CHAPITRE III
Caractères et composition de l’eau
Les eaux de Balaruc appartiennent à la classe des eaux chlorurées sodiques fortes.
Avant de parler des propriétés de ces eaux, rappelons qu'il a existé plusieurs sources à Balaruc. En 1867, la commune fit creuser un puits et on trouva une eau, à la température de 24 degrés, ayant les mêmes propriétés que celle de l’établissement. Plus tard, en 1873, un habitant du pays, M. Bidon, fit creuser dans sa propriété : l’eau découverte avait une température de 20 degrés.
Ces deux sources existèrent à peine quelques années: elles sont aujourd'hui complètement abandonnées. Il n’y a qu’une seule source à Balaruc; c’est de cette source seule que nous parlons dans notre travail.
« L'eau de Balaruc est d’une limpidité parfaite et n’a aucun mauvais goût. Elle est salée, légèrement amère et laisse un arrière-goût de cuivre dans la bouche. Elle n’est pas en général prise avec dégoût, même par les enfants. La température aide aussi à lingestion de plusieurs verres sans trop de fatigue; elle est inodore. Quoique la quantité de sels qu’elle contient soit assez considérable, sa minéralisation, bien que riche, ne l’est pas à dose massive; aussi peut-on l'administrer telle qu’elle est, pure et sans aucun mélange. Elle contient assez de gaz pour être légère, aussi est-elle sup-
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portée par les estomacs les plus débiles. Il n’en est pas ainsi quand elle est froide ; alors elle est lourde, pèse sur l'estomac et son goût amer est bien plus développé; ses effets purgatifs sont alors bien diminués » (A. Planche).
La température normale, à peu près constante, est de 475 à 48° centigrades. Cette température est souvent trop élevée pour les effets à obtenir ; aussi est-on obligé de laisser refroidir l’eau dans un réservoir pour la mêler ensuite à l’eau thermale et obtenir ainsi une température moyenne.
De nombreuses analyses ont été faites de l’eau de cette source ancienne : nous trouvons, en 1804, l'analyse de Brongniart, celles de Saint-Pierre et Figuier en 1809, de M. Rousset en 1840, de MM. Marcel de Serres et Louis Figuier en 1848. L'analyse la plus récente a été faite en 1861 par M. Béchamp, professeur de chimie à la Faculté de médecine de Montpellier, et par son préparateur A. Gautier, aujourd’hui professeur de chimie à la Faculté de Paris.
On trouve, dans ces diverses analyses, de légères différences dues sans doute au choix de la méthode ou aux nouveaux perfectionnements de la science. ù
Voici les résultats de l'analyse publiée par MM. Béchamp et Gautier dans le Montpellier médical de 1861 :
Chlorure de sodium. . . . 7,0451 — dette ee 0,0072 —— ACICULN TER ASE 0,0007 — de magnésium, . 0,8890 Bromure de sodium. . . . . traces Sulfate de potasse . . . : . 0,1459
RS JO ERA re re 0,9960 Bicarbonate de chaux. . . . 0,8350 — de magnésie. . 0,2167
INRA TO SR 2 Are AE rer de traces
Et a Acide'siliciquet 2146.20000#0,0728 =: boriqueot jui 21058 0080/0068 Alumine . AE AE Manganèsers 4e 4e #memb0; 001 Acide phosphorique . . . .
Oxyde de ferrumnms « +: 0,001?
Acide carbonique . . . . . 0,0984 L'OtaUR AE er el 0 20 TI Azote et oxygène . : . . k DD CC,
M. Béchamp démontra également que l’eau de Balaruc n'était pas arsenicale : l’arsenic qui avait été trouvé par quelques analystes provenait des tuyaux de distribution de l’eau. Le savant chimiste réfuta aussi l'opinion fort longtemps répandue que la source de Balaruc avait une origine sousmarine : en effet, de l’eau prise au loin, dans l’étang, fut analysée ; on y trouva de l’iode et pas de cuivre, tandis que l’eau de la source renferme du cuivre et pas d'iode. L’eau thermale de Balaruc n’a donc rien de commun avec celle de l’étang.
L’eau de Balaruc, conclut M. Béchamp, est une eau thermale salée : il n'y a donc pas lieu de la confondre avec les eaux salées froides, dont elle diffère par sa composition et ses propriétés. En second lieu, l'analyse chimique et l’analyse clinique font des eaux de Balaruc un membre de la famille à laquelle appartiennent Wiesbaden et Bourbonne-les-Bains. Comme elles, elles sont thermales, salées, magnésiennes, cuivreuses ; de plus, elles sont purg'atives.
Nous examinerons dans la seconde partie de notre travail l’action physiologique et thérapeutique des eaux de Balaruc, en parlant des diverses affections qui nécessitent leur emploi.