COMMUNE DE SAINT-CHARLES
Saint-Charles, au milieu de prairies artificielles, sous l’ombrage des oliviers et des mûriers, près du S’afs’af, au confluent de l’oued Zerga, a été créé le 6 avril 1847. Tous les mercredis, on vient de Constantine, qui est éloignée de 66 kilom. au S., et de Philippeville à 17 kilora. au N. pour y acheter des chevaux, des bœufs, des moutons, et des peaux de ces diverses animaux. Cette commune est entrée en plein exercice le 22 août 1861 . Il va une jolie Église, une école mixte, une Maison commune, une Société de secours mutuels. 1,500 hectares y ont été défrichés. On y récolte blé, orge, tabac, maïs, sorgho, coton. Les vignes, les mûriers, les oliviers y étalent leurs produits. Les nombreux pâturages sis dans la vallée de la S’afs'af, dans celle de l’oued Zergha et d*Aïn el-H’arras, nourrissent 1,600 têtes do bétail de la race ovine, 1,000 bœufs, 100 chevaux. Population : 215 Français, 119 Étrangers. Les Arabes sont au nombre de 1,043.
L’Empereur allant à Constantine, et au retour, a traversé cette localité les 28 mai et 5 juin 1865.
ARRONDISSEMENT DE SETIF.
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L'arrondissement de Setif comprend cinq communes : I Setif, II Bougie, III Bouira, IV El-Oümcià, V Saint- Arnaud.
COMMUNE DE SETIF.
situation. Selif est situé par 3°5’ de longitude orientale et par 36° 1 2" de latitude N., dans l'intérieur de l’Algérie, à 130 kilom. O. de Constantine, à 82 kilom. S.-E. de Bougie.
aspect extérieur. Setif, tel qu’il se présente aujourd’hui, est un centre de population composé de maisons neuves à la française, et assises avec une grande symétrie au S., aux pieds des murs antiques d'une citadelle rectangulaire. Ce fort occupe Fangle N.-O. d'une muraille ancienne, construite sur un sol ondulé. On voit encore sur le coteau qui s’élève au N., les restes de l'enceinte de l’ancien Setif, qui était trois fois plus grand que le nouveau, et s’étendait à l’O.,; de ce côté,
et tout contre le fort, s’est groupé un village français,
dans les premiers temps de l'occupation.
note historique. Les tribus qui s’insurgèrent en 297 après J.-C.. furent soumises par Maximilien Galère qui, pour les maintenir dans l’obéissance, opéra une nouvelle division du pays. Setif /'Sitifis coloniaj fut érigé en capitale d’une province de l’intérieur, qui reçut le nom de Mauritanie sitifienne. Pourtant Firmus, pau après, organisa encore la révolte dans le pays contre la tyrannie du préfet Romanus. Pris par Théodose. il fut décapité, et tandis que sa tête, au bout (l’un pique, était promenée de tribu en tribu, son cadavre était porté à Setif comme épouvantail aux yeux des populations turbulentes. Les Vandales commencèrent la ruine de cette capitale, dont les murs avaient 4,000 mètres de développement, et ne purent parvenir à en effacer tout-à-fait la configuration. Au moven-âge, nous voyons que les Arabes y venaient par habitude tenir encore un grand marché.
Le 15 décembre 1838, le générai Galbois reconnut ce point et se retira sur Diemila, où il laissa quelques troupes , qui furent attaquées le 16 et jours suivants. En juin 1839 , il revint prendre possession des ruines de Setif, et, le 28 octobre, il reparut pour y fonder définitivement un établissement propre à brider les Indigènes, au sein desquels les lieutenants d’Abd el-Kader nourrissaient un foyer d’insurrection. L’arrêté du 15 octobre 1840 porta formation de la subdivision territoriale de Setif. Le 11 février 1847, une ordonnance royale créa la ville européenne.
importance politique. Setif est la résidence d’un Général de brigade, qui commande la subdivision, d’un Sous-Préfet. Justice de paix. Un tribunal de première instance a élé institué par décret du 21 novembre 1860. La population est de 1,914 Français, 420 Étrangers, 730 Juifs. Il y a aussi 2,495 Arabes et en bloc 35 individus.
entcexmte. La citadelle, noyau de l’ancien Setif, autour duquel s’élève le nouveau, est une forteresse antique, ainsi que nous l’avons dit, qui a 150 mètres de long sur 120 de large. Les murs, assez bien conservés, ont été réparés avec soin. Iis sont flanqués par des tours :
quatre aux angles, une au milieu, 3c chaque côté, et deux sur les plus longues faces; en tout dix tours. II est à remarquer que les tours centrales ont plus de saillie que celles des angles. Les murs, qui ont environ 3 mètres d’épaisseur, ne sont pas de première construction ; ils ont été relevés au moyen-âge, avec des matériaux qui avaient été primitivement employés pour d'autres monuments, ainsi que l'attestent les moulures et les inscriptions tumulaires que Ton trouve sur un grand nombre de pierres. Les vieux remparts de la ville s'étendent encore sur un périmètre carré, dont les côtés les plus développés ont 450 mètres, et les moins prolongés, 300. Il y avait dix tours carrées suites premiers, et sept sur les autres. Quatre portesdonnent entrée dans la nouvelle cité : les portes de Constantine, de Biskra, d’Alger et de Bougie.
physionomie locale La ville est très -bien
percée et promet de prendre de l’importance. Les plus belles rues sont : la rue de Constantine, la rue Sillègue, toutes deux bordées d’arbres ; les rues du 19e léger, de Saint-Augustin, d’Isly, Trajan, Justinien. Les places sont: la place du Marché, de l’Église, Barrai, du Théâtre, où coule la plus belle des fontaines de la ville, qui en a de nombreuses sur plusieurs autres .points; la place Napoléon, dans le quartier militaire. Il y a une petite chapelle dans cette partie de la ville. La mosquée est remarquable ; son minaret est une flèche d’un fort beau style.
