H. — DE QUELQUES VARIANTES DE TECHNIQUE
Nous avons essayé de réunir ici quelques détails de technique chirurgicale, qui, nous semble-t-il, pourraient avoir leur intérêt dans certains cas particuliers, soit que le chirurgien intervienne avant ou après le transport en avion.
Premier cas : transport par avion d’un opéré récent de l’abdomen.
Si l’état général est bon, il n’y a pas de conireindications ; ce sont des cas d'espèce. Si l’on a drainé, ilest bon, au pänsement précédant le départ, de décoller un peu les mèches ou le Mickulicz du pourtour de l’orifice cutané pour faciliter la sortie par la plaie opératoire des gaz péritonéaux ; par contre, on devra éviter de les tirer, même en partie, afin de ne pas les décoller des surfaces péritonéales viscérales ou profondes : on risquerait de créer une surface cruentée qui saignerait peut-être de manière appréciable en dépression.
S'il s’agit d’un drain, il suffit de s'assurer qu’il n’est pas bouché.
Deuxième cas: on prévoit, avant une intervention abdominale, le transport du patient dans un délai court (du 2e au 4 jour), c’est-à-dire avant l’évacuation des gaz et la technique normale serait de fermer la paroi primitivement, sans aucun drainage.
Nous pensons qu’il serait peut-être judicieux de placer un tout petit drain, traversant très obliquement les différents plans de la paroi et destiné à faciliter la sortie des gaz péritonéaux, qui se dilatent en altitude. Il suffira de s'assurer seulement de sa vacuité au moment du départ,
le retirer dès l’arrivée, ou même, si l’on peut faire le pansemeni dans lPavion, au commencement de la descente… Il n'y aurail pas d'inconvénient pour Îa solidité future de la paroi; d’ailleurs, pour plus de sécurité, il suffirait de poser des fils d’ attente (crins doubles) pour être serrés au premier pansement, lors de l’ablation du
drain.
Troisième cas : transport par avion d’un opéré récent du thorax.
Si le poumon a été intéressé, soit par le traumatisme initial, soit par l'intervention, il né faut transporter l’opéré dans aucun cas, de crainte d une hémorragie secondaire.
Si la plèvre est seule intéressée, on ne pourra transporter que dans des cas vraiment exceptionnels, le mieux étant d'attendre au moins 15 jours. Si l'intervention comporte un drainage, rien de spécial; si elle n’en comporte normalement pas, on pourrait utiliser une technique analogue à ce qui vient d’être décrit pour l'abdomen, mais là, plus encore, il y aurait intérêt à retirer le drain en cours de vol.
Mais dans tous les cas, il faut utiliser l’inhalation d'oxygène et les toni-cardiaques.
Enfin, on ne transporlera, sous aucun prétexte, les opérés du cœur, ni du crâne, avant trois ou, quatre semaines.