‹ Indications, Contre-Indications De La Convulsivothérapie Par Électro-Chocs Dans Les Syndromes NéropathiquesChapitre 27 sur 44 · DEA · texte numérisé non relu

DEA

faire rejeter tout traitement par Chocs. Bien entendu, YPrvira des cas particuliers, pour lesquels cette restriction n’interviendra point. C’est ainsi que HEUYER a publié un cas de guérison d’un jeune psychasthénique avec sentiment de dépersonnalisation et tendance au rationnalisme morbide, par la convulsivothérapie.

Mais le psychasthénique, du fait même de sa conshiu tion. a tendance à faire facilement des accidents de type dépressif. Dans ce cas, surtout lorsque la dépression est grave, on peut avoir à discuter l'opportunité de quelques Electro-Chocs. On les pratiquera, avec toutefois une certaine prudence, lorsque le tableau clinique sera sombre (obs. 7), la surcharge anxieuse importante.

Par contre, les phobies et les bidanione semblent peu influencées par cette thérapeutique. Ils cèdent, d’ailleurs relativement bien, aux narcoses barbituriques suivies de psychothérapie. L’angoisse peut cependant compliquer phobies et obsessions, et rendre le malade inaccessible à tout raisonnement. Ici, également, on pourra pratiquer quelques Chocs qui diminueront l’anxiété, mais le fond psychasthénique demeurera inchangé.

PSYCHASTHENIE

O8s. 6. — « Psychasthénie typique ».

Monsieur R.., chimiste, né en 1922, a eu une première enfance très calme. Depuis 1939, il s’est orienté comme technicien vers la chimie, sans diplôme d’ingénieur, car, malgré son application, ses études secondaires ont été plutôt difficiles.

Il était déjà déprimé au retour d'Allemagne en 1945, et il a recouru depuis ce temps-là à de nombreux spécialistes qui l’ont soigné d’abord par les neuro-toniques, ensuite par la psychothérapie selon la méthode Vittoz. Celle-ci a été appliquée plusieurs mois par une auxiliaire de psychologie, mais en 1948 devant l’échec de la méthode, on lui a proposé, sans conviction du reste des Electro-Chocs. Après deux Chocs, il se sentit délabré et, dit-il, a continué à s’affaiblir. À

Il se marie en 1949 à une femme bien portante et active, mais dont. le type physique et psychologique ne réalise pas, dit-il, l’harmonie nécessaire à son bonheur. Il s’agit là d’une de ces manifestations du sentiment d’incomplétude bien commun aux psychasthéniques. Il éprouve aussi un sentiment d’étrangeté et s’attarde toujours à l’analyse de ses actes comme à celle du fonctionnement de son organisme. Il , éprouve ainsi des troubles cénesthésiques variés et toute une série de sensations négatives qui contrastent avec un état général satisfaisant et un poids de 75 kgs.

SARA: Etes

Ce sujet est ainsi suivi de trois en trois mois et soutenu par divers neurotoniques comme l'acide glutamique, l'acide nucléinique, la vitamine B 12. Le sommeil étant assuré par la prise intermittente d'Eunoctal, les conditions de travail favorables lui permettent de se maintenir relativement en forme.

Cette observation peut être considérée comme un échec de la Convulsivothérapie.

O8s. 7. — Paq..… Georges, 20 ans. Entré à l'Hôpital Militaire Des Genettes le 6 octobre 1952 avec le diagnostic : « Psychasthénie, troubles de la mémoire et du sommeil ».

A son arrivée dans le service, le malade est dans un état de prostration accentué. L’interrogatoire est anne le sujet se réfugie dans un « mutisme douloureux ».

L'état général est médiocre, l’examen somatique demeure négatif.

D’après les renseignements fournis par la famille, on apprend que le malade est d’une nature renfermée et artiste (musicien). Il semble qu’un conflit affectif soit à l’origine de l’état actuel : le sujet, fiancé depuis six mois, se heurte à sa future belle-famille, qui ne voudrait pas d’un musicien pour gendre. On relève dans les antécédents de ce psychasthénique un complexe de frustration net dans l’enfance, une puberté difficile avec masturbations fréquentes, sentiments exagérés de culpabilité et d’infériorité.

I1 semble qu’il s’agisse d’un accident dépressif réactionnel, survenant chez un psychasthénique constitutionnel, avec hallucinations visuelles; tendance au dédoublement de la personnalité.

