COMMUNE DE RIVOLI
■ Rivoli est situé à 8 kilom. S. de Mostaganem , à l'extrémité 0. delà Vallée des Jardins, sur la route de Mascara. Rivoli a été un poste militaire peuplé par des émigrants parisiens, et constitué en commune par le décret du 31 décembre î 856. La population est de 284 Français.
Une église, — des Ecoles, une Salle d’asile, sous la conduite des Dames Trinitaires, sont établies dans des locaux appartenant aux colons. Une fontaine, un abreuvoir, construits sur la place, servent plutôt aux passagers qu’aux habitants, qui ont des puits dans chacun de leur domaine, et ne manquent point de moyens d’irrigation, — la nappe d’eau s’étendant à 5 ou 6 mètres de profondeur.
Les céréales, les plantations, le bétail sont en belle Voie d’augmentation et de prospérité. Un moulin à manège fonctionne pour les colons de Rivoli et les Arabes du voisinage.
Dans la tribu des Dradeb sont 70 Français et 925 Arabes. Au Val du Nadour sont 595 indigènes.
Les sections communales de Rivoli, sont :
AIN NOUISY, colonie agricole, à 15 kilom. S.-O. de Mos- • taganem, fondée pour des émigrants parisiens, qui se dégoûtèrent, et furent remplacés par une population laborieuse et
entreprenante, qui s’est assuré le bien-être par les céréales et la vente du bétail, que les Arabes viennent chercher en un marché fort bien hanté. Le village est situé au débouché de la route de Mascara, dans la plaine.de l’Habra, protégé des vents du N. par des collines couvertes de broussailles. L'eau, qui n’est pas abondante, est amenée par une longue conduite fréquemment réparée. 10,000 figuiers et 17,000 mûriers et arbres fruitiers sont en plein rapport. La population d’Aïn Nouisy est de 227 Français et 32 Etrangers. On est admirablement bien servi dans* un bon liéleL 11 y a une église.
LA ST1ÜÎA, située à 17 kilom. de Mostagauem, et traversée par la route d’Oran à cette ville, fut fondée par ordonnance du 4 décembre 1840, pour être peuplée, comme Sainte-Léonie (commune de Saint-Cloud), par des émigrants prussiens, qui s'étaient réunis pour se rendre au Brésil. M. Dnval ( Manuel descriptif de V Algérie) fait une peinture touchante des premiers efforts de ces courageux colons : « Pendant longtemps, dit-il, les familles ont passé les nuits à défricher, pour aller le lendemain vendre le bois à Mostagauem, et acheter les quinze sous de pain qui devaient les faire vivre le jour, et elles recommençaient la nuit suivante, jusqu’à extinction. »> Aujourd'hui, ce* centre, de 486 habitants, dont 394 Prussiens, est le plus florissant de l’arrondissement de Mostagauem. La culture (les céréales est encore la principale industrie, mais les plantations sont vigoureuses et bien entretenues, les cultures industrielles promettent; de riches jardins entourent les maisons, læs enfants y sont nombreux. On fabrique de la sparterie, de la poterie; on distille les figues, les seigles, les caroubes. Chaque colon a un troupeau assez fort; il fabrique lui-même ses outils, répare ses charrues. — L’industrie a un moulin. — , La Stidia est dotée de fontaines, de lavoir, abreuvoir et canaux d’irrigation. — Elle a une église.
iRRONWSSEHENT DE TLEMSÉJI
. a* Tipm^èn comprend trois com-
L'aiTondissemeni de Tl . m Pont.üe.
Hiunes qui sont: l Tlem^E- > l Isseb.
