DE LA PROVINCE D’ORAN EN GÉNÉRAL
situation. La province d'Oran comprend le long de la Méditerranée, l’étendue des côtes qui serpentent de TE. à l’O.-S.-O., à partir du cap Magraoua par 1°5(V de longitude occidentale jusqu’à l’oued Kîs, par 4°31’. A l’E., les limites de la province s’avancent profondément, dans cette direction, pour embrasser le Djebel A’mour. A l’O. les confins beaucoup moins sinueux de l’empire du Maroc, longent pareillement le périmètre de la province d’Oran, qui atteint, au S., le grand désert. — Sa superficie totale est de 203,500 kilom. carrés, dont 36,500 kilom. dans le Tell et 167,000 dans le Sahara.
montagnes. Les niasses qui dominent les vallées hautes et s’avancent de l’E. à l'O., sont:
Le Chareb er-Rih, qui sépare le bassin du Chélif de celui de l’Habra ; l’Oum ed-Debban, près de Saïda, entre
THabra et la Mekerra ; le Djebel Béni Smaiel, situé au S.-E. deTlemsôn, et qui sépare le bassin supérieur de la Tafna de celui de Tisser.
Les masses qui bordent le littoral et dominent les vallées basses, sont: le Karkar, entre Arzeu et Oran, — le Médiouna, entre Oran et la Tafna, — le Trara, près de Djema Ghazaouat, — le Filaousen, entre Nedroma et le Maroc.
plaines et lacs. Le bassin de THabra, la plaine d'Oran et le terroir du Chélif, sont les parties les plus belles et les plus fertiles que ces zônes de montagnes embrassent. La Sebkha ou lac salé, près d’Oran, d'une longueur de 50 kilom., sur 20 kilom. .de large, est un grand bas-fonds où il n’v a qu’un peu d’eau en hiver, mais qui est complètement à sec en été. Les lacs qu’entretient l’oued Tlata, dans le voisinage, n’unt pas la dixième partie de cette étendue. Ce qu’on appelle salines d’Arzeu est un lac salant de 12 kilom. 500 mètres de longueur.
rivières. Voici les cours d’eau les plus considérables, de TE. à TO. :
Le Chélif, le fleuve le plus considérable de l’Algérie, qui a son embouchure entre le cap Ivi etMostaganem. Il prend sa source aux confins du Sahara et, en s’avançant à TE., entre dans la province d’Alger, où il décrit un long circuit. Après un parcours de plus de 240 kilom., il revient, à TO., dans la province d’Oran, d’où il reçoit à gauche, les oueds Rihou, Djeidiouïa, Mina, et à droite, plusieurs autr’es petites rivières.
À l’époque de la grande crue des eaux, le Chélif n’esl plus qu’un fleuve de fange, roulant à la merdes myriades de poissons morts, parmi lesquels les barbeaux sont en plus grand nombre. Les Arabes qui stationnent à l’embouchure, se saisissent de ces débris flottants et, après en avoir extrait l’arête, les salent et les conservent comme provision alimentaire.
L'Habra a son embouchure dans le golfe d’Arzeu. Les principaux affluents qui le Composent et lui donnent leurs noms successifs, sont: les oued Houenet Bou Telleg, Benian, El-Hammam ; à peu de distance de la mer, il reçoit le Sig, et porte à son embouchure le nom de Mak’ta.
L’oued Maleh ou Rio Salado (F lumen salsum J, a son embouchure entre le cap Figalo et i’ile Rachgoun. 11 est formé par l’oued Mzemzema, qui sort des montagnes des Béni Amer. Il reçoit à gauche le Sidan, dans les plaines de Zeïdour.
La Tafna ( F lumen Siga), a son embouchure dans un vallon de 500 mètres d’ouverture, à l’extrémité du golfe Rachgoun, après un cours d’environ 130 kilom. Elle a sa source au S., dans le pays rocheux des Béni Snous et, sans changer de nom, reçoit dans son lit, entre autres ondes, celles de la Moutlah’ et de l’oued Isseur.
