SERA
Diagnostic : Obsessions et phobies chez une psychasthénique constitutionnelle.
Quelques E. C. pratiqués améliorèrent la malade et lui permirent de retourner chez elle le 13 mars.
+ On peut déduire de tout ceci, que si la Convulsivothérapie n’est pas particulièrement indiquée au cours des syndromes psychasthéniques, elle n’en agit pas moins avec succès sur certains accidents. Les troubles dépressifs, l’angoisse, survenant chez de tels malades, leur rendant toute vie sociale impossible, sont favorablement influencés. Au contraire, les obsessions et les phobies sont peu influencées par l’Electro-Chocthérapie. Mais cette dernière, en diminuant l'élément anxieux, qui leur est généralement adjoint, les rend supportables,-moins intenses et moins prolongées (obs. 8, 9); par la suite, ils cèderont avec plus de facilité à la psychothérapie. Enfin, si une ébauche de sentiment de dépersonnalisation doit faire rejeter cette méthode thérapeutique, dans certains cas particulièrement sévères, elle pourra se justifier et avoir de bons résultats (obs. 7, 12, 13), malgré les risques d’une éventuelle aggravation. ;
HI. — La névrose d'angoisse.
L’angoisse névropathique constitue certainement la meilleure indication thérapeutique. de Convulsivothérapie par les courants électriques; elle la diminue aisément et entraîne une rapide guérison. Précédemment, nous avons vu que lanxiété, qui complétait d’autres névroses, disparaissait facilement sous. l'influence de quelques Chocs; il. en est de même lorsque, isolée, elle. constitue un syndrome.
Cependant, la névrose d’angoisse, selon les conceptions classiques, ne relève pas des thérapeutiques par Chocs, mais de la psychothérapie, en particulier de la psychothérapie psychanalytique. En fait, pratiquement, la sismothérapie calme l’'hyperthymie anxieuse et ne l’exagère qu’exceptionnellement. Ici aussi, lorsque l’angoisse rend difficile l’application des Electro-Chocs, il y aura intérêt à les pratiquer sous narcose barbiturique. Pour cette névrose, comme pour les autres, il faut remarquer que les résultats sont moins bons, plus la maladie est ancienne.
AT er
Nous envisagerons dans quelles conditions cette thérapeutique peut être utilisée selon les diverses manifestations de la psychonévrose anxieuse.
A) La crise anxieuse. Elle est favorablement influencée par les Chocs. Mais il semble difficile, parfois, de les pratiquer, car elle peut être isolée, et d’apparition imprévisible. Ce ne sera que dans quelques cas où le paroxysme angoissant est précédé d’une phase de nervosisme avec fond d’anxiété, qu’ils peuvent être appliqués. En fait, l’évolution et lintérêt du malade justifieront ou non l'emploi de la Sismothérapie (cf1Ohs. 17). ::
B) L'état panophobique. Réalisant un véritable état de mal, incompatible avec toute activité sociale, c’est ici que les Electro- Chocs trouvent leur meilleure indication. Ils modifient rapidement et aisément ces accidents; ils favorisent la psychothérapie, et facilitent la réadaptation du malade.
C) Les syndromes anxieux chroniques. Plus ils sont anciens, plus ils cèdent difficilement aux Electro-Chocs. Cependant, l’association: Convulsivothérapie et Psychothérapie permet d'obtenir également de bons résultats. Les Chocs calment l’hyperthymie douloureuse génératrice d’idées délirantes et facilitent la rééducation de ces sujets.
NEVROSE D’ANGOISSE
Ogs. 11. — « Paroxysme anxieux au cours d’une névrose ancienne ».
Madame C... Renée est née en 1909 d’une mère sujette à l’insomnie, à l'angoisse et à l’aérophagie, d’un père mort à 62 ans d’angor pectoris.
Son adolescence a été marquée par des crises d'asthme, des poussées d’urticaire et des manifestations névropathiques précoces : phobies et scrupules.
Mariée à 23 ans, elle a un fils vivant. Abandonnée par son mari au bout de deux ans, elle fournit un gros effort pour élever son fils et occupe un poste important de secrétaire dans un bureau d’études. Elle reste toujours hyperémotive, inquiète, et dix jours avant ses règles ne dort plus sans barbiturique.
En 1948 et 1949, on calme son irritabilité caractérielle et son anxiété avéc « Sed’hormone et Sédatonyl ».
En Novembre 1950, son angoisse revêt une allure paroxystique, elle a peur de devenir folle, bien qu’elle n’éprouve que des satisfactions à son bureau, calmée par le « Bellergal ».