‹ Indications et Cessation de l'OléothoraxChapitre 7 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La cessation de l’oléothorax

Ses indications

L'injection huileuse intrapleurale était préconisée dès 1916 par Fournier dans la pleurésie séro-fibrineuse pour accélérer la résorption de l’épanchement.

Quelques années après, en 1919, Hixaurr l’emplovait dans le même cas, mais comme préventif contre les adhérences, en injection de 20 ec.

Puis, en 1921, Berxou reprend l'injection huiïleuse mais en employant des quantités beaucoup plus grandes atteignant 400 cc. Il l’a réalisée chez une malade qui présentait une perforation pleuro-pulmonaire à soupape inverse; cette perforation s'était produite au cours d’un pneumothorax entretenu avec succès depuis six mois. La fistule s’est fermée, mais quelques semaines plus tard apparaissait un épanchement purulent qui a guéri à son tour rapidement par la continuation des injections.

Ce résultat encourageant l’a porté à continuer cette thérapeutique dans les pyopneumothorax dans le but de tarir la suppuration et d'éviter la symphyse.

La méthode semble être passée par une phase de discrédit, puis, en 1925, elle à été remise à l’ordre du jour par BEerNou et par Kuss tout particulièrement, qui lui trou-

vèrent une indication comme complément du pneumothorax dans la collapsothérapie.

Ils signalent, en effet, l’action mécanique qu'on peut obtenir de l'injection huileuse massive dans les cas de collapsus pulmonaire compromis par l'installation d'un processus symphysaire.

ls montrent également que certaines cavernes réfractaires à tout collapsus par voie gazeuse peuvent être affaissées par les injections huileuses.

C'est par là que l’oléothorax se montre une méthode véritablement nouvelle.

Cependant, elle subit encore dans les années qui suivent des mouvements de défaveur et l’oléothorax reste peu employé. \

Peut-être la variété, et partant, l’imprécision de ses indications, ne sont-elles pas étrangères aux difficultés de ses débuts.

Il faut dire aussi qu'il s'attaque à cette époque à combattre des perforations pulmonaires, des hydropneumothorax dont on connaît le sombre pronostic, et qu'on lui demande de comprimer des poumons quelquefois retenus par des adhérences qu'il n’était pas toujours possible de déceler.

Puis de nouveaux travaux de Jacqueline Fonrane, de Kuss, de LaBesse et MARIE, de BEzancow, de HinauLzr ont précisé sa technique et ont limité ses indications.

Aujourd'hui, bien qu'il présente encore des inconvénients, tous les phtisiologues lui reconnaissent une valeur thérapeutique sans être cependant d'accord sur certaines de ses indications : et c’est pourquoi nous avons pensé utile de les reprendre et de montrer qu'il est possible de les poser plus judicieusement, grâce à un examen radiologique plus poussé et à la pleuroscopie. |

Mais une fois ces indications établies, nous envisagerons

LR ORE

un autre problème encore plus important et plus discuté : celui de la cessation de l’oléothoraz.

Etant donné les divergences qui existent encore dans l’arrêt du pneumothorax, on ne peut s'étonner qu'elles soient plus grandes en ce qui concerne la cessation de l’oléothorax qui est une méthode relativement récente et sujette à plus de risques.

Actueilement deux opinions s'opposent :

Faut-il opérer le retrait de l'huile après efficacité de six mois à un an, comme le considèrent TRiIBOULLET, et BER- THEAUX dans sa Thèse ?

Faut-il la laisser définitivement dans la plèvre ?

À ce sujet, nous pensons utile de dire quelques mots sur l’évolution de l'huile dans la plèvre.

Dans notre travail, nous n'’envisagerons pas l’oléothorax désinfectant, qui a fait l’objet de nombreuses publications et qui n'entre pas dans la question de la collapsothérapie vraie.

Nous traiterons d’abord le premier problème : celui des indications de :

a) l’oléothorax pour arrêter l’accolement des plèvres sur-

venant au cours du pneumothorax.

b) l’oléothorax compressif pour lutter contre l’inertie

pulmonaire qui rend tout pneumothorax inefficace, soit primitivement, soit après section de brides.

Nous envisagerons ensuite : sa cessation.

np ‘

L'oléothorax a aujourd’hui deux indications majeures :

L'une de ces indications est de s'opposer à la marche progressive de la symphyse.

Tout le monde en admet le principe. Mais quelques-uns seuls mettent en œuvre le blocage huileux de la plèvre.