Les autres cours d’eau de quelque importance, sont encore, de l’E. à 1*0. : l’Ain Seufra, qui débouche près de Mostaganem; l’oued R’azer, dans le golfe de Rachgoun; un oued S'afs’af, près de Nemours ; l*oued Kb>,
frontière du Maroc, entre le cap Milonia et l’oued Mouiaïa, la Malva antique.
rivages, caps et xx.ES. A partir de la pointe Magraoua, en se portant de l’E. à l’O., la plage est sombre Le cap Hagmis et bas et assez saillant. La partie avancée du cap est une falaise rouge, taillée à pic, qui brille d’un bel éclat lorsque le soleil l’éclaire. Tout ce pays est d’un aspect triste; on* n’y voit ni culture, ni troupeaux, ni habitants. La côte rentre pour former une grande baie; de grandes dunes la bordent et paraissent au loin comme autant de taches blanches. Le cap Ivi est formé par des terres de peu de hauteur, mais derrière lui, et à peu de distance, sont les montagnes du Chétif, qui s’élèvent jusqu’à 320 mètres. A 4 milles de là, on trouve une autre pointe rocailleuse, auprès de rembouchure de ce neuve.
Depuis la pointe du Chélif jusqu'à quelques milles au S. de Mostaganem la côte suit une direction générale S.-O.-S., sans beaucoup de déviation. Elle est aussi formée de roches escarpées. A la pointe de Mostaganem, on trouve un mouillage fermé par une pointe assez aiguë, qui s’avance vers le N.-O., et qu’on a appelée Pointe d* Mazagran. Les terres ontun aspectfort triste** elles continuent à être ainsi, mais en diminuant peu à peu de hauteur, jusqu a la baie d'Arzeu. Avant d’y arriver on trouve un rocher nu, très-voisin de la plage, petite île plate appelée Tugisme. Le cap Carbon, qui ferme la baie d’Arzeu, a le pied entouré de rochers isolés. Le cap Ferrât, dont le sommet le plus élevé a 626 mètres de
hauteur, est à 2 railles plus à l’O. Il est composé dérochés présentant une surface raboteuse et des coupes abruptes. De ce cap à la pointe Abuja la côte se creuse. La pointe Abuja ressemble au cap Ferrât; elle a auprès d’elle, à la distance d’une encablure et demie vers le N., un rocher pyramidal d’environ 54 mètres de hauteur, qui a été appelé par les Maures Seba Pharaon (le Pouce de Pharaon), Tout ce qui est près de cette côte, depuis le cap Carbon jusqu'à Oran, est assez nu, — d’une nudité qui rend d’autant plus remarquable la charmante oasis de Christel. Cette côte forme les rivages oriental et méridional de la baie d’Oran, que ferme à 10. la pointe si prononcée, à l’extrémité de laquelle s’élève Mers el-Kebir et son phare. Au N.-O. du phare, à la distance d’un demi-mille, il y a une grosse pointe coupée à pic, qui est appelée pointe Nord. La côte, après elle, tourne vers le S.-O., présentant toujours à la mer une muraille de rochers pendant l’espace de plus d'un mille ; elle change ensuite tout-à-coup d’aspect et de direction, remonte au N.-O., vers le capFalcon, et forme une baie très-grande et très-ouverte, connue sous le nom de baie de las Aguadas, où le duc de Montemar débarqua en 1732, pour la reprise d’Oran. Derrière elle, les terres ne sont plus élevées. Le cap Falcon est bas. Le cap Lindlès est formé par des terres hautes, dont les arêtes se dirigent vers l’intérieur, et vont rejoindre la chaîne qui finit à Mers el-Kebir ; il est bordé de rochers. Vis-à-vis le milieu de cette grande baie qui sépare les deux caps, il y a un îlot bas qui porte le nom de File Plane : c’est un ro-.
cher qui sert de refuge à une multitude d’éperviers. Du n\ p Lindlès au cap Figalo, la direction générale est, à peu de chose près, le S.-O. Le cap Sigale, point le plus saillant qui existe entre les deux, est peu élevé, maison le reconnaît de loin aux roches blanches qui le terminent. Au N.-O., à la distance de six milles, sont les îles Habibas, toutes disposées dans une direction générale
du N.-E. au S.-O. La grande île est à l’extrémité S.-O.
Son piton le plus élevé a 118 mètres. Les îles Habibas, au nombre de quatre, sont d’un aspect fort triste. On n’y trouve pas d’eau. En continuant vers le S.-O., la côte s’élève, elle devient escarpée et présente, du côté du N., une muraille inaccessible; on y remarque un mamelon de 386 mètres de hauteur, appelé Mésaïta. Les terres s’abaissent graduellement jusqu’au cap Figalo, qui est un des plus élevés de la côte. Il est séparé des terres de l’intérieur par une échancrure, et se montre trèsescarpé, presque taillé à pic. Le cap Figalo, distant de la Tafna de 45 kilom., forme, entre sa pointe avancée et l’embouchure de celte rivière, un golfe ouvert au N.-O., de 9 kilom. dans son plus grand enfoncement, qui est divisé en deux parties égales par le capOulh’asa. La première, à VE., reçoit le Rio Salado; dans la baie de l'O., de 8,000 mètres d’ouverture, se jette la Tafna.
