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Broca, dans son rapport au Congrès de Lisbonne, fait des réserves sur l’opportunité du traitement chirurgical. Même dans la forme ascitique, il ne faut pas se presser d'opérer; la précocité de l’incision n’est pas une condition de succès : « Ceux qui ont pensé que toute péritonite tuberculeuse reconnue, serait judiciable de la laparotomie, ceux-là ont eu tort. »
L'état des indications du traitement par la chirurgie, vers 1906, est assez bien exposé par M. Josserand, qui, s’apercevant qu’on opérait beaucoup moins cette affection dans les milieux hospitaliers, autour de lui, demande à la Société des Sciences médicales de Lyon, l’avis de ses collègues les plus compétents.
M. Weill déclare avoir, complètement abandonné l’idée d'intervention dans la tuberculose péritonéale, de ce que plusieurs cas traités médicalement par lui sont sortis de l’hôpital complètement guéris, alors que les cas traités chirurgicalement. ont donné des résultats désastreux. Sur 47 cas cités, 7 seulement ont été opérés. Sur les 7 enfants opérés, 3, sont morts peu de temps après l’intervention, tous les 3 étant des formes fibro-caséeuses; les 4 cas restant étaient des formes ascitiques; un enfant a été emmené mourant vingt Jours après l’opération, et sur les 3 autres, 2 sont restés stationnaires et un seul paraît avoir subi une amélioration.
M. Nové-Josserand, lui, déclare que l’intervention dans la péritonite tuberculeuse doit rester un traitement d’exception, visant une complication bien définie, car elle ne paraît pas avoir une influence certaine sur la rétrocession de la tuberculose péritonéale elle-même.
Par contre, M. Bérard s’élève contre cet exclusivisme et essaie de remettre un peu en faveur auprès des praticiens : l’idée de l'intervention chirurgicale. Il déclare, qu’en attendant qu’on soit mieux fixé, il serait peut-être aussi imprudent de rejeter à priori (parfois même comme opération précoce), la laparotomie, que d’appliquer l’aphorisme des
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chirurgiens de l’époque avoisinante de 1889, qui disaient que le diagnostic de la péritonite tuberculeuse impose la laparotomie immédiate.
De même, M. Durand dit qu’il faut distinguer avec soin les variétés cliniques de l’affection et que certaines formes peuvent et même doivent être opérées.
Dans un rapport présenté par MM. Achard et Leblanc à la Société médicale des hôpitaux de Paris, M. Achard rapporte un cas de péritonite tuberculeuse à forme caséeuse chez un homme de 62 ans, et à ce propos, il demande si le traitement doit être médical ou chirurgical. Sur quoi M. Caussade récuse l'intervention chirurgicale, du fait qu’il est toujours dangereux de toucher un abcès tuberculeux avec le bistouri : le traitement, d’après lui, doit être héliothérapique seulement.
C’est aussi l’opinion de M. Achard. Par contre, M. Lortat- Jacob, lui, préconise l’intervention.
M. Stévenin, dans le Bulletin Médical, dit qu’on ne pratique plus guère, maintenant, l’intervention chirurgicale, et dans n’importe quelle forme, ayant constaté que la péritonite tuberculeuse guérissait aussi bien par le traitement médical. De même, il rejette la ponction avec injections modificatrices (acide borique, air stérilisé, oxygène, naphtal camphré, etc.) : on ne la pratiquera que lorsque l’épanchement est trop abondant.
Enfin tout dernièrement, dans un numéro du Journal Médical Français, M. Sauvé donne les conclusions thérapeutiques suivantes pour les formes de la péritonite tuberculeuse, nous intéressant. « La saine thérapeutique générale tuberculeuse, bien définie actuellement, associée dans certains cas à des moyens locaux rationnels, telle est la base du traitement. »
Toutefois, si ces moyens locaux (héliothérapie, fuisénothérapie) ne donnent que des résultats insuffisants, il vaut mieux recourir à l’acte chirurgical, choisi avec bon sens chez des sujets déjà déficients. « Le plus ancien est le meilleur, la
simple laparotomie, sans qu’il faille en faire un moyen perpétuellement miraculeux. » Il faudra écarter, dans ce traitement local, les manœuvres multiples, telles que non seulement les ponctions et lavages, mais aussi les anastomoses vasculaires, l’opération de Ruotte et la roentgénisation.
« Les résultats opératoires sont modestes, mais encourageants, dans les formes moyennes prises assez tôt. Les formes légères au début guérissent toutes seules, et les formes graves avec fièvre élevée ne sont pas pour tenter le chirurgien. »