‹ Indications et contre-indications de l'ignipuncture du col de l'utérusChapitre 11 sur 24 · VA · texte numérisé non relu

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ploi de l’ignipuncture doit être alors rejeté, ce n’est que tout à fait à la fin de cette première période qu’on peut en

faire usage.

Dans la deuxième période de l’induration, l’hyperhémie et le ramollissement disparaissent, le maximum d’activité plastique del’inflammation s'éteint, le parenchyme devient plus dur, plus résistant et rappelle les caractères du tissu cicatriciel, l'utérus n’a plus une coloration livide, mais devient pâle et jaunâtre. Cette pâleur est le résultat d’une anémie profonde. En effet, il n’y a que très peu de sang dans les parois de la matrice, les vaisseaux étant rétrécis, étouffés par l’hypertrophie ou plûtôt par l’hypergenèse du tissu cellulaire de l'organe. L'examen histologique révèle la présence d’une grande quantité de noyaux embryonnaires disséminés entre les éléments anatomiques normaux de l'utérus ainsi que beaucoup de tissu conjonctif nouvellement formé.

L'étude anatomo-pathologique que nous venons de faire justifie déjà d’elle-même l'utilité de l'intervention au moyen de l'ignipuncture à la fin de la première période de la métrite chronique ainsi que dans toute la seconde période de cette maladie.

Mais quels sont les signes qui nous permettront de distinguer ces deux périodes de la métrite : ce sont le toucher vaginal et l'examen au spéculum; dans la fin de la première période, le toucher est peu ou point douloureux, le col n’est plus gros et mou comme au début de la maladie, mais diminue un peu de volume et le doigt constate l’existense des points dépressibles et d’autres résistants, ces derniers étant le résultat du travail d'organisation qui s’y opère. Par le spéculum on voit que le col est d’un rouge violacé mais présentant par places des points plus ou

moins pâles, quelquefois même de petites taches jaunâtres marbrant en quelque sorte le museau de tanche.

L’ignipuncture pratiquée dans cette période facilite par la suppuration la résorption des exsudats et des éléments du tissu embryonnaire, elle exerce aussi une action réflexe sur les parois vasculaires, qui, en se contractant, rendent aux vaisseaux leur calibre primitif. Le tissu cicatriciel qui est le résultat de l’opération contribue aussi, comme nous l’avons déjà dit, à exprimer les exsudats en établissant une sorte de compression.

A la seconde période le toucher révèle que le col est toujours plus gros qu’à l’état normal, mais beaucoup moins qu’à la preinière période, et au lieu de constater la présence de quelques points durs isolés, ceux-ci ont pour ainsi dire conflué et le col au toucher donne une sensation de fermeté. Par l'examen au spéculum, on voit un col pâle, anémique, pâleur qui s'explique par le défaut de circulation dans l’organe, les vaisseaux étant pour ainsi dire éouffés par le tissu embryonnaire déjà organisé. Nous aurons peu de chose à diresur l'opportunité de l’ignipuncture dans la seconde période de la métrite, elle estincontestable. Aucune des causes qui dans la première période nous auraient faithésiter à l'appliquer, tels que l’'hyperhémie active ou l'intensité inflammatoire, ne se retrouvent ici; en effet, l'utérus supporte alors très facilement cette médication, le col, de dur qu'il était, devient plus souple, il recouvre sa vitalité de même que sa couleur primitive, parce que la circulation y reprend son cours normal; son volume diminue et la sensation de pesanteur, de même queles douleurs abdominales diminuent cons dérablement ou disparaissent.

Voyons maintenant ce que deviennent les principaux symptômes que l’on observe dans la métrite? La névralgie est un des premiers symptômes qui disparaissent. La pe-

santeur que les femmes accusent dans l'hypogastre dispax raît également d’une façon rapide, et chose curieuse, c'est sur les femmes qui souffrent le plus et qui paraissent le plus affectées que l’on voit disparaitre le plus promptement cette névralgie du plexus lombaire et sacré, L'écoulement leucorrhéique est sensiblement augmenté pendant les premiers jours qui suivent l'opération. La sécrétion ütérine, de muqueuse qu'elle était, devient muco-purulente, mais élle diminue vite en s'atténuant de plus en plus.