A 12 kilom. 0., et è la distance de 2,000 mètres du continent, se trouve l’île Rachgoun, l’ancienne Acra des Romains. C’est une petite île de 800 mètres de long sur 200 dans sa plus grande largeur, située ù 120 kilom. d’Oran, à peu près ù la hauteur de Carthagène. Elle est
escarpée à pic sur tout son pourtour, son élévation audessus du niveau de la mer élant de 60 mètres, à l’exception de la partie S.-O. où s’ouvre un petit bassin naturel pour les bateaux et s’offre un débarcadère trèspraticable. Cette île paraît être un produit volcanique; elle est formée d’une immense masse de pouzzolane couverte d’une couche assez épaisse de terre végétale, où croissent beaucoup d’herbes. Dans la partie la plus déprimée, on aperçoit une petite maison, poste de douaniers établi en 1854. Au commencement de l’année 1836, on mit une garnison sur cette île, en môme temps qu’on s’installait militairement sur la rive droite de l’embouchure de la Tafna, qui en est éloignée de 2 kil. au S.-E. Là s’élève une tour carrée et le fort Rapatel , à l’abri duquel s’est établi un centre de population.
Entre l’lle de Rachgoun et le cap Oulh’asa, la côte est escarpée. On voit les ruines d’une ville qui occupait un grand espace le long des Ilots. Le cap Noé, formé par des terres hautes, est auprès de la montagne de Noé, dont le sommet aplati et tronqué s’élève à 930 mètres. Le cap Hone est formé par des terres plus basses que celles des environs vers l’intérieur, qui se terminent par des falaises jaunâtres. Du cap Hone au cap Milonia, il y a 17 milles.
température. La situation du Tell de la province d’Oran, qui s’étend plus au S. qu’on ne la voit se développer dans les provinces d’Alger et de Constantine, porte à constater une température plus élevée sur cet espace. Cependant son exposition aux brises
du N.-O. rend cette contrée plus saine que les deux autres.
culture. En 1864, une population européenne de 32,754 âmes cultivait une superficie de 181,791 hectares. La valeur de son matériel agricole était de 1,836,833 fr. Elle habitait 6,581 maisons, avait 121 moulins appliqués à diverses industries, qui valaient ensemble 25,534,940 fr. Elle possédait 111,497 têtes de bétail, 668,737 arbres fruitiers et 383,567 arbres forestiers, résineux et économiques. Le rendement en blé tendre était de 276,002 hectolitres, en blé dur de 152,558. ‘
En 1866, les têtes de bétail étaient au nombre de 126,000. La culture du lin s’étendit sur une superficie de 652 hectares, celle du coton sur 4,084 hectares. On a livré au commerce 400,650 kilog de coton longuesoie, qui, à raison de 800 fr. le quintal métrique, représentent une valeur de 3,205,200 fr. On a récolté 20,000 hect. de vin qui ne s’exportent pas et valent un million.
La population indigène des centres colonisés de 32,754 âmes, cultivait en 1864, une superficie de 53,855 hectares. La valeur du matériel était de 17,551 fr. * Elle habitait 4,674 tentes, 2,271 maisons, avait 4 moulins et 563 puits ou norias. Toutes ces dépendances avaient une valeur de 2,481,545 fr. Elle possédait 105,812 têtes de bétail, 155,941 arbres fruitiers et 33,524 de diverses essences. Le rendement en blé dur avait été de 41,997 hectolitres et de 7,572 en blé tendre.
Les perles éprouvées par l'invasion des sauterelles ont été estimées à plus de 3,500,000 fr.
La province d’Oran peut être divisée en trois zônes forestières, qui suivent à peu près les lignes naturelles des montagnes : la première, le long du littoral; la seconde, depuis Mina jusqu’à Tisser; la troisième, depuis TOuarensenis jusqiTà la frontière du Maroc.
Le cantonnement. d'Oran, qui comprend toute l'étendue territoriale de la subdivision de ce nom, renferme ‘26,020 hectares boisés. Les localités où les essences forestières ont le plus de développement, sont :
La forêt de Moulé Ismaël, 12,239 hect., à 36 kilom. E. d'Oran.
