OBSERVATION Î
(Soubeyran et Rives)
Pyonéphrose tuberculeuse, — Néphrectomie.— Guérison. \
Léontine P.…., de Courthézon (Vaucluse), àgée de 38 ans, entre le 10 juin 1910 à la villa Fournier pour une suppuration. du rein droit.
Ses antécédents indiquent que c’est une femme dont la santé est fragile ; elle est fluette, sujette à s’enrhumer, mais elle n’a jamais fait de grave maladie. Il ÿ a un an, elle fut opérée à Nimes pour une déviation utérine, et on lui fit une hystéropexie.
Peu de temps après, il y a 8 mois environ, elle se mit à souffrir du côté de la région lombaire droite, puis les urines devinrent troubles et un amaigrissement considérable survint, pas d’hématurie, pas de douleurs vésicales, ni de fréquence à la miction. Etant de passage à Montpellier, la malade consulte M. le docteur Jourdan, qui Jui fit la division vésicale des urines, et l'analyse
PU AL faile par M. le docteur Derrien, professeur agrégé, donna les résultats suivants :
ANALYSE DES URINES (28 avril 1910).
Urine totale Réaction acide
Urée (indice hypobromique). Il gr. 15 p. 1000 Chlorure (en NaGt). 21,40 7,0 p. 1000 Albumine: tenta ere nr de LED aROOE Urine séparée Urine droite (côté malade) Ürine gauche Noluennttnen 9 cenlim. cubes. 17 centim. cubes. Réaction ....... faiblement acide. faiblement acide. Urée (i. hyp.)... 1 gr. 1 p. 1000. 18 gr. 2 p. 1000. NAS am 5,2, p. 1000. 8,19 p. 1000.
Albumine ...... près de 1 gramme. près de 1 gramme. Culot de centrifugalion....... pus, rares hématies, Nombreux cristaux quelques cristaux d’a- d'oxalate de chaux, cide urique et d'oxa- quelques hématies.
late de chaux.
La malade vient nous consulter en juin 1910, et nous lui conseillons l’ablation du rein malade.
ETAT ACTUEL (15 juin 1910). — Femme amaigrie, mais
encore vigoureuse et énergique. On sent dans la région
lombaire, , par le palper bimanuel, un rein droit, très augmenté de volume, bosselé, douloureux et assez mobile ; les urines sont purulentes et laissent dans le bocal un épais dépôt blanchâtre. N
Le rein gauche n'est ni douloureux, ni augmenté de volume.
OPÉRATION le 20 juin 1910. — Anesthésie à l’éther, incision lombaire droite de Guyon ; opération facile, on arrive rapidement sur le rein droit, autour duquel il y a
FT
dem Le 10 déjà de la périnéphrite, la graisse périrénale est dure et compacte : le rein est saisi, dégagé et amené entre les lèvres de la plaie : son pédicule est court, l’on n'ose trop ürer dessus ; deux pinces courbes sont placées sur fui et on enlève le rein ; ligature isolée des vaisseaux avec du fort catgut, puis du pédicule en bloc, drainage, sutures.
Suites opératoires parfaites, pas de suppuration, ablaon du drain au 6° jour, des fils au 9°, pas de fistule ; la malade sort guérie lrois semaines après.
PIÈCE ANATOMIOUE. — Le rein est gros : 7 cent. sur 11 cent. Il est très bosselé, et la face antérieure fortement convexe. Fragments de capsule adhérents. Sur une coupe médiane : hile plein de graisse dure, noyant un petit bassinet. La couche corticale est très amincie. La zone des pyramides est pleine de nodules caséifiées dont plusieurs étaient à contenu fluide et se sont évacués en laissant des cavernes. L'une de ces cavernes est grosse comme une noix, el à son niveau la corticale est très amincie. En ce point, l’évolution spontanée aurait sans doute amené la perforation du rein avec sans doute phlegmon périnéphrétique.
À relever dans cette observation : l'absence complète d'hématuries malgré le degré avancé des lésions ; le résultat nettement positif de la division intravésicale des urines, ce qui a quelque intérêt à ce moment-ci, où la tendance semble être de retirer à ce mode d’exploration une bonne parlie de la confiance qui lui avait élé accordée d’abord ; l'existence enfin d'une néphrite bilatérale marquée par la présence du même taux d’albumine dans l'urine des deux reins; cette néphrite était vraisemblablement toxinique et d’origine tuberculeuse. Par suite elle ne constituait pas un obstacle à l'opération, mais au contraire était un argument en sa faveur, le résultat
AD devant être de soustraire le rein gauche aux toxines émanées du foyer droit. Le résultat donne raison à ce calcul, puisque notre malade a fort bien supporté les suites opératoires et est resté en bonne santé depuis
celte époque.
OBSERVATION Il
(Lambert. — XXXVI: Congrès pour. l'avancement des sciences) ] ,
Tuberculose rénale droite. — La séparation des urines montre que le rein ‘droit tuberculeux n'élimine presque plus. — Le rein gauche fonctionne très mal. — Néphrectomie. — Après l'opération, la fonction du rein gauche devient normale.
Femme de 29 ans est envoyé à ma clinique par le docteur Saurain de Corbeny, pour pyurie, fréquence des mictions, état général très mauvais. Le début de ces symptômes date du mois d'août 1906.
À un premier exameh fait le 6 juin, je constate un rein droit volumineux, mais non douloureux, l'uretère droit est perceptible par le toucher vaginal: il est douloureux au toucher, la capacité vésicale est très diminuée; la malade urine en effet toutes les heures ; son urine, trouble en totalité, contient du bacille de Koch et ne dépasse pas le chiffre de 500 gr. par jour. |
L'examen cystoscopique de la vessie montre que le trigone est le siège d’une 1ntiltration tuberculeuse et qu'il existe quelques pétites uleérations siégeant autour de l’orifice de l’uretère droit ; l'une de ces ulcérations se trouve dans l’orifice même.
