‹ Indications d'une Incision de Décharge dans le Traitement de la Péritonite Diffuse AiguëChapitre 6 sur 46 · on · texte numérisé non relu

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- Toutes ce manœuvres étaient longues, schockantes ; aussi, un tel traitement des péritonites diffuses eut pour conséquence une effrayante mortalité et ne fit qu'accroître la réputation de gravité attachée à ces affections.

Maïs il n'avait pas suffi de chercher à désinfecter la séreuse péritonéale, on s’efforca aussi d'assurer l'évacualion au dehors des produits «eptiques, dont la reproduction était, pensait on, inévitable: D'où a pratique du drairage : etce mode de faire fut pratiqué avec les mèmes erreurs que Ja %oïletté du péritoitié, Pouûr mieux assurer la sorlie dés éécrébions pathologiques, des ‘draïnages compliqés. farent ‘#maginés ;. on eut - recours à des incisions eMiples; dos drains placés dans “toutes les directions, la gaze éurtodt: furent employés : les -différents procédés de drainage d'ailleurs traumatisants, demeürèrent inefficaces en raison de l'aptitude “du péritoine-à édifier des cloisonnéments.

En ontre {és opérateurs, encas d'infection péritonéäle, n'avaient tenu compte qué d'un danger* celui qu'en- . traïhaierit les résorptions à a surface: de Ja séreuse : le “danger venu de l'intestin n'avait pas 616 envisagé.

Dans ces conditions, avec ces principes erronés, on “conçoit que pendant longtemps, jusque dans ces dix dernièrés années,la thérapeutique des péritonites fut assez ‘ décevante ; linterventioh était mat comprise :‘ elle ne - ménageait nullement Tes forces du sélade et né tenait aucun-compte des propriétés dé défense Au péritéine :

le processus infectieux ne pouvait être Tmité; ke rai-

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nage était illusoire, dangereux même; ainsi compris, le traitement ne pouvait donner que des échecs : aussi, quand un malade guérissait, c'était un hasard heureux. Pourtant, à cette époque-là, les noms de deux chirurgiens doivent être retenus : ceux de Bouilly et de Lucke, qui furent vraiment des précurseurs. En 1889, Bouilly, au Congrès français de Chirurgie, fixait le traitement des péritonites suivant des principes auxquels on a peu ajouté depuis : cet auteur préconisait une petite incision de 6 centimètres, proscrivait l’éviscération, pratiquait un lavage rapide et abondant de la cavité abdominale, introduisait un gros drain jusque dans le Douglas et refermait complètement la paroi,jusqu à l’orifice du passage du drain ; les manœuvres devaient être rapides l'opération terminée en quinze ou vingt minutes.

Presque en mème temps, Lucke de Strasbourg procédait à peu près de la même façon : cet auteur lavait rapidement le péritoine, introduisait un drain dans le Douglas et entrevoyait les bons effets pour le drainage du rétablissement de la pression intra-abdominale. Mais ces principes qui constituaient la thérapeutique vraie, rationnelle des péritonites ne furent pas de longtemps suivis.

Ea {897, au Congrès allemand, les chirurgiens traitent les péritoniles avec les errements jusque-là en usage. On ÿ parle d'incisions multiples, de lavages faits dans de mauvaises conditions, de larges drainages. Ce n’est qu'autour de 1900 que des progrès décisifs commencent

à être réalisés.

Fowler et Bode partant de ce principe que le péritoine a d'inégales propriétés de résorption, songent à asseoir leurs malades pour éviter l’envahissement par les produits infectieux des étages supérieurs de la cavité abdominale. Mieux qu'un Mickulicz, cette pratique s'oppose à la diffusion du processus pathologique. L'application d'un principe aussi simple et qui utilise les effets de la pesanteur a eu une importance énorme pour le traite— ment des péritonites. On savait dès lors collecter le pus en un point déclive. À ce moment, Rehn, en 1902, eut l’idée d'utiliser le rétablissement de la pression intraabdominale pour assurer l'évacuation en dehors des produits septiques.