COMMUNE DE TLEMSÈS.
situation. Tlemsèn est situé par 3“ 38 de longistTUATi latitude septentno-
tudc occidentale, et pai a* en
iule, ilans l’intérieur de l’Ms'"e. » 1 .
d’Oran, ù 64 kilom. S.-E. de Nemours a a8 k lom. E.
de Lalla-Mar’nia. à 36 kilotu. ». de Sebdou, d 66 kilo -
S. -O, de Sidi Bel-Abbés, à 4a kilom. S.-S.- ..
goun, son port naturel.
aspect extérieur. Tlemsén, au-dessus d une plaine onduleuse, est agréablement situé sur !
plateau de 820 m. d’altitude, au pied du Lal a-.c crête rocheuse qui le domine au S. et se ratlac >e Djebel Ternî. La Pépinière, le Bois de Boulogne, et une
forêt d’oliviers, forment une magnifique ceinture autour de lui. Le thermomètre n'a jamais dépassé 37- centigrade, par les forts venls du désert : la température et de 28 à 29° en été, et de 6 à 7° au-dessus de 0 en hiver. La neige tombe peu de jours et ne séjourne que sur les plateaux environnants.
vote historique.. Les Magraoua, branche de la tribu des Zenètes, passent, parmi les Arabes, pour être les premiers fondateurs ae cette ville. M. Mac Carthy retrouve dans le point dont nous nous occupons, l’antique Pomaria, nom qui lui fut donné à cause des pommiers dont il était entouré. Pomaria était florissante au 11* siècle. A la faveur des Vandales, auxquels ils payèrent un tribut, les Zenètes reprirent l’autorité dans la ville (430), qu’ils nommaient Agadir. Après les premières fureurs de l'invasion musulmane, les Abd el-Oued, chefs de la nation Zenète, redescendirent des montagnes et fondèrent à Agadir une royauté qui dura plus de 300 ans, jusqu’au jour où lousef ben Tachfin, fondateur de la puissance des Almoravides, eût fixé aux contingents de son vaste empire cette ville pour rendez-vous : ce que le mot Tlemsên signifie en langue chellah, aiusi que le dit le colonel Walsin Esterhazy. Les Almoravides et les Almohades de Maroc y maintinrent leur puissance, en y laissant toujours pour gouverneur un prince de la grande famille des Zenètes far’morasen, un d’entr’eux, se déclara enfin indépendant, et fut le chef de la dynastie des Zianites, presque toujours en guerre avec les empereurs du Maroc et de Fez, et les rois de Bougie et de Tunis. Ces derniers princes déposèrent, prirent, chassèrent, mirent à mort quelques-uns des rois de Tlemsên, et, par l’envie que les richesses fabuleuses de cette capitale excitaient en eux, causèrent de grands ravages dans le pays. Un sultan de Fez, de la race des Merynites, loucef ibn lacoub al-Mançour, était venu, en 1302, attaquer Tlemsên, et resta plus de sept ans devant ses remparts. 11 éleva à 2,200 métrés à l’0., une ville dont il ne reste plus que l’enceinte carrée, désignée sous le nom de Mansoura, rectangle de 900 mètres suf 700 mètres, formé d’une muraille en pisé de 7 à 8 mètres de haut, et 2 mètres d’épaisseur, couronnée de créneaux et défendue par des tours carrées, distribuées de 30 mètres en 30 mètres Quatre portes se correspondent sur les quatre faces. Un minaret hardi, dont il ne reste que la moitié, sur toute la hauteur, s’élève à l’intérieur, sur un ressaut de terrain, vers l'angle N. -O. Ce minaret est une des ruines les plus curieuses et les plus extraordinaires que l’on puisse rencontrer. Les fouilles ont lait trouver de jolies sculptures sur marbre translucide, et des inscriptions qui ornent le jardin de la Mairie de Tlemsên. Cest
dans le vaste enclos du Mansoura que le village de ce nom * été construit.
Les Merynites devenus maîtres de Tlemsèn, par l’assassinat et la trahison» le gouvernèrent durant 40 ans, et le perdirent en 1348. Une suite de princes fratricides y régnèrent, à partir de cette époque.
