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OBSERVATION III (INÉDITE

Hémiplégie droite. — Aphasie motrice

L... L..., soixante-dix ans, tailleur de pierre, Salle Saint-Bernard.

Père mort à trente-cinq ans; pas de renseignements. Mère en bonne santé.

Le malade est alcoolique ; il est fortement artério-scléreux. Son état ne nous permet pas d’avoir beaucoup de renseignements sur ses antécédents, soit héréditaires, soit personnels.

Il y a environ cinq ans, vers le mois de juillet, L... se trouvait assis sur un banc de l'Esplanade, après son déjeuner, lorsqu'il sentit tout à coup un malaise général. Il eut cependant le temps de se rendre à son domicile, et quelques instants après il se trouvait paralysé de tout le côté droit. En même temps, impossibilité de prononcer une seule parole. Pas de perte de connaissance.

Le 6 octobre de la même année, il entre à l'Hôpital Suburbain salle Fouquet. M. le professeur agrégé Sarda, chargé du service, constate une hémiplégie droite avec aphasie. Voici, d’ailleurs, les renseignements fournis par les notes du service :

Le malade comprend très bien tout ce qu'on lui dit, mais ne peut articuler aucun nom. Illitun peu, mais avec beaucoup de difficulté.

NO ee

C'est ainsi qu'après une longue réflexion il réussit à lire le mot « hôpital » sur son billet d'entrée. Le malade entre dans une violente colère, fait des gestes d'impatience et de désespoir en voyant l’impossibilité absolue de transmettre toute réponse aux questions qu’on lui pose et qu'il comprend fort bien. Quand on lui demande son âge, il compte sur ses doigts jusqu’à soixante, mais ne peut arriver à compter les cinq unités qui suivent, malgré tous ses efforts. Le malade à beaucoup de difficulté à porter la langue au dehors : il l'attrape avec ses doigts. Hémiplégie droite. Hémianesthésie du même côté. En même temps, un peu d’agraphie; nous avons sous les yeux des spécimens de son écriture; c’est à peine si on peut lire le nom du malade; les lettres sont toutes déformées et incomplètes ; on voit qu'il y avait beaucoup d’hésitation. Diminution de la force musculaire. Au dynamomètre, MG — 52. MD — 20. Cœur normal; un peu d'éclat diastolique. Eau de Balaruc en boisson.

Le 15 octobre, on constate une augmentation de l’aphasie. Hémianesthésie et agraphie.

Au mois de décembre, le malade allait mieux au point de vue de son hémiplégie, mais l'aphasie était toujours au même degré.

De l'Hôpital Suburbain, le malade est envoyé à l'Hôpital Général, même état.

En 1893, L... est envoyé à Balaruc à deux reprises, au mois de mai etau mois d’août : boisson, bains, pédiluves ; amélioration du côté de la paralysie.

En 1894, nouvelle saison : boisson, bains, pédiluves, douches.

Etat actuel.— On constate, après la saison à Balarue, une amélioration très notable du côté de ja paralysie. La sensibilité est revenue : la motilité est assez étendue, bien que le malade traîne encore la jambe pendant la marche, qui s'effectue à l’aide d’une canne.

L'aphasie est toujours stationnaire. L... s’impatiente de ne pouvoir dire bonjour quand on le lui ordonne. Il ne peut arriver à déterminer son âge. Compte bien à partir d'un jusqu'à vingt; mais, si on le fait commencer par un chiffre intermédiaire, il ne peut y arriver. Agraphie. Cécité verbale. Pas de surdité verbale. On lui ordonne de chanter la Marseillaise : 11 fredonne l'air, mais ne peut y adapter aucune parole. — Donc aucune amélioration de son aphasie par les eaux de Balaruc.

OBSERVATION IV (INÉDITE) Hémiplégie droite. — Aphasie

B... J..., quatre-vingt-un ans, ébéniste. Salle Saint-Charles, n° 8. À la mort de son père, était à peine âgée de trois ans : a cependant entendu dire, par sa famille, que son père était mort à la suite d’un accident. Sa mère est morte d’une attaque d’apoplexie. Pas d’autres renseignements.

Le malade contracta les fièvres paludéennes vers l’âge de neuf ans : il habitait alors Saint-Gilles, dans le Gard. Marié, il a eu un enfant, mort à l’âge de deux ans. Ne nous déclare aucune maladie. Avoue avoir fait des excès de tabac et d'alcool. Tempérament sanguin.

Il y a trois ans et demi environ, B... était occupé à piocher à sa petite maison de campagne. Il fut pris brusquement d'un violent mal de tête, et fut obligé de suspendre son travail, pour aller se reposer sur un banc situé à côté. On le conduisit de là à sa chambre, où il perdit aussitôt connaissance. Une fois revenu à lui, il était paralysé de toutle côté droit. Il avait en même temps perdu complètement l'usage de la parole. Pas d’abolition de la sensibilité : M. le professeur Grasset, appelé immédiatement, fit appliquer des sangsues aux malléoles, et ordonna un lavement purgatif. L’aphasie dura environ trois mois.

Il y a un an et demi, notre malade eut une nouvelle attaque dans son lit, mais de courte durée. Il sentit des fourmillements dans sa jambe droite et perdit momentanément l'usage de la parole. Au bout de quelques instants, tout rentra dans l’ordre ; le malade resta hémiplégique droit.

Le 18 octobre 1893, il rentre à l'Hôpital Général, dans le service de M. le professeur Hamelin. Le malade est soumis à l'iodure.

Au mois de mai 1894, il est envoyé à Balaruc, où il fait une saison d’une quinzaine de jours. Il buvait un demi-verre d’eau tous les matins. N'a pris que deux bains pendant toute la durée de la saison. Aucune douche ne lui a été administrée.

Après cette cure à Balaruc, une amélioration notable s’est produite, surtout du côté de la motilité ; la marche notamment s'effectue bien mieux qu'avant son déparL.

Etat actuel. — Le malade se plaint d’éprouver souvent des vertiges.

TO ON me La motilité est diminuée dans le membre supérieur droit; le bras est difficilement porté en abduction; le malade l'élève bien un peu, sans pouvoir l’éloigner du corps; il y a en même temps de la contracture. L'avant-bras est en légère flexion, et les doigts fortement fléchis dans la paume de la main; les mouvements ne peuvent pas se faire, et le malade est obligé d'avoir recours à sa main gauche pour les porter dans l'extension. La sensibilité est à peu près normale: il y a cependant un peu de retard dans la perception.

Au membre inférieur, les mouvements sont assez limités ; la jambe est assez difficilement portée soit dans l'extension, soit dans la flexion. Il y a de l'exaltation du réflexe rotulien. La marche se fait cependant assez bien, mais à l'aide d'une canne. Le malade tient sa jambe complètement raide : il décrit un demi-cercle, fauche et accroche continuellement le sol avee la pointe du pied. Pas d’atrophie musculaire.

Les troubles de la parole ont à peu près complètement disparu: il n'y à plus d'aphasie. Un peu de diminution de la force musculaire du

côté paralysé.

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