‹ Indications et contre-indications du transport par avion dans les affections chirurgicales: de l'abdomen, du thorax et du crâneChapitre 28 sur 68 · CONDUITE A TENIR · texte numérisé non relu

CONDUITE A TENIR

Avant de passer en revue les principales affections chirurgicales de l'abdomen, il importe d'envisager d’abord les contre-indications communes à tous les cas. Dans un premier ordre d'idées, la contre-indication est indépendante de la maladie pour laquelle se pose la question du transport en avion; elle provient d’une affection médicale préexistante, telle que lésion cardiaque, pleuro pulmonaire, nerveuse, elc.

Imaginons, par exemple, le problème qui se poserait au sujet d'une crise d’appendicite chez un épileptique, où d’une plaie grave d’un membre nécessitant une Opération, chez un tuberculeux pulmonaire porteur d’un pneumolhorax, ou d’une perforation intestinale chez un typhique avec atteinte cardiaque grave, ou même d'un simple accouchement chez une mitrale.

Nous ne pouvons résoudre tous ces cas. Il suffit qu'on sache, qu'en regard d’une indication chirurgicale absolue, il peut co-exister une contre-indication médicale absolue ou relative : absolue, elle entraîne isoil le déplacement du chirurgien, soit l’utilisation d’un autre moyen de transport ; relative, elle nécessite, d’une part, la prise de certaines précautions avänt le départ; d'autre part, la présence du médecin ou d’un infirmier accompagnant le malade pendant le voyage.

Nous ne pouvons même pas énumérer toutes les contre-indications médicales; ce serait sortir du sujet, et d’ailleurs elles ont déjà été l’objet de plusieurs travaux.

Dans un autre ordre d'idées, la contre-indication est bien en rapport direct avec la maladie pour laquelle se pose la question du transport en avion, mais d'ordre

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général, Nous voulons dire qu'il faut tenir compte de l’état général du blessé ou du malade; parfois la gravité des lésions est telle qu'on ne peut raisonnablement envisager aucun transport.

Tuffier pensait que « pour les grands shockés « où anémiés par hémorragie, c’est la Chirurgie qui « doit aller au blessé et non le blessé au chirurgien »

Le transport du chirurgien est très discutable, nous y reviendrons plus loin. Pour les anémiés par hémorragie, les expériences dont nous avons parlé (p.30), amènent à l'opinion contraire. Quant au shock, nous pensons qu'il faut en tenir grand compte, mettre tout de suite en œuvre la thérapeutique médicale classique et retarder au besoin le départ d’une heure ou deux; il est à conseiller au médecin d'accompagner le patient afin de pouvoir, le cas échéant, continuer en! vol cette thérapeutique antishock, parmi laquelle la plus large place doit être réservée aux toni-cardiaques et à l'oxygène en inhalation, administré dès le départ. Notons au passage qu'on ne doit jamais faire d'injection gazeuse, en particulier d'oxygène, avant un transport en avion, sous peine de voir se développer un emphysème sous-cutané dont on ne saurait limiter l’étendue.

Enfin, il y a lieu de lenir compte aussi de la distance à laquelle doit être transporté le malade, de l'altitude à laquelle doit voler lavion, du mauvais temps, qui sont sans aucun doute des facteurs d’aggravation du shock ; car lorsqu'on envoie au chirurgien un sujet pour être opéré, il ne suffit pas que celui-ci arrive vivant, mais opérable. Cette réserve faite, nous ne pensons pas que le shock soit une contre-indication absolue; et, si le chirurgien ne peut venir, si toutes les précautions ont été prises, si l'intervention d'urgence est vraiment seule capable de sauver le malade, il faut savoir se décider, car à vrai dire, qu'y a-t-il alors à perdre ?

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