Que se passe-t-il du côté de la menstruation? Est-elle diminuée, augmentée ou suspendue? La menstruation ne subit et ne doit subir aucune atteinte. |

Quant à l’aménorrhée ou la dysménorrhée qui accompagnent souvent la métrite chronique, elles disparaissent d’une façon certaine à mesure que l'utérus recouvre son ancienne vitalité. Les inflammations de voisinage telles quélacystiteetla rectitesont vite amendées, en mêmetemps que l’on voit cesser la constipation, qui à cause de sa persistancé n’est pas une des moindres souffrances des malades.

L’ignipuucture est aussi indiquée dans la régression incomplète de l’utérus, avec ou sans métrite, avec rétro ou antéflexion. L’utérusse trouvant après l’accouchement, en état d’imminence morbide, on comprend que toutes les causes capables d’altérer la santé de la femme viennent retentir plus ou moins sur l’utérus.

Parmi ces causes, signalonstousles accidents immédiats auquels sont exposées les nouvelles accouchées; c’est-àdire la pelvi-péritonite, l'inflammation des ligaments larges, l’adéno-phlegmon etc., etc., qui toutes agissent sur la régression de l'organe par obstacle mécanique opposé à la circulation. Le coït prématuré arrête aussi la marche d’involution de l’utérus, car il produit une irritation locale et

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un éréthisme général qui, troublant profondément l’innervation vasculaire de l'organe, ont pour conséquence l’hyperhémie et la Congestion. Mais parmi ces diverses causes pouvant produire l'arrêt d’involution de l'utérus, il en est une qui est la plus fréquente, et partant la plus importante à signaler, nous voulons parler de l’époque à laquelle les femmes en couches cessent de garder le lit et se livrent à leurs occupations ordinaires. En effet, s’il est facile d’obtenir d’une femme riche le repos pendant quinze ou vingt jours, il n’en est pas de même dans la classe ouvrière où nous voyons tous les jours que malgré l'avis du médecin, les femmes se lèvent cinq ou six jours après leur délivrance et se livrent à des marches et à des travaux pénibles, Que survient-il ? Chez quelques-unes fortes, bien constituées, l'utérus suit sa marche vers l’état normal, mais chez celles qui sont douées d’un mauvais état général, l’involution s'arrête. Supposons l’involution utérine arrêtée ; que va-t-il se passer ? Si cet arrêt se produit peu de temps après l’accouchement, l’utérus étant encore hypertrophié dans sa totalité, l’état congestif persistera par suite de la dilatation permanente des vaisseaux; il ne pourra pas entrer en dégénérescence graisseuse, étant le siège d’une circulation très active, il s’engorgera, et cet engorgement pourra, comme l’a démontré M. Fauauez (thèse de Paris 1879), se terminer par une métrite chronique parenchymateuse ou muqueuse,

Que l'utérus au contraire, après avoir été pendant ciel = que temps en travail de régression, etque sous l’influence d'une de ces causes précédentes ce travail de régression s'arrête, que va-t-il se passer?

D’après Depaul et la plupart de NN la régression de l’utérus marche de l’extérieur à l'intérieur en se faisant uniformement dans tous les points de l'organe.

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11 s'ensuit que l’isthme, qui est la partie la moin riche en fibres musculaires et par conséquent, la moins hypertrophiée, recouvre le premier sa texture primitive; mais situé entre le col et le corps, masse globuleuse fixée par des ligaments directs au reste du bassin, cette partie est la plus faible de l’organe. Le corps qui est la partie la plus volumineuse a bien subi un certain degré de régression; mais cette régression venant à être arrêtée à ce moment, il résulte que l’isthme n’est pas suffisant pour supporter le poids du corps, que les ligaments eux-mêmes ne pourront contribuer à soutenir, à cause de son relâchement et de l’arrêt d’involution de l’utérus. Le corps hypertrophié non soutenu tend alors à fléchir du côté de la face la plus volumineuse, et uous aurons ou une antéflexion, ou bien une rétroflexion. De ces flexions résultera la compression des veines transversales situées dans la limite du corps et du col et par suite l’engorgement avec toutes ses conséquences. Ainsi voyons-nous survenir à la suite de la régression incomplète de l'utérus ou un engorgement, ou une métrite, ou des flexions de cet organe.