La forêt de M’sila, 2,128 hect., à 28 kilom. S.-O. d'Oran ;
Le bois de Ghabbat el-Leham, 2,000 hect., à 10 kilom. N. d’Aïn Temouchent ;
Le bois des Oulad Zeïr, 5,260 hect., à 20 kilom. E. d’Aïn Temouchent.
Le cantonnement de Moslaganem contient 65,42*2 hectares de terrains boisés.
Les forêts les plus considérables sont :
La forêt de la Mak’ta, 2,275 hect., à 20 kilom. O. de Moslaganem ;
La forêt d’Hakoub, 3,270 hect., à 45 kilom. S. -E. de Moslaganem ;
La forêt du Dahra, 4,000 hect., de l'embouchure du Ghélif à la limite de la province.
Le cantonnement de Mascara possède environ 177,900
hectares de bois. La forêt de Tougaïzid est la plus belle; elle s'étend entre le Tell et le Sahara.
La forêt d’Aouïsert, située à une distance moyenne de 40 kilom. S.-O. de Mascara, offre 23,000 hectares;
La forêt de Nosmoth, à 40 kilom. S.-E. de Mascara, contient 21,000 hectares ;
La forêt de Kheniser, à 34 kilom. N. -O. de Saïda, comprend 13,000 hectares;
La forêt des H'asassna, à 40 kilom. N.-E. de Saïda, comprend environ 30,000 hectares ;
La forêt des Sdama, qui fait suite ù la précédente, donne une superficie de 46,000 hectares.
Dans le cantonnement de Tiharet, on trouve la forêt de Tekedempt, qui occupe un espace de 6,000 hect.
Le cantonnement de Sidi Bel-Abbès comprend sept massifs qui entourent la ville savoir :
Le Guélarnia 10,000 \
L’Oued Sliman. 22,000 J
Le Tenira 15,000 I
Sidi Ali ben Ioub 3,500 > 94,500 hect.
Djebel Slissen 15,000
Oued Msoullen 3,000
Daïa 26,000
Le cantonnement de Tlcmsên possède environ 74,738 hectares.
La forêt d'Ouargla, située à 60 kilom. S.-E. de Tlemsên, s'étend sur 15,000 hectares;
Le bois des Béni Smaïl, ù 50 kilom. S.-E. deTlemsên, sur 13,000 hect. ;
Le bois de l'Oued Ghouli, à 30 kilom. E. de Tlemsên» recouvre 6,500 hectares;
La forêt du Nador, à 25 kilom. S. de Tlemsên, comprend deux cantons : Titmocren, 6,038 hect. , et El- Oguiba, 1 ,600 hectares ;
La forêt de Sebdou, qui comprend, sous un nom générique, d’immenses espaces entièrement différents sous tous les rapports, autour du fort du même nom, n'a que 8,000 hectares qui méritent quelque attention ;
La forêt d’Aïn Aür, à 25 kilom. S.-O. de Tlemsên, a 5,000 hectares ;
Le bois des Oulad Riah, à TE. de Lella Maghrnia, comprend 9,000 hect. répartis en plusieurs massifs.
attarÉRALOGiE. Le service de Mines a ins!ruit des demandes en concession pour les mines de plomb sulfuré de Rar-Rouban, les mines de fer de Djebel Orous, • aux environs d'Arzeu; de plomb et de cuivre de Tazzout, près de la montagne des Lions ; de fer et de cuivre de Sidi Saffi, près des ruines romaines de Camarata.
Il y a des gîtes de minerai de plomb aux environs de Tlemsên ; — de minerai de cuivre près l'oued Tellout, et non loin d’Arbal ; — de cuivre et de fer à Ain Tarziza, situé à 6 kilom. de Temsalmet ; — des gîtes de fer aux Traras et entre la Tafna et le Rio Salado.
Le combustible minéral ne consiste guère qu’en lignite, aux Bains de la Reine , près de Mers el-Kebir, et aussi sur la rive gauche de Tisseur.