ÉTABX.XSSSMSMTS wihtaires. Les casernes
sont de belles constructions : 2,250 hommes sont facilement logés dans trois quartiers. Il y aune Caserne pour 417 cavaliers. L’Hôpital pour 300 lits, les magasins du Campement et des Subsistances, la Manutention, la Poudrière et le Pavillon des Officiers sont dans le fort. On y trouve aussi une Bibliothèque à l’usage des membres du Cercle militaire. Sur la promenade d'Orléans, on a eu r heureuse idée de réunir tous les objets curieux et antiques provenant des fouilles. Une hypogée romaine a été découverte en dehors des murs d’enceinte, du côté de la porte de Bougie. La ville a un musée communal.
établissements civiLS. Setif a une École communale pour les garçons. Les Sœurs de la Doctrine chrétienne dirigent une école de jeunes filles et une salle d’asile. Un télégraphe électrique fonctionne. Les militaires de la garnison jouent fort agréablement levaudeville, les dimanches et jeudis, sur un petit théâtre construit par un particulier.
industrie particulière. Tousles dimanches, les Arabes, qui arrivent au nombre d’environ 8,000, tiennent un marché sur une butte qui touche à la ville, du côté de la porte d’Alger. Seize moulins à farine ont été établis sur la rivière du Bou Sellam, qui vient couler à 2,500 mètres de la ville. Les hôtels sont ceux de France , de Paris , d’Italie, du Veau qui tête. Les cafés remarquables sont ceux de Pons, Combes et Dufour . Il y a un Cercle du Commerce et une Loge maçonnique drs Frères du Bou Sellam.
environs. Setif, par 1,100 mètres d’altitude, est
un des points les plus salubres de l'Algérie, presque continuellement balayé par les vents. La température moyenne de 13°, s’élève parfois jusqu'à 35°, et ne descend jamais plus bas que 4 ou 5° au-dessus de 0. La campagne environnante est une plaine ondulée de quelques monticules, où de charmants jardins ont été créés. Le sol, très-fertile, est consacré à de belles cultures par «les Arabes qui entendent cet art beaucoup mieux que la plupart de leurs compatriotes, et l’exercent avec goût et bonheur. — Les Européens, sur les 30,000 hectares composant le territoire de la colonisation, avaient ensemencé, en 1864, 9,400 hectares en blé, 8,000 hectares en orge, avaient planté 600,000 pieds d'arbres et élevaient 13,000 têtes de bétail.
transports. Les moyens de transports usuelssont les chevaux. 11 vient des voitures de roulage.
routes. Les routes qui se croisent à Setif, sont : la route de Constantine par Djemila et Mila, et une autre route vers la môme ville, qui serpente plus au S.-E.;
La route qui s’avance au S. -O., à travers le khalifa de la Medjana qu’elle traverse ;
La roule de Bougie, dont la direction générale est N. -O. qui décrit une ligne très-sinueuse.
Les sections communales de Setif sont :
AIN TRIK dont la population , y comprise celle de ses annexes, est de 151 Français, 53 Etrangers, 2,098 Arabes.
D’après le décret impérial du 26 avril 1853, la Compagnie gènevoise, dite des Colons Suisses de Setif, devait construire dix villages. Ceux qu’elle a élevés, sont :
Ain Trik (12 Français, 296 Arabes) et ses annexes :
Ain Smala (4 Français, 236 Arabes).
El-Hassi (120 Arabes).
Il sera parlé des autres villages créés par la Compagnie gc* nevoise, aux communes de Bouira et d’El üuricia ci-après.
Les autres annexes d’Aïn Trik sont : i
AXn Sfia , à 2 kilom. de Setif, créé par ordonnance du 16 janvier 1856. La population s’adonne à élever des bestiaux .
Fermatou, sur les bords du Bou-Sellam, ombragé de saules « et de bouleaux.
Khalfoun, à 6 kilom. de Setif, a une belle fontaine, un lavoir, un abreuvoir.
LANASSEUR, à 8 kilom. de Setif, assis sur un mamelon, entouré de terres fertiles en céréales, en tabac, en coton, et de prairies et jardins couverts d’arbres fruitiers. Population:
29 Français, 1 1 Etrangers, 350 Arabes
L’annexe de Lanasseur est :
Temellouka. Population : 360 Arabes.
MESLOUG, à 10 kilom. de Setif. Population : 116 Français,
3 Etrangers, 617 Arabes.
L’annexe de Mesloug est :
Ebllachechia . Population : 210 Arabes.