‹ Indicateur général de l'Algerie description geographique, historique et statistique de toutes les localitesChapitre 109 sur 123 · COMMUNE DE MOSTAGANEM · texte numérisé non relu

COMMUNE DE MOSTAGANEM

situation. Mostaganem est situé par 2°i5' de longitude occidentale, et par 35a57’ de latitude N., sur la côte septentrionale de l’Afrique, à 7 lieues marines E. d’Arzeu, et 20 d’Oran, dans la même direction.

mouillage. On mouille vis-à-vis l’ouverture du ravin, sur lequel la ville est assise, à la distance d’environ un mille ; on trouve alors 14 ou 15 brasses, fond de vase ; on ne saurait y rester avec les vents d'O. et de N. -O. Dans la belle saison, on peut mouiller provisoirement sur tous les points de cette côte ; le fond est bon, il n’y a aucun danger. La partie du S. du mouillage est terminée par une pointe aiguë, qui s'avance vers le N.-O. . et qu’on appelle pointe de Mazagran, du nom d’une pe-

Vite ville située à peu de distance vers le S.-S.-E. sur des collines, comme Mostaganem.

note historique. Mostaganem était, dans l’antiquité, une agrégation de villages, dont on trouve les traces, moins dans Ifs ruines qui couvrent les entours de la ville actuelle, que dans leur emplacement sur les flancs d’un ravin que parcourt, en serpentant, l’oued Safra.

. Léon l’Africain dit que ces divers hameaux furent fondés par les Allemands, ce qu'il faudrait entendre d’une restauration de ces centres de population par les Vandales. lousef ben Tachefin, l’Almoravide, bâtit au milieu de la ville le château que nous appelons le fort des Gigognes.

Les rois de Tlemsên régnèrent longtemps à Mostaganem, et y entretinrent une grande prospérité. Lorsqu’ils commencèrent à déchoir, le pays s’en ressentit. Sidi Hamed ben lousef de Miliana, voulant peindre l’esprit des habitants, uniquement attentifs aux jouissances grossières, a dit qu’ils se hâtaient de relever le talon de leurs pantouffles pour courir plus vite après un bon morceau.

Khaïr ed-Din Barberousse s’empara de Mostaganem en 1516; il en agrandit l’enceinte et la fortifia. Matmore, espèce de faubourg, de l’autre côté du ravin, sur la rive droite de l’oued Safra, fut entouré d’un mur, et bientôt 50,000 habitants jouirent, sur ce point, de tout le bien-être qu’amène un grand mouvement commercial. Les Maures, fugitifs d’Espagne, vinrent y tenter de larges exploitations agricoles et transplanter, dans ces vallées fertiles, la culture du coton.

En 1558, le vieux comte d’Alcaudète parut devant Mostaganem, mais Hassan Pacha, fils de Barberousse, l’obligea à lever le siège.

L’incurie des chefs turcs et, plus que toute autre cause funeste, la présence des milices qui entourèrent longtemps les beys de Mazouna, réfugiés dans la ville, contribuèrent à écarter les habitants paisibles et laborieux de ce centre industriel, véritablement favorisé de la nature. En 1792, le bey ayant re-

Sris possession d’üran évacué par les Espagnols, les habitants e Mostaganem furent transplantés dans cette capitale, pour la repeupler, au détriment ae leur ville natale.

En 1830, le commandement de Mostaganem ayant été donné au kaïd Ibrahim, les tribus environnantes refusèrent de reconnaître son autorité, pillèrent les récoltes et détruisirent les maisons de plaisance qui ornaient les abords de la ville. Les combats acharnés que les Turcs livrèrent aux Arabes, finirent par amener l’émigration totale de tous les Maures.

En 1832, Kaïd-lbrahim tenant la ville avec les Coulouriis, accepta une solde de la France, à la condition de nous conserver ce poste. Le 25 juillet 1833, le général Desmichels vint, avec la frégate la Victoire , et 1,400 hommes, occuper Matmore,

et ramena les Coulour’lis à üran. Mais à peine était-il parti. qu’Abd el-Kader assiégea la place, et y maintint une espèce de blocus. Par suite du traité de 1834, un consul de cet Arabe reconnu Emir, fut agréé pour résider dans la ville, qui fut conservée à la France par le traité de la Tafna. L’arrêté du 8 décembre 1835 y institua un bey ; celui du 8 mai 1841, en créant un commissaire civil, en fit un chef-lieu de district, et l’arrêté du 9 août de la même année créa au bey un entourage de khalifas, d’aghas, de hakems et de kaïds. La délimitation du territoire fut tixée par l'arrêté du 18 juillet 1845.