Aux approches de ce cours d'eau sont trois carrières de marbre noir veiné de jaune. Aux environs d'Arzeu,
on voit une carrière de marbre blanc jaunâtre, veiné de rouge. Le marbre gris veiné de jaune se montre aux Oulad Mimoun ; le marbre rouge, près de Lella Magtirnia ; le marbre siliceux vert (serpentine), à 2 kilom. du cap Sigale, à 1*0. d’Oran ; l'onyx translucide, de diverses nuances, dont un mètre cube vaut 1,000 francs, en sept chantiers, entre Aïn Tekbalet et le pont de Tisseur. Une ardoisière existe sur le revers S. du fort Sanla- Gruz, à Oran. Sur Tlle Raehgoun, on prend de la pouzzolane.
monuments solitaires. H existe à 180 kilom. environ, au S. de Ténès, ù TE. et non loin de la roule de Tiharet à Frenda, vers les sources de la Mina, trois édifices antiques nommés Djedar , constructions en pierres calcaires de grande dimension, situées sur une • série de mamelons appelés Bou Allouai. Ces trois Djedar présentant chacun la forme d’un prisme quadrangulaire, qui a dû être terminé par une pyramide à sa partie supérieure. M. Bordier, sergent-major au 1er régiment de Tirailleurs, a descendu le 7 novembre 1865, dans le plus grand de ces monuments, placé le plus au S.-O., dont chaque face offre un développement de 34 mètres 50 cent. La hauteur actuelle est de 10 mètresse décomposant ainsi : le prisme quadrangulairc, 3 mètres 30 cent., les gradins supérieurs, 3 mètres 25 cent. , les ruines du pyramidion de pierres brutes f 3 mètres 35 cent. L’entrée est du côté S.-E. à hauteur de l’entablement, à un endroit où les gradins et la corniche ont entièrement disparu. La porte formée de deux
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et le cap Ferrât, au canton de Christel, en a gardé le nom de Montagne des Lions .
Les autruches sont assez communes dans le désert d’Àngad; quelquefois même elles s’y présentent en bandes assez considérables pour que, dans l’éloignement, on les prenne pour des troupes de Bédouins.
note historique. Les Maures d’Espagne, à l’époque de leur expulsion, furent moins bien accueillis sur les rivages de la province d’Oran qu’en aucun autre pays. L’histoire a conservé les détails des tourments atroces que les gens de l’Hahra firent endurer à ces malheureux, pour leur arracher quelques restes d’or. Ils s’établirent pourtant en' grand nombre sur cette plage, et commencèrent à armer des fusîcs pour la course, qui sortaient du port d’Oran. et incommodaient le commerce des Espagnols. Le cardinal Ximenès vint prendre cette ville en 1509, et Ilaroudj Barberousse, en 1515, s’empara de Tlemsén, sur la prière des habitants qui, conjointement avec lui, mirent fin à la dynastie des Zianiies, dont les princes intéressaient les Chrétiens à leurs querelles de famille. C’est en fuyant de Tlerhsèn, bloqué par les Espagnols, que ce célèbre corsaire trouva la mort, non loin du II io Salado (1518). Les Chrétiens furent maîtres à Tlemsén jusqu’en 1544, et les Turcs, en 1560, détruisirent définitivement le royaume qui portait son nom, en l’incorporant dans la Régence d’Alger, qu’ils avaient fondée. Les guerres que la possession d’Oran par l’Espagne leur occasionnèrent pendant deux cents ans, ne compromirent guère leur puissance à l’intérieur de la province où gouvernait, en leur nom, un bey établi à Mascara (1710). Ses successeurs firent une guerre incessante aux tribus turbulentes, et se révoltèrent quelquefois eux-mêmes; mais promptement mis à mort par les sicaires du Dey, ils ne causèrent que des troubles passagers. C’est en 1792 que les Espagnols abandonnèrent Oran pour la dernière fois.
Hassan-Bey, le dernier des Beys d’Oran, après avoir envoyé son contingent de troupes contre les Français, en 1830, expédia avec empressement sa soumission au générai vainqueur. Âl. de Bourmont ne tarda pas à retirer à lui les forces qu’il avait dirigées sur Oran. Bientôt l’invasion du territoire de Tlemsén par l’empereur du Maroc, y rappela les armes de ta France, et le maréchal Clauzel, alors gouverneur, ne voulant pas garder la province d’Oran, en fit remise au bey de Tunis, qui envoya un prince de sa famille et des soldats. Le gouvernement de la Frauce n’approuva point ces arrangements, et, à la satisfaction des Tunisiens bloqués, que l’on ramena chez eux, le général Boyer vint prendre possession.