L'autre de ces indications est l’oléothorar de compression.

Il est admis par quelques phüsiologues et il est rejeté par la plupart comme dangereux.

Ces indications ont été traitées par de nombreux auteurs. Nous voulons examiner rapidement les raisons qui militent en leur faveur, mais surtout préciser quelques points de détails qui nous paraissent importants si l’on veut éviter certaines complications qui, encore à l'heure actuelle, font de l’oléothorax une méthode d'exception.

C’est ainsi que nous envisagerons les points suivants : A. — 1° Faut-il s'opposer à la formation des symphyses? 2° L'oléothorax total — ses inconvénients.

3° L'oléothorax partiel.

B. -— L’inertie pulmonaire et l’oléothorax.

Faut-il s’opposer à la symphyse ?

Il est fréquent de voir se constituer des adhérences au cours du pneumothorax. Elles apparaissent parfois sans

re

cause apparente, ou le plus souvent à la suite d’une réaction Jiquidienne.

Elle peuvent être totales ou localisées.

SYMPHYSES TOTALES : Dans les nombreux cas qu il a pu recueillir, VéRaN signale que le collapsus a été terminé par la symphyse dans 39 % des cas. Quelques guérisons se sont maintenues à la suite de cet arrêt forcé du pneumothorax, et l’on en est venu à se demander s’il fallait respecter la symphyse.

Actuellement, les faits sont nombreux où une symphyse totale, même précoce, a jaissé derrière elle une guérison durable. Dans les observations de VÉRAN, des sujets restent avec un état général parfait alors que leur pneumothorax a été interrompu après six mois seulement d'efficacité par suite de symphyse.

SYMPHYSES ÉLECTIVES : À côté de ces symphyses totales, il n’est pas rare d'en voir qui s'arrêtent spontanément et laissent une cavité pleurale qui permet une bonne compression des lésions. M. Prüvosr, qui a publié un intéressant article à ce sujet, rapporte le cas d’une malade qui a présenté an cours de son pneumothorax une symphyse qui s’est arrêtée d'elle-même ; les insufflations pouvaient être continuées et ainsi se trouvait réalisé un pneumothorax électif : l’immobilisation des parties malades était obtenue sans gêner la fonction des parties saines. Mais il faut considérer ceci comme un fait peu fréquent et sur lequel nous ne pouvons compter.

Il faut considérer qu’une symphyse qui débute aboutira dans un temps plus ou moins long à l’accolement complet des deux plèvres et empèchera toute continuation du pneumothorax artificiel.

Si après ce fait on constate un certain nombre de guérisons il reste, comme le dit M. Pruvosr, à préciser le degré et la durée de cette amélioration des lésions pulmonaires

survenues malgré la symphyse ou grâce à celle-ci ; et il présente un exemple de réveil des lésions après une guérisOn apparente avant persisté trois ans après la symphyse.

Le plus souvent, il n'est pas besoin d'attendre si longtemps après l'arrêt du collapsus pour observer une poussée nouvelle. Ainsi, s’il est des symphyses favorables, il en est d’autres qui sont nuisibles et nous sommes dans l’impossibilité d'établir d'avance un pronostic.

D'après les statistiques de Risr et de HirscnBEerG on voit que la somme des malades stationnaires aggravés ou décedésiesti:

Chez les malades traités... de 48 % DHEPRIES ÉYMDEYSS Ar 0e. de 91 %

Et si l’on s’en rapporte aux conclusions que VÉéRAN a formulées dans son étude très complète de la cessation du pneumothorax, la seule conduite logique à tenir est d’empêcher la formation des adhérences chaque fois qu'elle surviendra chez un sujet dont les lésions ne seront pas stabilisées depuis trois ou quatre ans.

L'oléothorax nous paraît être la meilleure prophylaxie de la symphyse.

Ce peut être un oléothorax de la grosse cavité, ou bien un oléothorax partiel. Nous allons en étudier les avantages et les inconvénients respectifs.

Oléothorax antisymphysaire total

Lorsqu'apparaît une symphyse progressive au cours d'un pneumothorax elle a encore, à son tout début, peu diminué le volume de la cavité pleurale. On peut croire que c'est le moment favorable pour établir l’oléothorax. Et pour bien combler cette cavité pratiquement libre, nous injectons des quantités d'huile importantes. Mais peu à peu nous sommes obligés de pratiquer de nouveaux remplissages nécessités par le tassement des organes voisins et aussi par un

certain abaissement du diaphragme.

BALOCHE

Page 1