TITRE IL. — INDUSTRIE
L'industrie dans le principe devait sans doute être des plus bor— nées, mais néanmoins en rapport, comme toujours, avec les besoins des peuples, et en suivant progressivement ceux que la civilisation leur impose. Si l’industrie fournit des choses utiles, indispensables même à la vie, elle sait aussi créer des besoins factices en présentant aux yeux des objets d'agrément, de parure, etc., dont on pourrait fort bien s'abstenir, mais un mot qu’on attache à la chose et qui sert de talisman suflit seul pour les faire accepter, passer par tout, voyager en tout lieux, et ce mot? c’est... la model!
Il faut que la mode , en effet , ait une grande puissance d’action, puissance innée chez l’homme il faut le croire, et qui seule pourrait servir à le faire distinguer des animaux ; car , depuis habitant de l'Océanie qui se tatoue , se rend difforme , affreux même dans lespoir d’être plus beau, jusqu'à l’élégante citadine qui toujours veut plaire, tous les penples ne sacrifient-ils pas à la mode? Et parmi les Européens, l'homme le mieux trempé, le plus indifférent aux ca- - prices de cette séductrice , dont 1l dédaigne en apparence le sourire gracieux, se laisse aller , accepte avec soumission la coupe nouvelle d’un vètement , füt-elle des plus ridicules, inconvenante même, mais qui lui est présentée comme une nouveauté.
(1) C’est la chapelle de l’ancien petit séminaire qui a été transformée en temple protestant.
Ea mode est donc inséparable de toutes choses ; et Le plus rétif aux charmes de cette sirène qui entraîne quelquefois avec elle, si Pon n’y prend garde, le désordre dans certaines fortunes, — dit et répète, pour se consoler d’avoir été vaincu, de n’avoir pu résister à la séduction , à l’attrait qu’elle présente et qui l’entraine, ce qu'ont dit et répété de tous temps les hommes sages : /’homme frivole court après la mode, mais l'homme sage s'y conforme.
Ainsi, comme on le voit, la mode est de tous les temps , de tous
les pays, de tous les âges ; et c’est elle qui préside à tous les genres
d'industrie , aux travaux si variés et maintenant si perfectionnés qui s’y rattachent , qui donne le mouvement et la vie et procure en même temps le bien-être de l’ouvrier.
Mais si la mode séduit, entraîne, il faut aussi que la raison vienne mettre un frein à ses séductions, en lui imposant un budget intelligent et salutaire capable de régler convenablement la dépense qui peut la concerner.
L'industrie étant la source féconde d’où découlent les produits que fourmissent les trois règnes de la nature, mais dont l'Agriculture est le plus puissant et ‘indispensable moteur , nous alions la présenter d’après ses divisions naturelles en trois principales catégories : 1° Agriculture ou industrie agricole et horticole ; 2° la Technologie, ou industrie concernant les arts et métiers, les manufactures ; 3° le Commerce ou industrie commerciale ; et dont nous allons for-
. mer autant de chapitres.