Autour de 1903, avec Murphy, entrent en ligne de compte pour la thérapeutique des infections péritonéales les propriétés de défense considérables de la séreuse: l'opération doit être simple, rapide ; pas de shock opératoire. « Il faut, disait cet illustre chirurgien, entrer vite dans le ventre, mais en sortir plus vite encore » ; il suffit, pour guérir une péritonite, d'aider le péritoine, et de ne pas être nuisible par des manœuvres inopportunes. En outre,à ce moment, l'injection intra-rectale goulte à goutte suivant la technique préconisée par Murphy, triomphe de l'infection générale et restitue à l'organisme de nouvelles énergies. Aux interventions compliquées a succédé une méthode simple et rationnelle,

Puis fut acquise cette notion que les résorplions péritonéales ne constituaient pas le seul danger des jpirito-

nites, le danger causé par la résorption inteslinale

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apparut clairement el,en 1893 on cherche à évacuer le tractus intestinal frappé,comme on le sait. de paralysie au cours des péritonites. Henrotin, eu 1893, propose l'enterostomie el les chirurgiens américains le suivent. dans. cette voie. Des premiers Lennouder pralique-une cæcostomie, pour une. ocelusion. périlonitique, et celte opéraon première sur le. tube digestif est le point de . dépaïrt de toutes celles qui.seront pratiquées dans la suite.

Pour diminuer à la surface de la séreuse la:virulence des ägénts pathogènes, Thiriar, en 1900, a l'idée de faire: passer dans l'abdomen--un courant d'oxygène et, pour restreindre l'intensité des résorptions: périlonéales, Glimm, en :1906 injecte dans la.eavité abdominale de l'huile d'olive, réalisant en quelque, sorte le- vernissage dela: séreuse

Récemment, enfin, une notion nouvelle a été établie : où'& Compris :que dans la péritonite: diffuse il fallait, pour que le drainage fùt rendu durable, enrayer la puissance néolormatrice du périloine, c'est-à-dire empêcher la’ production d'adhérences qui favorisent la -rétention des'produits septiques: Bainbridge! s'est rendu compte que l'oxygène arrètait ces néoformations ; l'huile eam= phrée de même-produisait ces mêmes bons effets. Ainsi à cette heure, le drainage complet du péritoine peut être assuré, EL l'initiative de quelques auteurs ne s’est pas bornée là : laissant au Périloine le; soin de se défendre Sponlanément,deschirurgiens comme Blacke, Hotschkiss,

Roller n'ont pas hésité, après, ablation de la. lésion Cal1-

sale et toilette minutieuse de la séreuse, à refermer sans drainage le péritoine infecté !

L'emploi de ces diverses méthodes a révolulionné la chirurgie abdominale, el si nous consultons les stalistiques de fel ou tel chirurgien, on constate que les résultats se sont beaucoup améliorés. Au Congrès allemand de 1902, Rehn rapportait 93 cas de péritonite diffuse avec 42 guérisons et 51 décès,soit une mortalité de 56 0/0. En 1909 ,au Congrès allemand,Noetzel,assistant de Rehn, apportait les résultats suivants :

Quatre cent quarante-neuf opérations pour périto-

nite diffuse, avec 278 succès el 171 morts, soit une mortalité de 38 0/0. Il y a donc une amélioration considérable dans les résultats obtenus.

A cette heure, la thérapeutique des péritonites n’est donc plus livrée au hasard : elle est rationnelle et la guérison des malalades ne saurait plus être considérée comme un événement heureux, mais fortuit. Sans doute, comme nous le verrons tout à l'heure, l’amélioration des résultats n'est pas si considérable qu'on pourrait le souhaiter, mais avec les notions actuelles nous pouvons sauver quelques malades de plus : l’application de

ces méthodes est donc de ce fait largement justifiée.

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