OBSERVATION V- (INÉDITE
Hémiplégie gauche
E... P..., cinquante-six ans, épicière, salle Rédier, n° 6.
Son père est mort d'une pneumonie à l'âge de quatre-vingt-huitans. Sa mère est morte hémiplégique à soixante-cinq ans, après une attaque d’apoplexie, Étaient neuf enfants : deux sœurs sont mortes foudroyées par une attaque d’apoplexie; un frère, âgé de soixante-cinq ans, est hémiplégique. Il y a là un cas très curieux d'hérédité.
Notre malade, réglée à douze ans, s'est mariée à vingt-trois, et n'a jamais eu d'enfants. À eu une fluxion de poitrine à l’âge de quarante ans, et depuis, à de temps en temps quelques poussées de congestion pulmonaire. C'est une femme forte et vigoureuse. Tempérament sanguin. Ménopause à l’âge de cinquante-quatre ans.
Le 10 janvier 1891, à son réveil, P... éprouva quelques fourmillements dans le membre inférieur gauche ; elle’ s’habilla et descendit à son épicerie, comme d'habitude. Une de ses clientes lui trouva la fi-
gure bouleversée et lui en fit part ; la malade se plaignait d’un léger malaise, et, voulant répondre à sa cliente, s’aperçut alors qu’elle ne pouvait plus prononcer aucun mot. Elle va immédiatement chez un pharmacien, situé à côté, qui (après lui avoir délivré un médicament) lengage à se coucher. Les traits de son visage étaient déviés à droite et son bras gauche paralysé. Le membre inférieur gauche était simplement parésié: la malade avait d’ailleurs pu marcher sans difficulté. Il n’y eut pas de perte de connaissance ; l’aphasie ne fut que transitoire.
Comme traitement, la malade se rendit, pendant près de trois mois, chez M. le docteur Regimbeau : on lui fit des applications d’électricité.
Ne voyant survenir aucune amélioration dans son état, P... demande à entrer à l'hôpital. Au mois de septembre 1892, elle est admise à l'Hôpital Général, dans le service de M. le professeur Sarda, qui soumet la malade au traitement par l'iodure.
La malade est envoyée à Balaruc pendant les mois de mai et août 1893; elle fait chaque fois une saison d’une quinzaine de jours. Boissons. Bains. Pédiluves. A son retour, légère amélioration du côté de la motilité du membre supérieur gauche.
En mai 1894, M. le professeur Sarda l’envoie faire une nouvelle saison à Balaruc. Boissons. Bains. Pédiluves. Douches. Pas d’amélioration sensible.
État actuel. — 1] n’y a plus aucun trouble du côté de la parole, qui s'effectue normalement.
Du côté du membre inférieur gauche, tout paraît être rentré dans l’ordre normal ; la parésie à disparu et la malade marche fort bien.
Il n’en est pas de même dans le membre supérieur gauche, la motilité est très amoindrie. La malade élève difficilement son bras; elle ne peut d’aucune facon le porter sur sa tête. Du côté des doigts. les mouvements sont aussi très diminués. L'avant-bras ne peut être fléchi sur le bras ; il y à un peu de contracture.
La sensibilité est normale.
Pas d’atrophie musculaire. Un peu de diminution de la force musculaire.
ENGOE-