‹ Indications du traitement chirurgical dans les formes Ascitiques cloisonnées et fibre-caséuses de la Péritonite tuberculeuseChapitre 8 sur 18 · REA MU · texte numérisé non relu

REA MU

buter soit par des accidents péritonéaux d’allure assez brusque, coliques, vomissements accompagnés d’une réaction fébrile intense et se faisant presque toujours par accès; soit d’une manière plus insidieuse, et prend alors la forme d’une typho-bacillose. Dans l’un et l’autre cas, ces symptômes paraissent bien être en rapport avec la poussée granulique qui marque l’ensemencement du péritoine.

Quel que soit le mode de début, rien n’attire avec précision, l’attention du côté du péritoine : il y a bien des douleurs abdominales, mais sans localisation précise, le ventre reste souple et il ne se produit pas d’ascite. Mais l’état fébrile ou sub-fébrile persiste pendant des semaines, avec une courbe thermique régulière ou irrégulière; les vomissements ne se reproduisent pas, mais il y a de l’anorexie plus ou moins marquée, parfois à caractère électif, et le malade maigrit. Cependant la langue reste bonne et l’état général paraît peu touché.

Dans certains cas les douleurs paraissent prédominer dans une région déterminée, et suivant leur siège, elles font croire, soit à de l’appendicite, soit à de la cholécystite, surtout si on observe de petites poussées subictériques, comme on peut le voir dans certains cas où elles sont dues en réalité à la compression du cholédocque par des ganglions tuberculeux sous-hépatiques.

Ce n’est qu’au bout de plusieurs semaines et quelquefois de deux ou trois mois, qu’on peut voir apparaître un peu d’empâtement du ventre et que l’on arrive à percevoir sur une étendue limitée, une ou plusieurs masses donnant la sensation de gâteaux épiploïques et qui permettent de confirmer le diagnostic.

L’affection laissée à elle-même paraît avoir une tendance naturelle à la guérison, et dans plusieurs cas où la laparotomie ne fut pas pratiquée, la résolution a pu se faire progressivement sous l’influence d’une cure héliothérapique en station d’altitude. Mais le plus souvent une erreur de diagnostic (appendicite, cholécystite, affection annexielle)

ayant été faite, une laparotomie permet de reconnaître l'existence de granulations tuberculeuses sur le péritoine et . d’instituer un traitement rationnel.

Mais ce processus fibro-plastique, qui est un facteur de guérison, peut aller au-delà du degré utile et déterminer de graves complications.

Ces complications,signalées une première fois en 1827 par M. Louis, puis décrites par MM. Cossy (1856), Besnier (1860) et Henrot (1868), sont les suivantes : D’abord lunion possible, plus ou moins intime, de deux organes, même très éloignés, tels que l’estomac et l’utérus (citée par les auteurs du Compendium de médecine). Puis l’arrêt plus ou moins complet de la circulation des matières intestinales, dû à ce que les paquets d’anses grêles, englobés dans les néomembranes fibreuses, sont enserrés, immobilisés et déterminent ainsi un arrêt des contractions péristaltiques, véritable « paralysie de l’intestin ». Ou bien c’est une bride rétractile où plusieurs qui étranglent l’intestin. Ou bien c’est une coudure brusque de l'intestin qui détermine son occlusion. Enfin, le foie, les voies biliaires, la rate, participent à cette « périviscérite scléreuse:» et cette sorte de cirrhose périphérique trouble gravement leur bon fonctionnement.

Page 1