COMMUNE DE PENTHIÈVRE
Penthièvre, peuplé en partie de familles allemandes, a été créé par ordonnance du *20 septembre 1847, à 134 kilom. de Constantine, à 43 kilom. de Bône et de Guelma, sur la route de ces deux villes, au confluent de Poued Mouïa Berd a et de Poued Dardara. Le village, qui a une église, est pourvu de fontaines, lavoirs, abreuvoirs. On y cultive les céréales et les plantes légumineuses. La population, y comprise celle de sa section communale Nechemeya, est de 146 Français, 274 Etrangers, 265 Arabes.
NECHEMEYA. Celui qui aurait vu l’ancien camp de ce nom, en 1837, à 124 kilom. de Constantine, à 43 kilom. de Bône. sur la route de cette ville à Guelma, où même qui aurait considéré vers la fin de 1853, les gourbis élevés par une population allemande qui était venu débarquer dans la province de Constantine, serait émerveillé de voir aujourd’hui ce que les bienfaits de l’Administration et les travaux du Génie militaire ont faits pour ce centre de population qui est doté de tous les avantages communaux. Les villages de Oued Touta et de Guelaa hou Sba, ont été dans les memes conditions. Le décret impérial du 28 février 1857, a constitué Nechemeya.
La circonscription, en dehors du périmètre communal, comprend 7G3 Arabes.
COMMUNE DE SOUK If ARRAS.
Souk H’arras, située à 99 kilom. au S. de Bône, à 40 kilom. de la frontière tunisienne, est l’ancienne Thagasle, patrie de St-Augustin, près de la rive gauche de la Medjerda (antique Bagrada), où l'on a jeté un pont, à la jonction des routes de Tunis à Constantine, et de Bône à Tebessa. Dès 185?, vingt soldats français, enfermés dans le fondouk, arrêtèrent l'insurrection du pays. En 1855, on fit de ce point un chef-lieu de Cercle, et au commencement de 1856, des colons européens, des Tunisiens, des Juifs, des Mozabites, vinrent y fonder spontanément un centre de population qui est aujourd'hui de 731 Français, 339 Etrangers, 188 Juifs, 88 i Arabes. Un décret du 15 septembre 1858 donna à cette fondation l'existence légale.
Centre des communications de la contrée, les routes de Tunis à Constantine, et de Tebessa à Bône, se croisent sur l'emplacement meme choisi pour l'assiette de la ville. C’est un point de passage obligé pour toutes les caravanes portant les produits de l’E. et du S. C'est aussi le lieu de transit et d'entrepôt du commerce de la Tunisie. Cette disposition des voies assure donc à toujours sur ce point un mouvement commercial qu'on chercherait vainement à faire dériver ailleurs.
Un marché hebdomadaire considérable se tient depuis des siècles sur ce point, le jeudi, et offre à l'activité
des Européens de productives branches de commerce, notamment sur les bestiaux, les céréales et les laines que la contrée fournit en très-grande abondance.
De toutes les tribus du cercle, et même de la Tunisie, les indigènes viennent en grand nombre, dès le mercredi soir, amenant avec eux de très-beaux chevaux, de nombreux troupeaux des races bovine et ovine, des chameaux, de grandes quantités de laine, des cuirs, du goudron, du miel, du savon, des tapis, des nattes, (les cordes, des burnous, de l’huile, des dattes, des fruits de toutes sortes.
De leur côté, les indigènes y achètent des quantités considérables de nos produits, et particulièrement des cotonnades, des foulards, des ustensiles de ménage, etc.
Ces nombreux acheteurs composent une population llottante connue sous la dénomination de Berrani , que le décret du 12 février 1858 place sous la surveillance d'un am in.
Souk H’arras qui a été érigé en commune de plein exercice par décret impérial du 23 août 18G1, a un Commissaire civil, un Juge-de-paix. Cette ville possède déjà de beaux établissements publics : une église, une école des filles avec salle d’asile, une école de garçons, un abattoir, un vaste hangar couvert pour le marché aux céréales, une mosquée.
La place, au centre de la ville, est à 661 mètres audessus du niveau de la mer.
Les noms des rues, pris dans l’histoire ancienne, rappellent Massinissa, Scipion, Jugurtha, qui ont eu
pour théâtre de leurs exploits les localités de la banlieue, où se sont livrées les fameuses batailles de Zama, du Muthul.