Malgré cette dernière tendance, vu la gravité du cas (refus d’alimentation avec amaigrissement important), on pratique un E. C. qui amène une nette amélioration. On fait ensuite 4 autres E. C. et le malade pu quitter le service le 7 novembre 1952 très amélioré.

Revu un mois, puis deux, puis trois mois après, le comportement était normal, l’état général satisfaisant, seul le fond psychasthénique subsistait.

Ogs. 8: — (6.779 F.). Mar... Raymonde, 46 ans. Hospitalisée à Grange- Blanche le 20 mars 1944. |

Cette malade se plaint d’une douleur superficielle siégeant au sommet du thorax, apparue depuis trois mois. Elle est inquiète sans motif, et l’on porte le diagnostic d’anxiété chez une psychasthénique; tous les examens cliniques pratiqués sont demeurés négatifs. Après quelques jours de mise en observation, la malade devient triste, pleure facilement; elle est anxieuse et raconte des épisodes de mentisme obsédant; elle ne dort plus.

‘On pratique une cure de 5 E. C. qui réduisent l'angoisse, et font réapparaître le sommeil. Elle quitte l'hôpital le 5 avril 1944.

Jusqu’en Juin 1948, elle a mené une vie normale, mais brusquement

DO EAN

l'angoisse est revenue, elle est sans sommeil, a peur de la foule et craint dé devenir folle.

Diagnostic : Récidive d'état dépressif conscient avec un certain degré d’anxiété et de phobies.

Après une nouvelle série de 5 E. C., l’état général s’améliore, l’'ap* pétit reprend, l’anxiété diminue. Elle regagne à nouveau sa roue mais elle accuse alors une phobie des couteaux.

Revue en Mars 1949, elle a repris une activité régulière, les phobies ont diminuées bien qu’elle craigne encore de devenir folle.

Os. 9. — (6.857 UE Mad... Félicie, 49 ans. Entrée le 4 juillet 1944 à Grange.Blanche.

Diagnostic d’entrée : « Etat panophobique obsédant remontant à deux mois, sur un fond de doute, de scrupules avec méticulosité bien antérieure à ce paroxysme. Spécificité datant de 25 ans, bien traitée mais à vérifier ».

En dehors d’une spécificité correctement traitée, on ne trouve bios cette malade aucun accident pathologique. Elle à un fils chniquement et sérologiquement indemne.

Au début de l'hiver 43-44, elle emprunte un stylo, lorsqu’ elle songe soudain que cet objet a pu être souillé par son propriétaire. Au mois de Mai, ellé se persuade que tout objet pouvant être porté à la bouche est nécessairement souillé. Rapidement elle a peur de tout; il lui faut en permanence quelqu'un auprès d’elle pour la rassurer. En plus, elle devient anxieuse et fait des paroxysmes angoissants; ces malaises se manifestent lors de l’éclosion de chaque obsession. Elle ne dort pas, et refuse de faire le traitement par piqûres, qui lui avait été prescrit, de crainte que les aigüilles soient insuffisamment stérilisées. Que

Diagnostic : Psychasthénique constitutionnelle obsédée, avec paroxysmes anxieux.

Après 2 EC. 1a malade se sent mieux, elle est moine anxieuse.. Lorsqu'elle quitte l'hôpital, l'angoisse a disparu, quelques obsessions subsistent encore, mais moins intenses et moins prolongées.

Os. 10. — (7.587 F.)., Pic. Yvonne, 40 ans, hospitalisée à Grange- Blanche pour état anxieux avec nosophobie le 15 février 1946.

Dans les antécédents personnels de la malade, on relève une blennoragie qui nécessita en 1945 une salpingo-ovariectomie.

Depuis un an environ, à la suite d’accusations injustifiées émises par son mari, elle craint d’être syphilitique. Elle ne s’était d’ailleurs jamais entendue avec son mari, et ce dernier l’a quittée il y a un an. Depuis elle est triste, inquiète, malgré la négativité de tous les examens qui. lui ont été faits. Elle se plaint de céphalées, fronto-temporales. permanentes avec vertiges, baisse de l’acuité visuelle : hyperémotive, elle

ne trouve plus le sommeil. A différentes reprises, ‘elle aurait voulu se suicider.

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