Le 20 mai 1865, l’Empereur arrivant d’Oran visita Mostaganem. et s’y embarqua le 22 pour revenir à Alger.

importance politique. Mostaganem est ie chef-lieu dune subdivision militaire, résidence d’un Général de brigade. C’est aussi une Sous-Préfecture. Une Justice-de-Paix fonctionne depuis longtemps. Un Tribunal de première instance a été établi le 6 février 1856. La population est de 2,606 Français, 2,585 Etrangers, 1,267 Juifs, 4,280 Arabes.

aspect extérieur. Mostaganem est bâti à un kilom. de la mer, sur un plateau élevé de 100 mètres, que coupe l’oued Aïn Seufra qui, venant de l’E., enveloppant ainsi la ville proprement dite, et fléchissant mollement au N.-E., se décharge à la mer dans le golfe d’Arzeu. Mostaganem est entouré d’une enceinte crénelée, qui va jusqu’à la crête du plateau où il est assis. Le fort des Cigognes, situé du côté de la plus petite partie de la ville, est aperçu de loin à cause de la blancheur de ses murailles et de leur configuration. Une belle caserne se montre aussi avec avantage. De la mer, on voit la grande place dont le périmètre carré est bordé d’arbres et encadré de belles constructions à arcades. De l’autre côté de l’oued Seufra, rive droite, sur un coteau,

à TE. de Mostaganem, s'étend le quartier de Matmore, (jui domine toute la ville, et se trouve dominé lui-même par le fort de PE. C'est là que se trouvent tous les bâtiments militaires. Une route longe Matmore, descend dans le ravin, où tournent neuf moulins, passe le cours d'eau, et remonte le monticule de Mostaganem. Il y a

cinq portes à la ville, qui sont : la porte de Matmore, des

Medjhers, de la Marine, de Mascara et d’Arzeu.

physionomie locale. La ville, d’un aspect riant, a conservé son caractère mauresque dans la partie basse. La grande rue Napoléon, toute bordée de maisons à arcades, qui se prolonge jusqu'à la porte de la Marine, -- la rue de Tlemsên, de Matmore et du Faubourg, sont les voies de communication les plus remarquables. Les places sont : la place du Sig, du Premier de Ligne, des Cigognes — et la place de la Halle où toutes les maisons sont bâties uniformément, ont des arcades et des galeries. Le marché se tient tous les jours sur la place du Sig et à la Poissonnerie.

* Le commerce a pour objet les bestiaux, les laines,, le coton, le tabac, les grains. La minoterie occupe des usines importantes. Il y a aussi quelques tanneries et de nombreuses briqueteries et fours à chaux, aux abords de la ville.

établissements militaires. Outre la Grande- Caserne dont nous avons parlé, il y a encore un Camp occupé par la cavalerie et le train des équipages. Les Turcos sont réunis dans une ancienne mosquée. Les .différents corps en garnison dans la ville y ont des

magasins pour leur matériel. Un vaste Hôpital, à Matmore, contient 1 ,000 lits. Il existe un Cercle militaire qui conserve une petite bibliothèque. Un Télégraphe électrique communique avec Oran.

établissements civjls. L’église catholique est bâtie au milieu de la place de la Halle, qu’elle occupe en grande partie. Un oratoire du culte protestant a été ouvert par arrêté du 9 septembre 1856. Les Musulmans ont une mosquée, à laquelle ils sont très-assidus. On voit une synagogue dans la rue Napoléon. Les Sœurs Trinitaires élèvent 500 jeunes filles, et tiennent une salle .d’asile. Les jeunes personnes israélites ont aussi une école. Un établissement communal réunit encore, en deux classes, les enfants chrétiens et juifs. Il y a une école arabe-française. Il existe une caisse d’épargne,— une Société de secours mutuels. L’institution d’un Bureau de bienfaisance a été approuvée dès le 31 juillet 1853. La Mairie, sur la place de lo Halle, est un beau bâtiment, aussi bien que le Tribunal. La Halle aux grains, près de la porte de Mascara, la Halle aux poissons, le Caravansérail des Arabes, favorisent le commerce. Un ancien aqueduc apporte l’eau, qui est débitée par des bornes-fontaines, et alimente la fontaine Bourjoly au faubourg Tigditt, qui a encore un autre monument de la môme utilité. Le ravin qui traverse la ville, séparant Malmore, quartier militaire de Mostaganeni proprement dit, offre la promenade la plus agréai ble, après la belle place déjà décrite plus haut. Un Cercle civil, et une Loge maçonnique, sous le titre dis-

linctif des Trinosophes africains, réunit les' affiliés à ces genres de récréation.

xtt DUSTR.IE particulière. Pendant quatre mois de l'année, les dimanches, mardis et jeudis, s’ouvre une jolie salle de spectacle. Société philharmonique. Parmi les nombreux cafés, il faut citer ceux de Paris, du Commerce, de la Bourse. Les meilleurs restaurants

sont ceux de France, de la Régence, de l’Univers.

Des voitures de place sont à la discrétion des promeneurs. A des heures fixes, des diligences se dirigent sur Oran, en passant à Mazagran, à la Stidia, à Arzeu.

