‹ Indications et contre-indications du transport par avion dans les affections chirurgicales: de l'abdomen, du thorax et du crâneChapitre 27 sur 68 · ANS · texte numérisé non relu

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Enfin, beaucoup de ces blessés ont été sauvés, qui seraient certainement morts si l'intervention avait été retardée encore, faute de moyen de transport aussi rapide. Les statistiques auraient été encore beaucoup plus mauvaises, Si lon n'avait pas utilisé l'avion. ‘Nous pensons donc, aussi bien dans la pratique civile que dans les évacuations de guerre, qu'une aggravation légère, non pas certaine, mais possible, est de bien peu de poids en regard du bénéfice d'une intervention précoce qui m'est possible que par l'avion.

Une seule observation de contusion de l'abdomen, non opérée (A. XIL), ne nous permet guère de lirer de conclusion clinique.

Cas obstétricaux.

Un cas de rupture de grossesse extra-utérine, déjà cité (A. LXVI), présente un double ‘intérêt : d'une part, il montre qu'on péut, avec succès, transporter par air, une hémorragie de cette nature : d'autre part, historiquement, il fut l’occasion de la mort du médecin-colonel Picqué. Celui-ci était venu par air à Cazaux, voir cette femme d'officier, avait fait le diagnostic et prescrit le transport à Bordeaux pour intervention ; pendant le retour, il trouva une mort glorieuse dans un accident de l'avion à bord duquel il avait pris place, tandis qu'il avail envoyé la malade dans le sien propre.

Nous avons pu réunir 3 cas de grossesse à terme : 2 fois (A. LXIV et LXV), il y aurait eu accouchement en avion; 1 fois (A: LXIII), il ny eul aucun incident pendant le transport et l'accouchement se fit normalement après l'atterrissage. Mais nous n'avons pas assez de détails pour conclure quoi que ce soit Nous ne serions pas surpris que la dépression et les remous aient une influence sur le travail ; c’est une question qui mériterait d’être étudiée complètement, car êlle peut avoir une grande importance sociale.

Opérés de l'abdomen.

Nous croyons qu'il est assez rare qu'on ait à transporter des opérés par avion; néanmoins fl est possible que, dans la pratique civile, le cas se présente dans cerlaines circonstances ; c’est pourquoi nous avons réuni les trois observations que nous avons trouvées,

Deux choses sont à considérer: l’état de shock el la solidité de la paroi abdominale. Dans un cas (A. 34), l’anesthésie locale avait réduit le shock opéraloire au minimum el le transport avait eu lieu le lendemain; dans les deux autres cas (A. 33, A. LV]. on a Lransporté au bout d’une semaine, le shock opéraloire élail donc fortement atténué,

La paroi abdominale était ouverte dans un cas (A: 33) sur lequel nous nous sommes déjà étendu suffisamment (voir p. 26); elle avait été reconstituée dans le % cas (A. 34) et probablement aussi dans le 3% (AS YEN).

Tous ces transports se sont effectués sans le moindre incident.

Affections abdominales diverses.

Enfin, — pour appuyer l'argumentation soutenue au chapitre I, et qui nous amenait à conclure, p. 28, qu’on ne devait pas craindre une perforation provoquée par la dépression atmosphérique, en cas de « fragilisation » du tube digestif non accompagnée de lésion de la paroi abdominale — nous avons signalé un certain nombre de typhiques (A XL à A. L.) et de dysentériques (A. LL LXVII, LXVIIT), transportés par air, et certains à haute altitude, sans perforation. En particulier, pour ce qui est des typhiques signalés, ils ont tous été reçus par M. le médecin commandant Sontag, médecin-chef de l'Hôpital Militaire de Marrakech, qui nous a déclaré formellement n'avoir jamais observé chez eux de perforalion intestinale.

Nous pensons que dans l’observ. A. XLI, il faut attribuer à une lésion cardiaque le décès survenu le jour même du transport.

Pour terminer, nous avons réuni quelques affections abdominales, habituellement étudiées dans les traités de Pathologie chirurgicale : abcès du foie (A. XIX à XXII), hépatité amibienne (XXIII), colique hépatique (XXIV), cholécystite (XXV), péritonite tuberculeuse (XXVI), qui ne paraissent pas avoir élé fâcheusement influencées par le transport. En effet, les deux décès ne semblent pas devoir lui être attribués : l’un (XX VI) étant survenu plus de trois semaines après le voyage, l’autre (XXIT) étant

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manifestement en rapport avec des lésions suffisamment graves en SOi.

La conclusion de ce chapitre nous semble devoir être fort optimiste: nous ne croyons, PA qu'on doive regretter d’avoir utilisé l'avion dans aucun des cent trois

cas rapportés. Mais il faut tout de même se souvenir qu'un voyage en avion n’est pas toujours un jeu innocent, surtout pour des malades et des blessés; peut-être a-t-on parfois omis de pratiquer, avant le départ, un examen médical complet, et en particulier cardio-vasculaire ? Cette omission ne sera pas pardonnable en pratique civile ; le médecin qui demande l’évacuation et préside au départ doit prendre ses “esponsabilités à ce point de vue, comme aussi il ne doit pas attendre plusieurs jours pour envoyer au chirurgien une péritonite aiguë ou une occlusion

intestinale : « nil novi ».

CENRDERE CAMES

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