LE Re
Une première séparation des urines est faite le 7 juin. Elle donne les résultats suivants :
Rein gauche. — Volume : 4 cc.
Coloration jaune pâle, légèrement trouble, s’éclaireit par le repos ; le dépôt 1/15 environ du volume total est donc du pus vésical.
Rein droit. — Volume : 1 ce. 7.
-Coloration trouble en totalité, sensiblement incolore.
Rein gauche. — Urée: LH gr. 59.
Examen histologique : quelques/hématies, globules de pus. 5
Rein droil.— Urée: 5 gr. 43.
Examen histologique : pus en totalité, cellules rondes, cylindres.
Une deuxième séparation totale est faite le 10 juin 1906 :
Rein gauche. — Volume : 1 cc. 3.
ré ÆZior rer.
Coloration jaune.
Rein droit. — Volume :
Cirée%70r"8 7:
Coloration trouble et incolore.
L'ensemble des signes physiques et fonetionnels, les résultats donnés par l'examen eystoscopique de la vessie, par deux séparations d’urines, nous amènent à porter le diagnostic suivant : Tuberculose avancée du rein droit. Mauvais fonctionnement du rein gauche.
CCR.
Tuberculose vésicale.
J'interviens le 11 juin. Le rein découvert présente des adhérences sur toute sa face antérieure ; à l'ouverture il s'échappe un flot de liquide louche. L’organe est complètement creusé de cavernes, le reste du parenchyme est farci de granulations, l'uretère gros et dur
est lui-même infecté.
al: VUE
Malgré le mauvais état fonctionnel du rein opposé, je pratique la néphrectomie ; l'uretère est amené et fixé dans la plaie. Aussitôt l'opération, l'état général se releva sensiblement, les troubles urinaires diminuèrent d'intensité el se mirent en rapport avec la lésion vésicale. La quantité d'urine, qui avant la néphrectomie atteignait à peine 500 grammes, est portée dès le lendemain à 700 ; elle augmente progressivement pour atteindre le chiffre de 1200, vingt jours après.
L'analyse des urines, faite 5 jours après lopération, “donne 27 gr. 50 d'urée par litre. Done ce même rein gauche, qui avant l'opération fournit en 24 heures à peine 2? grammes d'urée, en donne aussilôt après environ
{9 grammes.
OBSERVATION III (Albarran.— An. d. org. gén.-ur., 1908, p. 97)
Mme H..., 23 ans, mariée depuis 28 mois, pas d’enfant.
Antécédents héréditaires. — Pas de tuberculose.
Antécédents personnels. — Etant enfant, la malade a eu des troubles de la miction. Elle urinait difficilement.
IT y a ? ans, ces troubles augmentèrent. La miction devint douloureuse. Pollakiurie diurne et nocturne. En même temps la malade ressentait des douleurs dans la fosse iliaque droite. Elle fut soignée à ce moment pour une néphro-salpingite.
Plus tard ces troubles s’amendèrent, et pendant 6 mois
la malade ne se ressentit de rien. A cette époque les urines devinrent troubles, les mictions fréquentes et douloureuses, l’état général était mauvais et la malade maigrissait sensiblement. M. Guyon conseille des lavages vésicaux au ‘nitrate d'argent. |
Quelque temps après, M. le docteur Bertin de Friel trouve des bacilles de Koch dans les urines. M. Guyon, pensant à une cystite, prescrit les inslillations de sublimé. | En 1898, l’état général devient très mauvais. M. Guyon constate que le rein droit est augmenté de volume, douloureux à la pression.
L'examen des urines révèle à nouveau la présence du bacille de Koch.
À cette époque, la malade à plusieurs hématuries. M. Guyon pose le diagnostic de tuberculose du rein droit.
Le 10 mars, on pratique le cathétérisme de l’uretère gauche et on laisse la sonde à demeure 24 heures. Les urines globales et celles de la sonde sont examinées :
Urine des deux reins Urine du rein gauche Omanbtités. ts. 850 cm° 425 cm° Douleur. brun rougeâtre jaune brun NÉDECR eh de trouble légèrement trouble DénsÉ ie 1009 1007 DÉDOR Dern uit assez abondant peu abondant, hé-
nombreux leuco- maties peu noimcytes, hémalies breuses RédeUOn.......2" acide acide ERA enr ds 9gr. par litre .9 gr. 60 par litre CHloturesx 0. 9 gr. 40 — 2 gr. 70 — Acide borique..... Oise ME Ogr. 12 — Acide phosphorique Ogr. 9% — Ogr. 10 — CT A OO RE ICE ») »
IMIDUMITE 2 au: 2? gt — 1 gr —
Le vein-gauehe enthétérisé élait à peu près le seul qu fonelionnat ; par conséquent on pouvait enlever le rein droit, devenu inutile,
Là mars IS9S.— Néphreclomie lombaire : le rein enlevé présente plusieurs eavernes tuberculeuses, L'uretère est réséqué en partie, Il est gros, bien altéré. Son extrémité est touchée au thermocaultère, Guérison en 3 semaines. .
Le malade est en parfaite santé, la prns bien cicatrisée.
Les urines sont elaires,
En juillet 189$, la malade continue à aller très bien et à pu reprendre toutes ses occupations,
En octobre 1907, 9 ans après l'opération, la malade continue à se bien porter,