M’daourouche ( Madaurus ), patrie d’Apulée et de saint Alype, ami de Saint-Augustin, est éloigné ù 24 kil. au Sud, de Souk H’arras.
Non loin de la ville, des cours d’eau abondants et des sources nombreuses donnent des moyens d’irrigation aux exploitations agricoles et une grande force motrice pour l'installation de nombreuses usines. Déjà, quatre moulins, construits sur les bords de la Medjerda. sont en pleine activité et produisent des farines de bonne qualité et en quantité suffisante, non-seulement pour les besoins de la consommation, mais encore pour l’exportation.
Environnés de forêts présentant de belles essences, 30,000 hectares de bois offrent de grandes ressources aux exploitations de lièges et de bois de construction.
Les montagnes voisines renferment aussi des richesses minérales qui n’ont point été encore sérieusement explorées, mais qui se révèlent à la surface du sol ; le fer, le cuivre, le plomb, le manganèse, sont déjà connus sur plusieurs points.
C’est l’ensemble de ces diverses ressources qui explique le développement rapide et toujours croissant de ce centre de population et qui lui assure une ère de prospérité dans l’avenir; c’est-à-dire, dès qu’une bonne route, déjà en pleine voie d’exécution, praticable en toule saison aux voitures et aux charrettes, l’aura mis
en communication prompte et facile avec Bône, son port naturel , d’où il tire ses approvisionnements et où il expédie, pour l’exportation, l’exubérance de ses produits.
Pour terminer celle notice, nous dirons que 21,330 arbres de toutes essences ont été plantés par les colons, soit sur leurs lots ruraux, soit sur leurs lots de jardins. En outre, 400 arbres déjà fort beaux ornent les places et promenades publiques de la ville. — Enfin, 40 hectares, convenablement défoncés et défrichés, ont été complantés en vignes, et celte branche de fagriculture, si riche d’avenir, est appelée à prendre dans le pays un très-grand développement.
Il n’est peut-être pas sans intérêt de signaler l’existence d’une source thermale connue sous le nom de Hammam Oulad Zaïd, à 12 ou 13 kilomètres au N.-E. de Souk H arras, sur la route de cette ville à La Cale, par Bou-Hadjar. Les eaux de cette source sont très-sulfureuses et très-salines. Leur température est de 42°. Près de la source on a construit une petite maison et deux bassins pour prendre des bains. Les environs sont trèspittoresques. ( Moniteur de V Algérie).
La section communale de Souk H’arras est :
MEDJEZ-SFA. En 1856, il n’existait à Medjez-Sfa qu’une auberge tenue par un Européen, à l’embranchement de la route qui conduit de Souk H’arras à Bône et à Guelma.
Ce point, situé à 32 kilomètres de Souk H’arras, a son importance en ce qu’il forme un lieu d’étape pour les troupes et une halte pour les voyageurs. Cos circonstances favorables ont déterminé sur ce point la création d’un centre européen. Ce centre est divisé en deux groupes :
Le village de Medjez Sla,
Le hameau d’Aïn-Tahamimim, son annexe.
Le territoire agricole affecté à ce centre, par le décret de création du 2 septembre 1859, est de 1,249 hectares. Les terres sont d’excellente qualité, les eaux abondantes.
Les colons ont planté 1,500 arbres et 3 hectares de vignes.
La population, y compris celle d’Aïn-Taharaimim, est de 53 Français, 16 Etrangers, 55 Arabes.
L’oueffMelah, qui reçoit les eaux de l’oued Sfa, à 700 mètres seulement du village, sert de moteur à une vaste usine créée sur ce point pour la mouture des céréales, dont les produits s’exportent principalement sur Bône.
11 existe une chapelle catholique desservie par le curé de Duvivier, village à 10 kilomètres au N., sur la route de Bône ; une école mixte, dirigée par une institutrice; une fontaine avec abreuvoir; quelques plantations publiques dans la traverse du village, sur les deux côtés de la route.
Le hameau d’Aïn-Tahamimim est situé 4 kilomètres au S. du centre principal, sur la route de Souk H’arras, dont il est éloigné de 28 kilomètres (Moniteur de l’Algérie J.
La circonscription, en dehors du périmètre communal, comprend 51 Français, 27 Etrangers, 914 Arabes.
ARRONDISSEMENT DE GITO.
L'arrondissement de Guelma, comprend trois communes : I Guelma, II Henchir Said, III Gastu.