‹ Indications, Contre-Indications De La Convulsivothérapie Par Électro-Chocs Dans Les Syndromes NéropathiquesChapitre 30 sur 44 · PE PEYRE · texte numérisé non relu

PE PEYRE

Ogs. 17. — Ber… Adrien, 46 ans, chauffeur. Entré le 1°’ juillet 1952 à l’hôpital militaire Des Genettes. i

Dans les antécédents héréditaires du malade, on note un père décédé à l'Hôpital Psychiatrique du Vinatier, aprèc un internement de neuf ans.

Depuis cinq ans, le malade se plaint de devenir « nerveux », de s'inquiéter facilement et souvent sans raison valable. En Février 1953, il maigrit de 6 kgs, se sent mal à l’aise, et fait à plusieurs reprises des crises anxieuses, avec gêne rétrosternale. Cet état demeure stationnaire jusqu’au 15 juin. À ce moment, il a l’impression d’être un ennui pour sa femme malade (traitée pour cardiopathie), de la rendre malheureuse. Au cours d’un raptus anxieux, il absorbe un flacon de Digitaline, pris de vomissements, il est conduit à l’hôpital de sa ville, où il reçoit les premiers soins, puis ensuite envoyé dans le service de Neuro-Psychiatrie de l'Hôpital Militaire.

À son entrée, le malade est calme, mais anxieux. L’examen clinique montre une inégalité pupillaire, mais tous les examens spécifiques demeurèrent négatifs.

En présence de cet état anxieux persistant depuis plusieurs mois, on est conduit à discuter de l’opportunité de Chocs. Toutefois, on laisse le malade sous surveillance, avec un traitement médical (Laudanum, Calcibronat). {

Petit à petit, le fond anxieux diminue. L’appétit réapparaît, l’état général se relève, et le malade rentre chez lui, en convalescence, le 24 juillet.

Revu un mois après, le malade peut être considéré comme guéri; il reprend son travail.

On voit donc que les Electro-Chocs influencent favorablement les états anxieux, surtout lorsqu'ils sont récents. Parfois, ils entraînent un accroissement de lanxiété, mais il semble que cet effet soit transitoire; il ne doit pas être considéré comme une aggravation. Egalement dans quelques cas, un état euphorique réactionnel succède à l’angoisse, mais il n’est que temporaire. La Convulsivothérapie n’apporte pas toujours la guérison, aussi faut-il la compléter par les traitements médicamenteux classiques et par la psychothérapie. Enfin, en présence de raptus anxieux isolé, survenant sur un terrain d’anxiété d’apparition récente, on peut hésiter à pratiquer des Chocs. C’est l’évolution qui permet alors de poser ou non l'indication de cette thérapeutique.

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