Ce fut durant son commandement (18327, que le jeune arabe Abd el-Kader, fils du marabout Malii Eddin, de la tribu des Hacheras, aux environs de Mascara, ayant été reconnu Emir >ar ses compatriotes, osa attaquer Oràn à la tête de 12,000 domines. Le général Desmichels, successeur du général Boyer (1833), eut à repousser les attaques contre Arzeu et Mascara, de ce chef religieux auquel il donna une importance politique lorsqu’il crut pouvoir signer avec lui, le 26 février 1834, un traite qui rendait cet indigène maître detout le commerce de la côte, à partir des frontières du Maroc jusqu'au Ghélif. L5 ne pouvaient pas s’arrêter les prétentions d^Abd el- Kader. 11 voulut obliger les Arabes, Douairs et Smélas, à quitter le territoire que le voisinage d’Üran protégeait, et le général Trézel, pour les défendre des violences exercées contre eux, sortit à la rencontre de l’Emir : nos troupes essuyèrent une sanglante défaite au gué de l'Habra (28 juin 1835), désigné sous le nom arabe de Mak’ta.
Dès ce moment, l’influence du fils de Mahi Eddin s’étendit jusqu’aux portes d’Alger, et la France ne fut guère plus maîtresse sur ce rivage que du soi où stationnaient ses soldats. Le maréchal Clauzel, gouverneur des possessions françaises dans le N. de l’Afrique, vint prendre à 1 Emir, Mascara (8 décembre 1835), et le chasser de devant Tlemsén. La guerre fut heureusement continuée jusqu’au jour où Abd el-Kader obtint, sur les rives de la Tafna (30 mai 1837), un traité qui lui abandonnait toute l’ancienne province de Titri, comprise aujourd’hui dans celle d’Alger, et la province d’Oran, excepté les villes d’Oran, Mostaganem, Mazagran, avec leur territoire. Vers la fin de 1839, ce nouveau sultan déclara la guerre sainte ; Mazagran fut attaqué le 3 février 1840, et se défendit héroïquement. Bientôt, le lieutenant-général Bugeaud, nommé gouverneur-général, détruisit en mai et juin 1835 Tekedempt, Boghar, Saïda, Taza, forteresses de l’Emir, — le* village de la <Vietna, berceau de sa famille, et occupa Mascara, sa capitale. Enfin, les chefs de" tribus de l’Ouest, lassés d’une guerre de dévastation, se rassemblèrent auprès de Tlemsén, et d’un commun accord proclamèrent la déchéance de l’auteur de leur ruine. La province d’Üran fut conquise sur les dissidens, en l'année 1842. Un khalifat de l’Ouest fut créé (31 décembre 1842), Dès le commencement de l’année suivante, Abd el-Kader fut repoussé de nouveau; le reste de ses ressources, son camp et ses trésors furent pris auprès de Taguin, dans la région du Ilaut-Chélif (16 mai 1843). Quelque temps après, son khalifa Ben Allai oulid sidi Embarek était tué, et scs troupes étaient taillées en pièces sur les bords de l’oued Maleh (Mo Salado I le 11 novembre 1843. L’ex-Emir trouva refuge au Maroc, où l’empereur de ce pays le nomma khalifa de .la province du Rif. Investi de ce titre, Abd el-Kader recommença à inquiéter - nos frontières et compromit à tel point les armes du sultan.
qu’il attira contre elles les forces de la France. Après la violation de notre territoire et le combat de l'oned Mouïla, le maréchal Bugeaud s’empara d’Ouchda. possession marocaine, et le 14 août 1844 gagna, sur le fils de l’empereur, la bataille d’isly, dont le nom rut joint au sien comme trophée de sa victoire.
Le 18 mars 1845, un traité définitif avec le sultan Muley A bd el-Rahman ferma à notre ennemi tout refuge dans les* états marocains. Mais l’ambitieux Abd el-Kader, exploitant à son profit l’insurrection que Bou Maza fomentait sourdeineut dans un intérêt privé, au sein de l’Algérie, revint sur la scène, attira une grande partie de la garnison de Djema R’azaouat dans une embuscade, et la détruisit le 22 septembre 1845, au marabout de Sidi Brahim. Les prisonniers qu’il fit en ce combat désespéré furent lâchement massacrés, le 27 avril 1846, par sa deïra en fuite, après le combat d’Aïn Kebira (13 octobre 1845), qui sembla porter le dernier coup à ses partisans. Un nouveau sultan du nom d’es*Sid el-Fadel (24 mars 1846), qui se disait étranger à la cause de l’ex-éinir, se présenta avec ses adhérents, à quelques lieues de Tlemsèn et fut encore écrasé. Un seul échec anéantit ce séditieux, tandis qu’Abd el-Kader portait ailleurs ses espérances et sa fatale influence.