Le royaume de Tlemsèn se composait des villes de Nedroma, Djidjeli, Mers el-Kebir, Oran, Arzcu, Mazagran, Mostaganem ; ses trésors étaient cachés dans une caverne voisine des câlinés d’Arzen, en un lieu nommé Djira. Léon l’Africain Yante l’opu* lence des rois de ce pays, dont le palais était dans la citadelle nommée le Méchouar. il ne reste rien de celte splendeur qui s’éclipsait entièrement en 1515, lorsque Baba Haroudj ( Barberousse) fut appelé par les habitants, inquiétés des querelfes de la famille rovale intéressant les Espagnols à ses dissensions domestiques. Le pirate délivra Bou Zian du cachot où son oncle Bou Amou le retenait. Mais voyant la nullité de ce personnage, il voulut exploiter, dans un intérêt personnel, les efforts de valeur et d’intrigue que sa délivrance lui avait coûtés. Bou Zian et ses sept fils furent pendus par son ordre, au moven de la toile de leurs turbans, aux piliers de la galerie du fié-*
' chouar. Tous les membres de cette malheureuse famille lui furent amenés et jetés par son ordre, dans un étang où, dit Marmol, il les fit noyer , prenant plaisir à leurs postures et à leurs grimaces . Cette exécution atroce irrita les habitants contre les Turcs, et leur fit regretter les princes dont les crimes non moins révoltants avaient amené la chute. Le gouverneur d’Oran, sollicité par eux, envoya Martin d’Argote à Tlemsèn, où il fut reçu par les Maures. Barberousse, retiré dans le Méchouar, ne put s’y maintenir, faute de vivres, et s’enfuit la nuit, par un passage souterrain. Mais, poursuivi par les Espagnols, il sema vainement ses trésors par la route pour arrêter leur course, et périt courageusement sur les bords du Rio Salado (l’oued Maleh). Bou Amrou, replacé sur le trône, se reconnut tributaire des Castillans. Son successeur refusa toute redevance. A sa mort, Khaïr ed-Din-Barberousse fit reconnaître pour roi, Hamed, son fils puîné, au détriment d’Abdallah, que Charles-Quint fit installer par le comte d’Alcaudète (1544), gouverneur d’Oran, à la suite de deux expéditions, coûteuses a l’Espagne et onéreuses aux Tlcmsêniens. Ces derniers chassèrent Abdallah, accueillirent Hamed et les Turcs; mais ne tardant pas à se dégoûter de ces étrangers ils invoquèrent les Espagnols, qui obligèrent les Turcs à évacuer la place. Hamed resta roi; Hassan, son frère, succéda sous les auspices des Turcs d’Alger. Ce prince voulut se rendre indépendant de cette tutelle ; environne d’intrigues, il se sauva à Oran, où il mourut de la peste. Son fils fut baptisé sous le nom de Carlos, et Tlemsèn resta au pouvoir des Turcs, malgré les efforts des cliérifs de Fez (1560). 110 ans après, les habitants prirent parti pour eux contre le bey Hassan
(1670), qui les vainquit et détruisit la ville presqu’entièremert ayant reçu ordre d’Alger d’en finir avec ce foyer d’insurreotion qu’il* ne parvint pourtant point à éteindre tout-à-fait.
En décembre 1830, 1 Empereur de Maroc pensa que le momen était venu de faire valoir ses anciennes prétentions sur cette cité, et s’en empara. Les Koulour’lis s’étaient retirés dans le Méchouar, et s’v maintinrent pour les Turcs d’abord, et pour les Français ensuite, lorsqu’une solde leur eut été assurée au titre de la France. Les Marocains évacuèrent la ville lorsqu’Abd el-Kader, vainqueur de la coalition des tribus, après le traité de février 1834, sc présenta dans ses murs. Le maréchal Clauzel, après l’expédition de Mascara, se porta sur Tlemsên, pour en ravitailler la citadelle. 11 y entra le 12 janvier 1836, nomma un bev, en conséquence de l’arrêté déjà pris le 8 décembre 1835, et préleva sur les habitants de la ville, par un autre arrêté du 28 février, un emprunt forcé de 150,000 fr., qui ouvrit la porte à bien des désordres, et ne rapporta que 94 ,000 fr. Le capitaine Cavaignae fut laissé dans cette citadelle avec un bataillon qui prit le nom de Bataillon de Tlemsên , et eut à souffrir les plus grandes privations. Le général llugeaud ravitailla ce point en juillet 1836. Le traité de la Tafna, du 20 mai suivant, l’ayant cédé à Abd el-Kader, il fut évacué le 12 juillet 1837. L’émir le posséda quatre ans et en fit sa capitale. Le 30 janvier 1842, à la suite des événements de la guerre renouvelée, Tlemsên fut occupé de nouveau et n’a pas cessé de nous être soumis. Le 19 octobre 1865, Si Lalla avec les tribus Sahariennes du Maroc vint exercer le pillage aux entours vers le S.-O.
