‹ Indications, Contre-Indications De La Convulsivothérapie Par Électro-Chocs Dans Les Syndromes NéropathiquesChapitre 29 sur 44 · ANT PRES · texte numérisé non relu

ANT PRES

En Mars 1952, prurit traité par l’auto-hémothérapie qui provoque une euphorie manifeste. Puis elle traverse une nouvelle phase dépressive avec amaigrissement, tachycardie, troubles vaso-moteurs et pleurs.

Une saison à Divonne en Août est suivie d’une reprise de poids. Le Docteur B. fait une excellente psychothérapie, mais pose devant cette forme de névrose une contre-indication pour les Chocs.

Peu après son retour, malgré l’amélioration de l’état général, l’angoisse devient telle qu’elle interdit toute l’occupation suivie. Elle s’accompagne de douleur morale sine materia et évidemment d’insomnies.

En Novembre, elle fait un séjour à Saint-Vincent de Paul et subit 6 E. C. La liquidation de l’angoisse apparaît alors manifeste et durable. L’insomnie relative n’a pas tout à fait cédée à sa sortie; mais la malade est capable de reprendre son travail le 20 décembre.

OBs. 12. — « Névrose d’angoisse traitée avec succès par les Electro-Chocs, malgré le sentiment de dépersonnalisation ».

Madame D... née en 1913, père hyperémotif mais actif, mère équilibrée.

Première enfance normale. Au cours de la seconde enfance : terreurs nocturnes, peur de l'obscurité; études secondaires brillantes; sujet cultivé.

Elle se fiança à 21 ans, et se maria à un conjoint compréhensif. Le mariage fut heureux, elle eut six enfants. Elle présenta une activité peut-être excessive, mais qui chez cette hyperémotive, constitua un dérivatif à l’angoisse; petite phase de paroxysme avant les règles avec pleurs sans raison, troubles du sommeil.

En fin d’été 1952, un séjour sur la Côte Méditerranéenne paraît avoir déterminé de l’insomnie et une exacerbation considérable de l’angoisse névropathique. C’est d’une part la phobie de toutes les maladies possibles et inimaginables, de l’autre des crises anxieuses sine materia qui la font appeler au secours et qui empêchent toute vie familiale.

. Séjour en Novembre et Décembre 1952 dans une Clinique Médicale pour obtenir le calme et le sommeil par des moyens médicamenteux d’abord. Mais la persistance de l’angoisse, sans auto-accusation, incite à entreprendre une cure par E. C. à raison de deux Chocs par semaine. Bien que mal supportés et suscitant une véritable terreur (on les déclenche sous narcose barbiturique), ils entraînent certainement une sédation de l’angoisse et une ‘amélioration du sommeil. On ne peut effectuer que 5 Chocs, car ils provoquent lapparition d’un sentiment de dépersonnalisation au réveil, et qui laisse à la malade une impression singulièrement redoutable (cf. observations de LopEz-[B0r).

. Dans la suite, l’état s’améliore progressivement grâce à la psychothérapie quotidienne, à la Papavérine, à la Vériane prise le soir.

. Retour en famille dès le 25 décembre, reprise d’une vie normale.

Ogs. 13. — « Syndrome névropathique anxieux chez une rurale à tendance majoratrice accusant surtout un sentiment de dépersonnali-

sation >.

RE Do RES

Madame B.. Aimée, née en 1929, est originaire d’une commune rurale de l'Ain. Sa mère a toujours été considérée comme une hyperthymique. Jamais d'épisodes convulsifs; réglée à 14 ans, depuis très irrégulièrement.

Les incidents névrotiques, qui eurent on en 1948, furent mis sur le compte d’un dysfonctionnement ovarien et traités, sans résultats, par le Benzo-Gynoestryl.et le Distilbène. Il faut remarquer que depuis longtemps, les premiers jours des règles sont marqués par des douleurs épigastriques, des vomisseménts et un léger mouvement de température.

Dans l'intervalle, cette jeune fille, gâtée, très choyée par ses parents, fait des manifestations de névrose d’angoisse et des crises théâtrales en famille. Il lui arrive de travailler toute la journée en dehors, de se montrer gaie et. de faire preuve au retour de tristesse profonde avec crises de larmes. Son état psycho-affectif contraste avec sa belle mine.

Interrogée longuement, elle accuse surtout avec de fausses crises angineuses toute une série de sensations négatives qui lui font exprimer 3 un sentiment assez précis de dépersonnalisation. Elle s’estime différente des autres, différente de ce qu’elle était auparavant par sa façon de ressentir les joies et les peines de l’existence; elle en est véritablemént désespérée. Elle ne peut analyser cet état devant sa famille, c’est pourquoi elle attire avec tant d’insistance l’attention sur ses troubles neuro-végétatifs, en panñticulier à la période pré-menstruelle. Elle cherche en quelque sorte, en en majorant certainement les symptômes, une base organique à ses troubles surtout d'ordre psycho-affectif.