Battu partout, chassé de montagne en montagne par ceux mêmes qui avaient embrassé sa cause par esprit de religion et dans l’espoir de l’indépendance, Abu el-Kader montrait un courage infatigable, et reparaissait à l’instant où on le croyait bien loin dans les solitudes du Maroc, son repaire habituel. *
Il parvint à s’aliéner la bienveillance de son protecteur en l’attaquant lui-même, et vit exterminer ses Hachems par les troupes marocaines. Cerné par trois corps et par les forces de la France, dès le 9 décembre 1847, il passa la Moulouïa et l’oued Kis le 21, avec sa deïra, et se rendit prisonnier au poste de Sidi Brahim. 11 fut reçu à Djema U’azouat, le 23, par le duc d’Aumale, gouverneur de* l’Algérie, qui le fit embarquer le 24 à Oran, pour Toulon, avec sa mère, ses femmes, ses enfants, les membres de sa famille et quelques serviteurs : en tout 9i personnes.
En 1 848 j les Arabes incorrigibles se persuadèrent que nos forces étaient diminuées par les besoins de la mère-patrie, et se remuèrent autour de Mostnganem, de Mascara, de Tlemsèn.
Les Hameïan R'araba et les Béni Fiions eurent le plus à souffrir, en punition de leur turbulence. En 1849 commença, sur nos frontières du Maroc, un système de brigandage et ‘d’émigration. Un prédicateur du nom de Sidi Cheikh ben Taïeb. chef des Oulad Sidi Cheikh, souleva ses frères, qui furent repoussés au S. du Chott, jusqu’aux confins du Sahara. Les Oulad riahr Abaïdia, des alentours de Tlemsèn, durent être dégoûtés de les imiter. Le 12 février 1851, nos Chasseurs d’Afrique repoussèrent au Maroc les Mzaouïr, qui se représentèrent le 6 septembre. Les 10 et 15 mai de l'annee suivante (1852), il fallut
encore refouler des brigands de pareille provenance. Le 24 •juin c’était au tour des Béni Snassen du Maroc à essuyer le même traitement. Les Itezaïnas R’arabas, de Sidi Bel-Abbès, le 24 octobre 1853, et les HameYan de Tlemsên, le 20 novembre, furent les derniers de nos sujets qui montrèrent alors des velléités de révolte dans la province d üran. Le 16 novembre 1855, un brigand marocain, du nom de Moufok, essaya d’entraîner une émigration des Djeraba, et trouva la mort dans celte tentative.
Le 10 novembre 1856, une tentative de même espèce, de la part de nos Hameïan, était punie aux pieds du Djebel Lakhdar, et le môme jour, les Béni Snassen du Maroc étaient chassés du cercle de Nemours.
Au commencement d’août 1859, les Angades et les Maïa, tribus marocaines, envahirent notre territoire et y commirent de nombreux délits. Ces brigandages étaient le résultat des prédications de Mohamed ben Abdallah, fanatique, qui répandait chez les Béni Snassen le bruit que notre domination en Algérie, limitée par les marabouts à une durée de 30 ans, touchait à sa lin. Des. attaques sérieuses eurent • lieu le 31 août et le 1er septembre, à Sidi Zaher, aux environs de Lalla Maghrnia. La guerre sainte était commencée et toutes les tribus marocaines y prenaient part sur toute notre ligne frontière. Le général de Martimprev, commandant supérieur des forces de terre et de mer en Algérie, se mit à la tète de trois divisions, d’un effectif de 15,000 hommes, dont 5,000 périrent du choléra en 5 jours, et attaqua le 27 octobre 1859 l’ennemi retranché sur le plateau d’Aïn ïaforalt. Cette position fut enlevée en quelques heures aussi bien que les villages redoutables des Tagma. Les Béni Snassen, vaincus, promirent de payer un impôt de guerre de 1,200,000 fr. — 100 fr. par fusil. Le 4 novembre, les Maïa et les Angades furent châtiés et, mis en fuite, abandonnèrent un immense butin. Leurs chefs se rendirent à discrétion. Les autres' tribus de la frontière qui avaient pris part aux hostilités, et particulièrement les gens de Oudjda, furent également punis.
La guerre qui se réveilla le 8 avril 1864, est décrite à la page 32 fflolc historique de ITntrodgction générale.)
Le Sud de la province semblait pacifiée après le combat du 4 février 1865, à Garet Sidi Cheikh. Le 14 mai, S. M. l’Empereur, visitant l’Algérie, débarquait à Oran, voyait Sidi Bel- Abbès, Mostaganem, et revenait à Alger le 22.