importance politique. Tlemsên est le cheflieu d’une subdivision militaire de la province d’Oran. C’est la résidence d'un Général de brigade, d’un Sous- Préfet, d’un Juge-de-Paix. Un Tribunal de lre Instance y a été institué par décret du 21 novembre 1800. La population est de 2,307 Français, 967 Étrangers, 3,185 Juifs. Les Arabes sont au nombre de 11,455. La population en bloc est de 512 individus.
enceinte. Tlemsên avait autrefois sept enceintes dont on voit encore de nombreux débris qui disparaîtront bientôt. Aujourd’hui elle n'a plus qu’un rempart solidement construit en pierres, qui a 4 kilom. de tour, embrassant une superficie de 70 hectares. Ce mur est
5 de c*nq portes : la p ères, à l’O. encore, — . ] Medin à 1E., — et la ^ Méchouar, si célèbre cL la citadelle. Il est sit rieur de son enceinte.
60 mètres sur 180, don ss à la montagne et diri *é, à larges créneaux, éL de deux portes et armé Deux tours rondes a cc~ la ville. Dans Tintériei dre, qui a 320 lits, uu î, 1 Artillerie, la Sous- 1 la Prison, le Campems*
° de Fez à j,q
°rte du Sud h dCS
- ü, ia porte
s 1 "isioire Pzt ni *
-a « S. de Ja'viii J°Ür' ue ,a ville et dans
-‘ «n rectangle d.envj.
,f'es faces sont pa.
de J’E. à |ï) la p de <9 • <c U,Le®ur 2 a 15 mètres, est
trt *e petu ««-
5eS’ fonl ftee au N
cîseraeT”'/ r",,p"”1
, J? e d infanterie, ]e
tendance ia », ’ e
♦ n manuten-
1* ■» 1 & Poudrière
iysionomie LOCALE Les places d’Armo ires, Saint-Michel, Napoléon, Bugeaud ir ’ CS î tient tous les jours le marché aux laino CSaria spaces que l’ouverture <3 g la ville a ménagés d!” * sein. Il y a d’autres marchés dans l’intérim»
s ' 001,14 du Fondouk. ee lui des Ghossels rPn ^
vendredis, le marché (juotidien de Tafrata ?US
es, dont le commerce fai t la principale riche* fS
li\b,ts- Les léS“m<». .es
itagnes des Trara, omancl îllentes, - y sont ap t
pistolets, les selles, ies
ouvrages de laines et
renommés, sont aussi les
Tes 7 Cerises’
Les bois de fUsi,s ,
n touffles de maroquin
es, des burnous noirs’ objets du négoce/ L’in!
dustrie a une filature de laine, plusieurs tanneries, dix-huit usines à huile et 25 moulins à farine, mus par l’oued Kissa, venant du S.-O., et l’oued Kalaa’, du S.-E., — tous deux émanant de la croupe rocheuse du Lalla-Setli. Ces deux cours d’eau parcourent les pentes de Mansoura, et tombent dans le ravin voisin des ruines du vieux fort Bit er-Rîch, auprès de la ville.
établissements militaires. Le Général commandant la subdivision habite une belle maison. Celle du khalifa, et le Pavillon des Officiers sont aussi des édifices convenables pour leur destination. De nombreuses casernes logent les militaires des différentes armes; la grande caserne, au centre du Méchouar, loge un régiment tout entier. La caserne du Beylik est affectép à la cavalerie ; les quartiers de Gourmela, de Kesaria, sont encore des locaux recommandables par leur commodité et leur étendue.
