CURIOSITÉS
La galerie des grottes thermales, dont nous donnons ici le dessin, est facile à visiter; elle forme la principale entrée des curieuses cavernes de Saint-
INDlCATEUll I)’a1X-LES-BA1NS.
Paul (1), où l’on ne pénétrait autrefois qu’à grand’peine, par la grotte des Serpents et le puits d’Enfer. Elle a 1 mètre 40 centimètres de large sur 1 mètre 80 centimètres de hauteur, et90 mètres de longueur. A 80 mètres de l’entrée se trouve la fente large et profonde du rocher qui donne issue à la source. Une
Galerie de captage de la source Saint-Paul.
voûte épaisse couvre ce gouffre et s’oppose àla déperdition du calorique et des principes médicamenteux. Ce remarquable ouvrage, commencé en avril 1855,
(1) Ces grottes sont visibles de 8 heures du matin à 6 heures du soir, moyennant une carte du prix de 50 centimes prise au bureau de l’Etablissement thermal.
cmuosiTiîs.
sous l’habile direction de M. François, a duré un an. Il a eu pour résultat: 1° de maintenir à la source une température et une composition chimique plus constantes , en s’opposant aux infiltrations d’eau pluviale ; 2° d’augmenter considérablement le volume de la source et sa dose de principes sulfureux, qui , au point d’émergence, se trouve être de 4 degrés sulfhydrométrique.
Ces cavernes forment aujourd’hui deux étages distincts. Les supérieures, corrodées et revêtues de sulfuraire membraniforme, offrent une conformation exceptionnelle, due au métamorphisme de la roche calcaire par les vapeurs thermales imprégnées d’acide sulfurique. Aussi présentent-elles partout des formes fantastiques et bizarres : ici ou croirait voir des crânes d’éléphants dénudés, des ossements monstrueux de mastodontes, de ptérodactyles et autres animaux antédiluviens; là un lac dont les ondes semblent pétrifiées, et sur les aspérités desquelles on peut, non sans quelque difficulté, se tenir debout. Plus loin, ce sont de gracieuses coupoles ornées de pendentifs et de découpures de pierre d’une admirable légèreté. Dans la direction du sud, on distingue encore 1 éminence rocheuse appelée Hol Favrin, du nom d’un célèbre doucheur attaché à nos thermes (1 .
(1) Voyez la description et le dessin que j’ai donnés de ces souterrains dans 1e Bulletin des eaux pour l’année 1837.
GO INDICATEUn b’AIX-LES-BAINS.
Une rampe de quarante-neuf marches conduit hors de ces cavernes par la rue du Puits-d’Enfer, située à 10 mètres au-dessus de la rue de Mouxy, celle par où l’on y avait pénétré.
Antiquités romaines.
Hain romain. — Ce bain, qui était alimenté parles sources provenant des cavernes de Saint-Paul, fait
Bain ruinain.
partie des thermes antiques existant sous la pension Chabert. Sa forme est octogone; tout autour sont des scalaria, ou gradins revêtus de marbre blanc ; il est supporté par une centaine de piliers quadrangulaires. Plusieurs des briques de cette construction portent en relief les noms des fabricants : Clarianus,
ANTIQL'ITES ROMAINES.
Cœsarcenscm, Viriorum, CAaria Nnmada, dont on retrouve aussi les produits à Vienne (capitale de l’ancienne Allobrog-ie) et à Lyon. Autour des piliers règ’iie un corridor où circulaient les eaux, et dont le plafond est percé d’une multitude de petites cheminées rectangulaires communiquant entre elles. Celles-ci permettaient aux vapeurs de s’élever dans la pièce supérieure, qui pouvait servir à volonté de vaporarium ou de bain d’immersion.
ün peut voir aussi chezM. Cbabert, outre plusieurs autres précieux fragments, un cadran, ou (jnuuiun, trouvé dans ces thermes, et creusé en cône dans un bloc de travertin dont voici les proportions :