout de chronique rendant compte des grandes batailles. Mais l'historique qui convient à notre temps affairé est celui qui donne tout de suite les prix du jour et les valeurs au comptant. Grâce à vous on n'ira plus désormais à l'Hôtel au hasard de la roulette. On aura à l'avance les chiffres officiels des précédents combats. Chacun, consultant le passé, pourra acheter en toute connaissance de cause.

C'est une innovation à l'Hôtel des commissaires-priseurs. Il y aura bien toujours assez de mécomptes. On saura du moins, par comparaison, à quoi s'en tenir, quand on entrera à cette bourse de l'Hôtel Drouot pour faire l'acquisition d'un livre désiré ou d'une estampe longuement poursuivie. Vous publierez, en effet, au fur et à mesure des ventes, un résumé des catalogues dont vous indiquerez les numéros pour qu'on puisse s'y reporter.

Avec le catalogue sous les yeux la concordance sera facile. Dans tous les cas votre bulletin donnera les clous des ventes, les têtes de lignes, les principaux prix, ceux qui font la cote. Et si l'amateur veut avoir des indications encore plus précises, une table descriptive et alphabétique, par noms d'auteurs, renverra à la vente et au numéro de l'objet disputé, qu'il s'agisse de tableaux, gravures, livres ou autographes, pour y trouver les descriptions d'état et les titres d'authenticité.

Le public appréciera mieux, du reste, votre « indicateur », par la pratique et les services incontestables qu'il rendra. Je me borne moi-même à le résumer. Votre premier fascicule a complété déjà par son avertissement ces explications incomplètes.

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