Les officiers ont un Cercle qu’ils se sont exclusivement consacré, et y conservent une bonne bibliothèque. Le magasin de l’Habra contient les orges, aussi bien que les silos de Sidi Brahim. Le magasin Hamet est pour la manutention, et celui de M’dersa pour les vivres de campagne. Les autres entrepôts militaires sont au Méchouar. Station télégraphique. Station d’étalons.
établissements civils. Eglise. Temple protestant. Les Musulmans ont conservé la grande mosquée,- dans une dépendance de laquelle est un asile pour 20 vieillards, la mosquée de Sidi Brahim, celle de Sidi Daoudi, et 27 chapelles où sont les restes de
saints personnages. Les Juifs ont cinq synagogues.
L’hôtel de la Poste et la Mairie qui a une bibliothèque, et dans le jardin de laquelle est une sorte de Musée d'antiquités, sont des espèces de petits monuments. Sur la place Saint-Michel, on voit une fontaine architecturale ombragée de beaux arbres. Dix-neuf autres
fontaines publiques abreuvent largement Tlemsên, qui
a encore six abreuvoirs et deux lavoirs, avec un grand bassin que remplissent les eaux de l’oued Kissa et de . l'oued Kalaa’. Des rigoles pavées font courir l’eau dans les rues. Des égoûts importants ont été réparés et construits. Les écoles communales sont tenues par les Frères de la Doctrine chrétienne et les Dames Trinitaires. Il y a aussi une école arabe-française et une classe pour les Israélites. Le Cercle tlemsénieç, réunion d'habitants appartenant à l’ordre civil, possède une bibliothèque importante. L’institution d’un Bureau de bienfaisance a été confirmée par arrêté du 31 juillet 1853; il y a une caisse d’épargne. L’esplanade du Méchouar, ombragée par quatre rangées d’arbres de la plus belle venue, le Bois de Boulogne, en dehors de l’enceinte, sont do fort belles promenades. Le Grand Bassin est aussi un point de réunion fort fréquenté.
industrie particulière L’hôtel de France est le mieux aménagé. De nombreux cafés s’ouvrent aux amateurs : les cafés du Commerce , de Paul Couret, place du Méchouar, des Victoires , de YUnion, le Café Gués et le Café National . MM. Fritz Flockner et Aymé, tiennent chacun une bonne brasserie.
moyen de transports. Diligences pour Oran rt pour Nemours, passant par Lalla Mar’nîa; voitures de louage, mulets pour les excursions. .
routes. Six routes s’épanouissent en éventail : 1° celle de Rachgoun, au N.-N.-O.; 2° celle d'Aïn-Temouchent, aboutissant à Oran, au N.-N.-E.; 3° celle de Sidi Bel-Abbès, au N.-E.; 4° une autre vers le même point, partant dans la direction de l’E.; 5° la route de Lalla Mar’nîa, à l’O., et 6° celle de Sebdou, qui serpente dans le S.; une autre est ouverte pour la même direction.
environs. Le paysage offre les sites les plus variés, ou l’abondance des eaux vient apporter la fécondité et le mouvement de la vie. Six belles cascades amènent du S. et de la belle vallée de Mafrouch, les eaux du S’af-S’af, qui tombent dans une profondeur de 300 pieds, et, de là, s'écoulent dans le vallon de Loured; elles sont portées dans le ravin d’El-Kala’a, où deux petits ponts de pierre le traversent. Sous le nom de Sikkak, elles se réunissent enfin à Tisser, après *20 kilom. de parcours.
Le jardinage occupe 500 colons, qui habitent des maisons isolées, autour de la ville. Les Indigènes cultivent avec succès une variété de tabac qui, triturée par eux, est estimée par les priseurs.
Le village de SIDI BOUMEDIN, à 2,400 mètres E. de la ville, sur le versant N. du plateau de Terny, est tout composé de maisons mauresques, qui entourent une mosquée, remarquable par son architecture et sa conservation, où le tombeau du saint personnage, donnant son nom à la localité, est conservé avec soin; il y a là un ancien collège arabe. A TE. de la ville,
une autre mosquée renferme les restes de Sidi Daoudi- Un portique ogival, près du minaret, mérite l’attention de l’archéologue. — Population, 1,192 Arabes.
