‹ Indication principale de la rupture précoce des membranes: en dehors du placenta præviaChapitre 10 sur 17 · LEA · texte numérisé non relu

LEA

Hydramnios

L'hydramnios peut survenir d’une façon très brusque au

cours de la grossesse : hydramuios aiguë, 6u bien lentement et progressivement jusqu’à l'accouchement. Dans les cas d’hydramnios survenant brusquement, les symptômes peuvent être si inquiétants que la vie de la femme se trouve en danger et qu'une intervention s'impose. Le repos au lit, le régime lacté, les diurétiques, l’iodure de potassium n’ont aucune influence sur la marche de l'affection, les phénomènes de compression même augmentent, la dyspnée devient plus vive; devant ces accidents une indication s'impose, c’est de vider l'utérus.

La nature, il est vrai, semble indiquer ce moyen en provoquaut les contractions prématurées qui amènent quelquefois la rupture des membranes et l’interruption de la grossesse.

Mais ces contractions le plus souvent sont insuffisantes à déterminer le travail; elles ne font qu'’augmenter les douleurs de la femme ; l’accoucheur doit venir en aide.

Souvent, dans ces cas d’hydramnios aiguë, c’est un avortement que l’on doit faire, l’accoucheur prend une grande responsabilité il est vrai, mais devant la nécessité absolue de sauver la mère, il faut sacrifier enfant et interrompre le cours de la grossesse.

« Car, si lon sacrifie en effet sûrement le fœtus, on sauve « presque certainement la mère, et nous croyons, qu'entre « la conservation d’une femme qui a ou peut avoir d’autres « enfants, et celle, plus où moins problématique d’un fœtus « soumis à toutes les conditions facheuses dans lesquelles «il se trouve, par le seul fait de l’hydramnios; non seule- « ment la provocation de l'avortement est autorisée, mais

& Des

« qu'elle est indiquée et que l’accoucheur qui hésiterait à « intervenir ainsi dans ces cas, manquerait à la fois et à sa « conscience et à ses devoirs professionnels (4). »

Mais l'hydramnios ne survient pas toujours avec cette brusquerie et ee cortège de symptômes Inquiétants, loin de là ; l'hydropisie de Famnios survient lentement, progressivementet ce n’est qu’à une période avancée de la grossesse très souvent durant le dernier mois de la gestation, que se produisent les accidents graves.

Jusqu’alors, l'intervention est inutile, Paccoucheur se contentera de surveiller la femme et d'instituer le traitement médical qui, s’il est incfficace, aura du moins l'avantage de faire patienter la femme el le médecin : on ordonnera les diurétiques, les purgatifs, le sulfate de quinine, et lon s’efforcera ainsi de gagner le plus de temps possible, afin que, si l’on est obligé d'intervenir, de ne faire cette intervention que vers le 7°, le 8° ou le Je mois.

En agissant ainsi, on sauvegardera les intérêts de la mère, eton amènera le fœtus au terme le plus rapproché de celui de la grossesse normale.

Ainsi donc, pendant la grossesse, en cas d’hydropisie aiguë de Pamnios et devant les menaces de symptômes inquiétants, quelle que soit l’âge du fœtus, on interviendra en retirant une cérlane quantité de liquide sans s'occuper du moment de l'intervention.

S'il s’agit d'hydramnios à marche lente, à symptômes atténués, l'accoucheur patientera et devra faire patienter la femme jusqu'au moment où il serait imprudent et criminel d'attendre encore, la vie de la femme étant en danger,

Ces faits sont rares et généralement tant bien que mal la

(1) CHARPENTIER, Trailé des accouchements, I, p. 918, — JouLIx, Trailé des accouchements, 1867, p. 800.

parturiente arrive au terme normal de la grossesse et les douleurs du travail surviennent.

Que doit-on faire lorsqu'on est appelé devantune femme en travail, quand elle est atteinte d’hydramnios.

Cela dépendra de la marche du travail, de l’état d'engagement du fœtus, de la procidence ou non du cordon.

Dans les cas les plus simples et qui sont loin d’être rares, le fœtus se présente par l'extrémité céphalique, la tête est fixée, bien engagée, le travail marche plus ou moins vite mais d’une manière suffisante :

Ici rien à faire, qu'à attendre, il s’agit d’un accouchement qui se fera normalement.

Mais, brusquement ou petità petit, l'utérus trop distendu, ou fatigné de lutter cesse de se contracter, d’une façon suffisamment énergique pour faire progresser le travail, ou même cessent tout à faitde se faire sentir : l'utérus est comme contracturé, létanisé,

« Pour que les muscles creux, dit Levret, puissent se « contracter, il ne faut pas qu'its aiènt souffert une {trop « grande dilatation, sans quoi ils deviennent comme pa- « ralyliques, sinon en totalité el pour toujours, au « moins dans leur plus grande partie et pour un certain « temps (1) ».

Alors si les bains tièdes, les douches vaginales chaudes, si le massage abdominal léger ne fait pas cesser celte inertie, si aucun changement ne survient qui amène la reprise du travail, et si la dilatation mesure trois travers de doigt, il y a indication de rompre les membranes, en ayant soin de prendre certaines précautions que nous allons indiquer tout à l'heure.

C'est un Ho yen assuré de voir avancer la dilatation et

(1) Levrer. Accouchements laborieux, p, 449. 1980.

n'es

quelquefois d'une façon très rapide; car, sous l'influence de la déplétion utérine, le muscle utérin se contracte avec plus d'énergie, ses contractions plus fortes sont'aussi plus efficaces car elles s’exercent sur le fœtus lui-même dont la tête arrondie et non résistante saura mieux dilater l’orifice utérin que la poche des eaux plate et non bombante que l’on rencontre dans ces cas d’hydramnios à travail languissant. |

Pour ces deux causes donc, déplétion utérine favorisant la contraction plus énergique du muscle ; substitution à la poche des eaux plate et inpuissante à dilater l’orifice, une surface arrondie et résistante sur laquelle s'exerce mainterant une poussée très forte ; il est naturel et nécessaire de rompre la poche des eaux.

Enfin, en cas d'hydramnios, il est encore une raison de rompre d'une façon prématurée la poche des eaux, c’est, lorsque le fœtus n’est pas engagé, et cela se présente très fréquemment.

Velpeau (1) dit: « Quand la position de l'enfant n’est pas « fixe, quand on voit les hanches, l'épaule, la tête ou toute « autre partie se présenter tour à tour au centre du détroit, « 11 faut rompre les membranes. Dans ce cas, on choisit le « moment où la tête est bien placée pour rompre la poche, « parce que celte ruplure abandonnée à la nature, pourrait « tout aussi bien se faire lorsque la position est désavanta- « geuse que quand elle est le plus favorable.

« Si la poche des eaux ne conserve pas la forme d’un « segment de sphère, est très allongée ou pyriforme, sa « présence n'étant d'aucun secours pour les progrès de la « dilatation, il faut la rompre sans trop faire attention au « dégré d'ouverture de l'orifice ».

(1) VELPEAU. Accouchements. Tome I, page 97.

dtb-à

Page 1