BANLIEUE DE MOSTAGASfEIW Tigditt a U II (“

population d’Arabes qui cultivent des légumes et les fruits. Dans les fermes, il y a 115 Français, 78 Étrangers, et au lieu dit les Citronniers, 192 Arabes. Le plus bel établissement ù visiter est le Haras, peuplé de chevaux, de juments et d'élèves, qui exercent sur la régénération de la race chevaline du pays la plus précieuse influence. Autour des bâtiments s'étendent de beaux jardins. Le nombre des exploitations isolées s’élève à plus de 220, occupant une superficie totale de 3,317 hectares. De nombreuses vignes, et plus de 70,000 figuiers, donnent des fruits renommés. La campagne a la réputation d’étre la plus fertile de toute l’Algérie, dans un rayon de 4 kil. autour de Mostaganem. routes. Sept routes rayonnent de Mostaganem :

1» et 2° au N. celles de Kharouba et de Tounin ; 3» au N.-E. celle d’Orléansville, passant par Pelissier ; 4" à l'E. celle de Bel-Assel ; 5» plus au S. encore, celle

d'Aboukir; 6° au S.-O. celle d’Aïn Nouïsy ; et 7° la route (TArzeu, qui contourne le golfe dans la direction del’O. Les sections communales de Mostaganem sont :

KHAROUBA. Ce village a été créé, en 1848, à 4 kil. N. de Mostaganem, en face de la mer. Le territoire sablonneux est plutôt propre au seigle qu’au froment. Quelques puits suffisent aux habitants, qui sont au nombre de 28. Un abreuvoir a été établi. Le service forestier a fait des semis pour reboiser les dunes.

MAZAGRAN, village construit à 5 kil. S.-S.-O. de Mostaganem, sur le plateau qui domine à l’E. la Vallée des Jardins et celle du Natiour, — à l’O. la mer, dont il n’est éloigné que d’un kilom., — occupe l’emplacement d’une ville antique, relevée par les anciens Arabes, sur le versant occidental a’une colline très-raide. Le plateau est livré aux céréales ; le flanc et le bas de la colline sont couverts de beaux jardins et de vergers. La redoute, qui domino la plaine, la mer, et le centre de population, forme te sommet du triangle incliné que figure l’ensemble des constructions.

Après la mort du comte d’Alcaudète (1558), Hassan Pacha, fils de Barberousse, s’empara de Mazagran. En 1833, une garnison française y ayant été établie, les habitants abandonnèrent leurs maisons. Abd el*Kader signala la rupture du traité de la Tafna par l'attaque de ce point, le 13 décembre 1839. Du 3 au 6 février 1840, Mustapha ben Tamy, khalifa de l’émir à Mascara, attaqua le réduit, ou t23 soldats du l*r bataillon d’infanterie légère d’Afrique, sous les ordres du capitaine Lelièvre, tenaient garnison, et livra quatre assauts à la tète de 12,000 Arabes soutenus de deux pièces d’artillerie. Le mur d’enceinte de Mazagran a été relevé et réparé. Une colonne monumentale, ouvrage de M. Latour, s'élève sur le fort, théâtre de la défense. L’Empereur a voulu visiter le lieu de ce fait d’armes, le 20 mai 1865. L’ordonnance royale du 18 janvier 1846 y a créé un centre de population qui présente aujourd’hui un effectif de 351 Français, 253 Etrangers, 684 Arabes.

La situation de ce village est charmante et dans des conditions avantageuses : on l’a surnommé le Diamant dê la Province. Une très-jolie église avec horloge, une fort belle école pour les deux sexes, fréquentée par les adultes durant les longues soirées d’hiver, sont les bâtiments communaux de la localité. Une fontaine est construite sur la place du village; le lavoir et l’abreuvoir sont pleins d’une eau savoureuse et limpide. Les eaux abondantes qui sillonnent les jardins, y sont amenées par des conduits partant de nombreux bassins. Un grand nombre de puits et de norias viennent encore augmenter les ressources d’irrigation de ce centre. La vigne fait de rapides progrès. De

nombreuses plantations de mûriers réjouissent la vue. Un moulin à vent fonctionne pour la minoterie. C’est entre ce point et Mostaganem, et le long de la route d’Arzeu, que s’étend, du côté de la mer, le vaste hippodrome de forme ovale, théâtre des courses qui ont lieu depuis le 11 novembre 1847. Les chevaux en ont parcouru le tour en une minute quarante-cinq secondes (terme moyen).

Dans des fermes sont 100 Français et 14 Etrangers.

Les annexes de Mazagran, sont :

Un petit hameau maritime habité par 1 15 pêcheurs étrangers, construit à la pointe dite de la Salamandre.

Un endroit nommé Kistel , où sont 649 Arabes et 40 Européens.

Ourèa , hameau sur la route d’üran à Mostaganem, à 6 kil. de ce point, a été fondé en 1850, et régulièrement constitué par décret impérial du 22 avril 1853, sur un territoire principalement propre aux céréales. On y rencontre aussi de vastes champs de vignes et de nombreux carrés affectés aux cultures maraîchères et légumineuses. Les troupeaux trouvent dans les petits vallons formés par les dunes, et sur la montagne qui s’élève à l’E., une pâture très-appétissante. La situation d’Ouréa, resserrée entre la mer et des collines escarpées et rocheuses, s’oppose à l’extension de sa laborieuse population, présentant un effectif de 44 Français et 11 Etrangers. Deux sources fournissant, par une conduite, le débit d’une fontaine et un abreuvoir, suflisent aux besoins de l’endroit.

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