La colonisation libre prend peu d’extension, parce
qu’elle se trouve enfermée dans un cercle formé par
les propriétés que cultivenl les Indigènes aux endroits
nommés Aïn Défia, Aïn el-Hadjar, Aïn el-H’out, Béni
Bou Blan, et Béni Ournid, ils sont au nombre de 2,293.
Les sections communales de Tlemsên sont :
BREA, ancienne ferme fondée par le Gouvernement en 1844, à 4 kilom. N O. de Tlemsèn, à 671 m. d’altitude, entre le ravin d’Ain el-Kab et la route de Nemours, fut entourée d’un mur de clôture, flanqué de lours; on la dota d’une pépinière, de fontaine, de lavoir et d’abreuvoir, au moyen d’une conduite d’eau de 600 mètres. Cette ferme fut concédée au capitaine Safrané : on y fabrique des huiles. Les cultures dominantes sont celles des céréales et des pommes de terre, recueillies par 159 Français et 16 Etrangers, qui ont formé, en 1848, le village, dont *la constitution légale remonte au 1 1 janvier 1849,
L’annexe est Fedensba, où séjournent 176 Arabes.
HANNAYA, centre dé population, créé en 1851, à II kil. N.-O. de Tlemsên, sur la route de Lalla Mar’nla, de Nemours, de Rachgoun, occupe une plaine oblongue d’une superficie de 60 à 70 kilom., qui est plus basse (444 m.) que la plaine de Tlemsèn, dont elle est séparée par un pâte de petites éminences. On y voit un grand nombre d’oliviers arrosés par deux petits cours d’eau, qui viennent alimenter une fontaine, un abreuvoir, un lavoir, et remplir un bassin dans l’intérieur même du village. 11 y a une église. — Population, 400 Français, 50 Etrangers, 182 Arabes. 11 y en a 338 à Imama, Kifa’n et Koudia.
MANSOURA est un centre de population de 156 habitants, dont 83 Français et 73 Etrangers, établi à 3 kil. O de Tlemsèn, dans une partie de l’enclos dont nous avons déjà parlé en traçant la note historique du chef-lieu de la commune. Les eaux, amenées par une conduite de 1,406 mètres de longueur, sont réparties, par une fontaine, dans un lavoir, un abreuvoir, — arrosent les jardins et les vergers, et désaltèrent de nombreux individus de la race porcine.
NÉGRIER, fondé en 1849, à 5 kilom. N.-E. de Tlemsèn, au lieu dit Rerizarve, près du pont du S’af-S’af (de Mascara), sur
un territoire de 380 hectares. Le village est entouré d’un fossé de défense. Il ne manque pas de moyens d’arrosage de toute espèce. Les habitudes de la population, qui est de 167 Français et 13 Etrangers, sont plutôt tournées vers le commerce que vers l’agriculture. Les plantations publiques, qui bordent la route de Négrier sur une longueur de 6,500 mètres, sont en très-bon état.
Ouzidan est le centre de 481 Arabes.
Le S’AF-S’AF, centre créé par décret du 6 mai 1850, à 4 kil. S.-E. de Tlemsêu, d’une élévation de 589 m. Sa population, formée d’anciens militaires et d’anciens colons, présente un effectif de 149 Français. La culture des céréales et l’entretien des oliviers, sont ‘la principale ressource du village, pourvu de tous les moyens d'arrosage convenablement aménages. 11 y a un four banal.
Sidi Lhassen , Sidi Halo ai, Tralimet , Zaouia , comptent 811 Arabes.
Sur la route de Nemours, à 8 kilom. N.-O. au bord de laTafna, il y a des eaux chaudes dites Hammam Bou R’ara.
Tels sont les environs de Tlemsên, à qui son admirable position dominant le cours de Tisser et de la Tafna, — à 12 lieues de la frontière du Maroc, à’égale distance de la mer et du désert, — fit donner le nom de Bab el-FTarb (porte du Couchant ).