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tincte, mais comme des simples modifications, ou an des degrés divers d’un même état morbide : l’inflammation. Nous pensons et avec notre maître le D' Cheron et avec le professeur Courty, que l’engorgement de j’utérus doit être admis comme entité morbide bien définie, au même titre que la congestion de cet organe; il présente des signes caractéristiques qui le distinguent des autres états morbides qui, comme lui, s'accompagnent d'augmentation de volume de l’organe. L’utérus en état d’engorgement présente une tuméfaction permanente, cette tuméfaction est constituée au point de vue histologique par la présence d’une matière amorphe, demi solide ou liquide, entre leséléments anatomiques et qui les tient écartés; quand cette matière est liquide, elle tient en suspension des granulations moléculaires généralement graisseuses. Le col se présente augmenté de volume, mais ce gonflement n’est pas accompagnédela coloration violacée de la métrite; il est pâle, biafard comme œdématié ; en outre, il est mou sans être saignant et ne donne au toucher ni la sensation de chaleur ni de douleur de la métrite et de la congestion. L’engorgement peut exister seul, engorgement simple ou coexister soit avec la congestion ou avec l'hyperthrophie, soit avec l’inflammation de l’organe; mais dans ces casles caractères des autres états morbides effacent ceux de l’engorgement. L’engorgement simple a une existence propre, indépendante de l’action localisée des causes prochaines autres que les troubles mécaniques de la circulation, et procède tantôt de la congestion, tantôt de la stase ; son aspect variera avec son âge, il répond à toute une série d'états normaux de la nutrition qui sont compris entre la congestion récente et la stase ancienne, états normaux qui avec le temps se transforment les uns dans les autres, non pas d’une façon capricieuse, mais suivant un processus sensiblement fixe.
Les causes prochaines de l’engorgement résident dans les troubles mécaniques de la circulation.
En présence de l’embarras circulatoire, congestion ou stase, qui a causé l’engorgement, quelle est l'indication dominante? Désobstruer si la chose est possible, imprimer à la circulation une activité artificielle susceptible d’être réglée, en opérant une espèce de drainage de l’organe, favorisant en même temps dans la plus forte mesure possible le processus de résorption nutritive: l’ignipuncture est toute indiquée, elle remplit ces conditions.
L'ignipuncture est aussi indiquée dans l'allongement hypertrophique du col de l’utérus.
Cette affection a été bien étudiée par M. Huguier. Sa nature essentiellement chronique, l’obstination avec laquelle elle résiste à tous les traitements en font une maladie telle, que l’on ne saurait redouter dese servir contreelle d’untraitement énergique. L'idée d'employer la cautérisation dans cette affection n’est pas nouvelle; Simpson, Bennett, Ch. West et surtout le professeur Courty l’ont préconisée. Puisqu’on a traité cette affection par des caustiques chimiques, nous croyons qu’on pourrait se servir avec avan— tage de l’ignipuncture qui dans ce cas sera un puissant moyen de dérivation par la suppuratiou qu’elle établirait, et on obtiendra la déplétion de l’organe et on réveillerait la faculté d'absorption.
Il est évident que si la maladie est arrivée à un degré assez avancé pour réclamer l’amputation, il en sera de l’ignipüuncture comme des autres moyens palliatifs qu’on emploie; mais nous croyons que dansles allongements récents elle pourra donner de bons résultats, et c'est dans ces cas
que nous la conseillons.
Nous pouvons dire, d’une manière générale, que l'ignipuncture est contre indiquée toutes les fois qu'on trouve un état d'inflammation aigu, soit du côté de l’utérus, soit du côté de ses annexes, et c’est pour n'avoir pas suivi cette règle générale, ou pour l’avoir méconnue qu’on a vu et qu’on voit très souvent des accidents arriver à la suite d’une cautérisation ignée.
L'ignipuncture est contre-indiquée dans la période inflammatoire de la métrite parenchymateuse, dans cette période qui est très douloureuse, le tissu utérin est mou, gorgé de sang, il y a hyperhémie générale, les vaisseaux sont distendus et entourés par un grand nombre d'éléments embryonnaires ; en pratiquant la cautérisation ignée à cette période, on s’exposerait non seulement à voir l’inflammation se propager au tissu cellulaire périutérin, à la trompe, à l’ovaire et jusqu’au péritoine, mais à avoirdes hémorrhagies très abondantes, étant donné l’état des vaisseaux à cette période de la maladie. C’est ce qui est arrivé chez une malade dont M. Rollet rapporte l'observation dans sa thèse inaugurale. M. Rollet accuse le cautère Paquelin d’être la cause de l’hémorrhagie, et il parle de ce fait pour rejeter l'emploi du thermocautère dans la cautérisation du col de l'utérus. |
Le cautère actuel aussi bien que n'importe quel cautère aurait déterminé une hémorrhagie dansce cas, la malade étant dans la première période de la métrite, période de la maladie dans laquelle il fout s'abstenir d'employer l’ignipuncture. |
L’ignipuncture est contre-indiquée dans la congestion
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hemorrhagipare, surtout la congestion récente, celle qu’un mouvement fluxionnaire prononcé précède ou accompagne. Ainsi, on ne doit pas pratiquer cette opération dans les quelques jours qui précèdent et qui suivent les règles.
Dans la congestion avec ramollissement de l’organe, où il y a injection avec ramollissement du tissu utérin, dilatation de vaissaux qui forment de véritables sinus; dans les inflammations péri-utérines, comme sont les adéno-lymphagites péri-utérines, phlegmons, pelvi-péritonites, toutes les fois qu’il existerait une de ces lésions la cautérisation ignée est contre-indiquée. La grossesse est-elle une contre-indication à l’ignipuncture ? Pour M. le professeur Courty, cette opération peut être pratiquée chez les femmes enceintes lorsque l’utérus se trouve affecté d’un de ces états morbides dans lesquels l’ignipuncture est indiquée et il dit que l’on peut la pratiquer depuis la fin du premier mois jusqu’au sixième mois sans crainte de provoquer aucun accident, même l’avortéement; au contraire, dit-il, « un des résultats les plus avantageux de la cautérisation dans ces cas est d'augmenter les chances qui peuvent faire éviter cet accident.» (Courty, Traité des maladies de l’utérus). Malgré la grande opinion et la haute valeur du savan professeur de Montpellier, nous pensons avec notre maître le D' Chéron, que l’ignipuncture doit être interdite dans la grossesse, L’utérus en la période de grossesse se trouve dans un très grand état de sur activité, et nous voyons qu'il suffit de la moindre cause, la plus simple émotion, le moindre choc, pour provoquer la contraction de l'organe et l’avortement, à plus forte raison nous pensons que l'introduction de la pointe ignée dans le tissu utérin réveille ces contractions et provoque l’avortement : aussi rejetons-nous cette opération n'importe à quelle période de la grossesse,
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