Dès le 19 octobre de nouvelles incursions des populations sahariennes inquiétaient les entours de Tlemsên. Le 15 mars 1.866, une affaire près de Géryville a semblé mettre fin à celte longue conflagration.
population . La population de la province d'Oran se compose ainsi qu’il suit :
En territoire civil i 33,964
En bloc 5,159
En territoire militaire, centres colonisés. 6,951
En bloc 9,265
Tribus indigènes . . . i 486,616
Total 641,955
instruction publique. En 1866, l'instruction publique se répandait sur 10,551 élèves. Il y avait 26 cours d’adultes suivis par 685 personnes. Il existe dans la province 9 sociétés de secours mutuels, qui ne comptent pas moins de 1,634 membres.
bienfaisance. Trois Caisses d’épargnes, l une à Oran, l’autre à Tlemsên et une à Mostaganem, avaient délivré 876 livrets ù la lin de 1865. En 1866, sept bureaux de bienfaisance ont secouru 2,129 familles; et 528 familles musulmanes avaient re;u en aumônes 15,500 fr.
télégraphie. Il existe dans la province d'Oran 17 Stations télégraphiques : Oran, Ammi Moussa, Arzeu, Daya, Lella Maghrnia, Mascara, Mers el-Kebir, Mostaganem, Nemours, Relizane, Saint Denis du Sig, Saïda, Sebdou, Sidi Bel-Abbès, Tiliaret, Tiemsén, Zemorah.
industrie. La culture cotonnière en Algérie qui a sa plus grande extension dans la province d'Oran, n’est pas le seul élément de prospérité qui la recoin-
mande à l'attention des économistes et des spéculateurs. Des barrages, imposants édifices d’une étendue considérable, qui assurent la salubrité, tout en transformant de vastes espaces au profit de la culture régulière, ont déjà contribué à l’augmentation des produits, et les belles plaines de l’Habra se couvriront incessamment de trésors rustiques. — L’exploitation des mines de plomb de R’ar R’ouban occupe près d’un millier d’ouvriers; celle des carrières de marbres de la plus grande beauté n’attend que des facilités de transports, pour donner à la province d’Oran l’éclat que le luxe prête aux régions dont il obtient les produits précieux qu’il met en œuvre.
Les chemins de fer qui vont sillonner une grande étendue de ce pays, satisferont à ce besoin de communications plus faciles, sans lesquelles languissent les plus beaux commencements. Les promesses de capitalistes dont le coup-d'œii sûr a justement apprécié les richesses que renferme la province d’Oran, se sont spécialement attachées à ses espérances, et attireront une population industrielle et ouvrière plus nombreuse, qui trouvera là de l’emploi et du bien-être dans un avenir prochain. C’est à cette partie des possessions françaises en Afrique qu’appartiendra, par sa position limitrophe de l’empire du. Maroc, la mission civilisatrice de faire pénélrer dans cette contrée toujours barbare, lesgermesd’amélioralions de toute espèce qui, par leur éclosion plus ou moins rapide dans une terre jusqu’ici désolée par le brigandage et la tyrannie musulmane, donneront enfin la tranquil-
lité et le bonheur dont les peuplades du Moghreb sont déshéritées depuis si longtemps. D’autre part, la prospérité commerciale semble devoir bientôt fleurir dans le Département, à la faveur de la paix, et aussi par le moyen des voies ferrées qui permettront de rouvrir à Tlemsén et à Oran les antiques entrepôts du désert.
gouvernement. L’administration générale du territoire civil et du territoire militaire de la province d’Oran est confiée au Général Commandant la division, qui prend le titre de Général Commandant la province. Le territoire civil est administré par un Préfet, sous fautorité de ce Général.
RÉPARTITION DU TERRITOIRE. La province
se divise en territoire civil et en territoire militaire.
Le territoire civil, formant le département d’Oran, se subdivise en quatre arrondissements : I Oran, II Mostaganem, III Mascara, IV Tlemsén. Il comprend 25 communes, — 66 sections^v- 181 villages, hameaux, etc.
Le territoire militaire forme une division proprement dite, qui comprend cinq subdivisions, savoir : I Oran, Il Mascara, III Mostaganem, IY Sidi Bel-Abbès, V Tlemsén, comprenant : 19 communes, — 9 sections, — 60 hameaux et 15 cercles ou annexes.