Elle passe ainsi 24 jours à la Clinique Neurologique en Mai 1948. De retour dans sa famille, la recrudescence de l’état anxieux fait décider d’un séjour à la clinique St-Vincent-de-Paul. Après consultation avec le Dr. C., médecin traitant, on décide d’une eure de Chocs, malgré le. sentiment de dépersonnalisation. En fait, 6 E. C. bien supportés atténuent l’angoisse au point de faire considérer la malade comme rétablie. Elle n’a pas été impressionnée par le réveil quelque peu confus.

On apprend par la suite qu’elle se fiance et se marie dès 1949. Après une bonne période et la diversion qu’a provoqué son changement de vie, le tempérament anxieux se manifeste encore par une certaine agoraphobie et la crainte de circuler seule. C’est pourquoi elle sollicite, sans succès du reste, l’admission au régime de FI APARANE de la Sécurité Sociale.

O8s. 14. —— (9.663 F). Bel... Marie, 48 ans. Entrée le 25 juillet 1949 à Grange-Blanche. =

A la suite d’un épisode grippal survenu en Janvier 49, suivi d’une longue convalescence, la malade sent son caractère devenir « bizarre ». Un jour, elle prend brusquement peur, et elle rentre chez elle, Elle présente alors des tremblements, éprouve une sensation de striction thoracique et de boule dans la gorge. Ces paroxysmes angoissants se reproduisirent trois fois dans la même semaine. Puis elle se plaint d’avoir

des idées noires, elle désire mourir (sans tentative), en même temps qu’elle redoute la mort, des phobies diverses apparaissent par la suite; c’est ainsi qu’elle fait cacher. par son fils les médicaments qui lui ont été ordonnés, craignant de les boire tout d’un coup.

Diagnostic : Névrose d'angoisse et phobies.

Cette malade traitée par 4 E. C. a vu son angoisse disparaître, mais les phobies persistèrent. Un traitement médical complémentaire améliore petit à petit la malade qui put regagner sa famille le 6 août.

O8s, 15. — (9.368 F). Nav. Claudine, 56 ans, hospitalisée à! Grange- Blanche le 15 décembre 1948.

Dans les antécédents personnels de eette malade, on retrouve un épisode dépressif lors de la mort de son mari en 1936. Depuis, elle a toujours vécu dans des conditions matérielles précaires,

Depuis environ un an, elle se sent fatiguée, sans appétit. Elle dut abandonner son travail; elle ne désire plus sortir de chez elle, Au mois d'Avril, elle fit des crises névropathiques. Par la suite à l’anxiété s’ajoutèrent des phobies (peur des couteaux, du gaz, de tout ce qui est dangereux). Elle doute d'elle, et conserve son sens critique.

Devant la recrudescence du syndrome anxieux, 2 E. C. sont pratiqués. Après le second, elle se plaint d’être aggravée, et refuse tout nouveau Choc. Rapidement elle s'améliore et, peu après, sort définitivement de l’hôpital le 17 février 1944.

Ogs. 16. — (7.100 F). Mil.… Antoinette, 48 ans, hospitalisée le 15 décembre 1944.

L’affection aurait débutée en 1942 par un épisode dépressif de six semaines. Cet accident a été déclenché par une aventure sentimentale, platonique et sans suite, du reste connue de son mari. Depuis cette époque, elle est morose; scrupuleuse, elle craint de ne pas apporter de bonheur aux siens. Elle a bien quelques ennuis matériels, mais elle est surtout inquiète sans raison réelle; elle pense à se détruire, et c’est une tentative manquée de suicide, qui motiva son hospitalisation. On porte le diagnostic « d’anxiété avec tendance au Bovarysme ».

A la suite de quelques E. C., la malade devient euphorique, l'anxiété et l’aboulie ont disparus, elle envisage avec joie le retour dans sa famille. Elle sort le 4 janvier 1945.

Elle revient à nouveau dans le service le 5 février 1945 à la suite de la reprise des idées noires et de l’aboulie, L’anxiété et les phénomènes d'angoisse dominent. De nouveaux Chocs font disparaitre l’anxiété, un petit état d’euphorie lui succède. Un traitement médical est prescrit et la malade sortit à nouveau de l’hôpital le 1°° mars 1945.

Revue en Juillet, l'amélioration avait disparue, un traitement médical est à nouveau ordonné.

Laurent

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