L’ignipuncture est indiquée dans ces engorgements par arrêt d’involution, comme nous le verrons bientôt, ainsi que dans les métrites chroniques, suites de couches. Dans ces cas l’ignipuncture, en établissant un foyer de suppuration aidera à l’élimination des éléments de nouvelle formation, quin ont paseule temps de subir la dégénérescence graisseuse ; en outre, les pansements à la glycérine seront d’un puissant moyen pour la déplétion de l’organe, que l’on verra sous l'influence de ce traitement se réduire de plus en plus et rentrer bientôt dans sa forme et dans son état normal.

L'ignipuncture est aussi indiquée dans les flexions de

l'utérus (anté ou rétroflexion) quand elles reconnaissent pour cause l’origine que nous venons d'exposer.

Aujourd’hui on s'applique, surtout dans les traitements des flexions de l'utérus, au traitement mécanique, sans s’occuper de la cause qui a déterminé cette affection, ni de l’état local de l’organe ; de là des insuccès de ces divers procédés mécaniques. Ainsi voyons-nous appliquer des pessaires sur un organe malade, et ces instruments deviennent pour cet organe un foyer d’irritation qui ne fait qu’aggraver l’inflammation dont il est le siège, sans remédier en rien sur la flexion.

Que devons-nous dire des tuteurs intra-utérins donton a tenté l’essai depuis ces dernières années ? Indépendamment des femmes qui ont payé de leur vie ces tentatives, on est efirayé des accidents nombreux qui ont été éprouvés par celles qui ont échappé à la mort, tels que hémorrhagies, péritonites, abcès pelviens, etc.

Pour nous, les flexions de l’utérus par suite de régression incomplète de cet organe, et la majorité sont dues à cette cause, ne doivent être considérées comme des affections passives qu’on guérit par des moyens mécaniques; et comme nous l’avons dit, il faut d’abord faciliter la régression de l’utérus de façon à faire disparaître l’hypertrophie de l’organe, et l’ignipuncture trouve ici son indication; dans ces cas elle active la déplétion des vaisseaux, et fait subir aux éléments embryonnaires la dégénérescence granulograisseuse par la suppuration prolongée au même temps que favorise les exsudats pathologiques; l’utérus reprend sa tonicité, tend à se redresser, et nous avons vu sous l’influence de ce traitement l’angle de flexion diminuer d’une façon notable: tous les symptômes qui accompagnent cette affection disparaissent, les règles deviennent régulières et même les femmes peuvent devenir enceintes, car nous s

vons qu'une des conséquences des flexions c’est la stérilité.

C'est à la suite de cette amélioration que les pessaires

peuvent être prescrits,

L'ignipuncture est aussi indiquée dans l’engorgement de

l'utérus.

L'engorgement de l’utérus a été de tout temps une des questions qui ont divisé le plus les gynécologistes, et aujourd'hui la majorité d’entre eux n’admettent pas l’engorgement comme une entité morbide qui doit prendre place à part dans le cadre nosologique des maladies utérines, au même titre que la congestion et la fluxion de cet organe. Ainsi voyons-nous que Lisfranc en admettait l'existence, mais il les confondait avec la congestion, la métrite, les déviations, il ne voyait que des engorgements partout. Velpeau le nie en tant qu’affection existant d’une manière isolée et indépendante de toute autre affection. Plus récemment, Scanzoni a fait de l’engorgement le synonyme de linflammation chronique de l’utérus et l'a caractérisé par une hypertrophie du tissu cellulaire utérin. Hardy et Behier confondent l’engorgement avec la métrite parenchymateuse chronique; Nonat en fait de même, et Racle.et Lorain disaient qu'il leur paraît absolument possible dans l’état actuel de nos connaissances d'émettre une opinion formelle sur l’engorgement de l’utérus et que le seul fait qui leur paraît utile de signaler, c'est que dans le cas où l’on croirait avoir reconnu un engorgement utérin, le traitement qui conviendrait ne différerait pas de celui de la métrite chronique. M. Gailard dit qu’il est d'accord avec les auteurs qui revendiquent pour l’engorgement le droit de figurer dans une description nosologique, mais avec cette restriction qu'il y figure non comme entité morbide dis-

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