CHAPITRE II
Situation. — Climat. — Établissement. — Saisons
Balaruc-les-Bains est un village de 600 habitants environ, situé au midi de la France, dans le département de l'Hérault.
Les thermes se trouvent à l'extrémité d’une langue de
terre qui s’avance dans le magnifique étang salé de Thau. On pourrait croire que la vieille réputation des eaux minérales de Balaruc a dû contribuer au développement et à lembellissement du village ; il n’en est rien : les habitants s'occupent exclusivement de la culture de la vigne. : De Balaruc, le baigneur peut jouir d’un coup d'œil magnifique : au sud, séparée par le vaste étang de Thau, s'élève, à 4 kilomètres environ, la ville de Cette avec sa jolie montagne parsemée d’une quantité de villas ; plus loin, sur les côtés, on aperçoit la ville d'Agde et sa colline, surmontée d’un phare; dans le fond se dessine, majestueuse, la chaîne des Pyrénées.
À l’ouest, sur les bords de l’étang, on rencontre les villages de Mèze et de Bouzigues; au nord, Balaruc-le-Vieux et Poussan, au nord-est, on trouve les collines de la Gardiole, qui séparent Balaruc de son chef-lieu de canton, Frontignan, dont les délicieux muscats sont universellement connus.
Le village est relié à la route nationale qui mène à Montpellier. On vient de créer ces dernières années une ligne de
LA RE AE chemin de fer, longeant les bords de l’étang et reliant Cette à Monbazin-Gigean.
Balaruc-les-Bains possède une gare: un service d’omnibus amène les baigneurs à l'établissement, éloigné de 1,200 mètres On peut encore se rendre à Balaruc par l'étang de Thau: un service de bateaux à vapeur est établi à Cette; la traversée se fait en vingt minutes.
Le climat de Balaruc est d’une extrême douceur ; le village est à 3°75 au-dessus du niveau de la mer; les collines de la Gardiole abritent Balaruc; le mistral n’y souffle pas ; pendant les journées des mois de juillet et d'août, le voisinage de l'étang et le vent de la mer contribuent à tempérer les ardeurs du soleil. Les brouillards sont très rares, et les fièvres sont à peu près inconnues dans le pays. |
L'établissement thermal, construit sur la source, date de 1712, comme on peut le voir sur la clef de voûte. Il fut tout d’abord bien rudimentaire, puisque l’on se contenta d’abriter la source. En 1752, la famille de Vichet fit construire un hôtel-restaurant, en 1837, M. Boudon de la Roquette obtint du gouvernement la faveur d’un périmètre de protection et aménagea l'établissement. En 1863, M. Fayard, pharmacien à Lyon, devient acquéreur de létablissement et l’améliore. Ce sont de riches capitalistes de Narbonne qui en sont aujourd’hui les propriétaires.
Dans l'établissement actuel, d’après M. Planche, on trouve une buvette abritée par une grande lanterne. L'eau thermale s'écoule d’un robinet par jet continu dans une grande coquille en fonte, et celle qui n’est pas utilisée en boisson se perd constamment dans le canal de fuite. L’eau est puisée dans un bassin par une machine à vapeur. Il y a deux piscines : une de ces piscines est affectée au service de l'hôpital, 33 cabinets de bains ainsi répartis :
12 cabinets pour bains simples.
EE 8 cabinets pour boue et bains. 4 — pour boue et lotions.
4 — pour boue et douches.
5 — pour boue, bains et douches utérines mobiles.
Il y à aussi 4 salles de douches : ? pour douches générales et 2 pour douches ascendantes.
Le nombre des cabinets va même être augmenté cet hiver.
On voit que de nombreuses améliorations ont été apportées à tout ce qui concerne l'établissement balnéaire.
A côté de l’établissement thermal se trouve lhôpital civil et militaire, sous la dépendance de l'administration des hospices de Montpellier : il renferme 84 lits. En vertu d’un droit ancien confirmé par les tribunaux, l'établissement doit fournir l’eau à lhôpital pendant certains mois de l’année. En face l'établissement, on à construit un hôtel, entouré d’un vaste parc.
Nous devons reconnaître que, si l'établissement balnéaire a été avantageusement amélioré et répond aux exigences de la science moderné, on n’a rien fait au point de vue de l’embellissement de la station et des distractions si recherchées des baigneurs. Aussi, malgré lefficacité réelle des eaux de Balaruc, beaucoup de malades vont-ils chercher ailleurs l’amélioration et le rétablissement de leur santé. Il en sera ainsi tant que nous ne verrons pas à Balaruc des hôtels, des promenades, un casino et des salles de jeux!
Tristes conséquences de nôs mœurs actuelles qui nous font sacrifier le côté scientifique au côté mondain !
L'établissement de Balaruc est ouvert au public du 1% mai au 31 octobre.
Il est une vieille coutume à Balaruc, nous dit M. le docteur Planche, qui consiste à venir y faire deux saisons balnéaires pendant l’année. Les malades y viennent d'abord en
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PT 1 RE mai ou en juin, puis en septembre ou en octobre; les mois de juillet et d'août ne voient pas affluer beaucoup de malades, à cause des chaleurs trop fortes: c’est un tort, car ce sont là les deux mois les plus favorables au traitement du lymphatisme et de la scrofule. Les paralytiques, au contraire, font bien d'aller passer ces deux mois à la campagne.
La durée des saisons est d’une vingtaine de jours. C’est du moins l'usage érigé en règle fixe par les malades. Il est certain que la durée du traitement sera basée sur une foule de conditions que le médecin traitant peut seul apprécier.