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CHAPITRE "PREMIER

Procédés non sanglants

Cautérisation

La cautérisation par les caustiques, telle que la pratiquaient Bouisson, Bonnet, Boyer, Velpeau et que nous avons rappelée pour mémoire est tombée avec juste raison en désuétude. Ces traitements sont actuellement sans intérêt et si on utilise encore aujourd’hui le nitrate d’argent, le naphtol camphré, le chlorure de zinc en attouchements, on ne saurait se servir de ces agents d’une façon exclusive. Ce sont d’utiles adjuvants quand ona affaire à des foyers multiples, des fistules intarissables chez des sujets parvenus à une période très avancée de la tubercu-

lose et chez lesquels on ne saurait sans danger faire

la moindre intervention. Ils sont employés comme pansements après les opéaations quand on n’a pas

obtenu la réunion par première intention.

Cautérisation ignée

Ce traitement préconisé autrefois par Verneuil a encore aujourd'hui ses partisans. Degrenne, élève de M. Regnier a publié dans sa thèse nombre d’observations de malades traités par cette méthode et 1l est arrivé aux conclusions suivantes La cautérisation ignée est une méthode de choix quand la tuberculose testiculaire se complique de lésions prostato-séminales avancées. Avec son application, on voit sinon disparaître, au moins diminuer les lésions de la prostate et des vésicules.

«Quand les lésions sont limitées à l'appareil glandulaire intra-scrotal, épididyme et testicule, elle peut remplacer la castration ; la température élevée à laquelle sont soumis par le traitement les éléments constituants de l'organe permettent d'obtenir une destruction complète des tissus infectés. Dans les tuberculoses génitales au début, elle donne d'excellents résultats ».

M. Routier, après avoir été interventionniste précoce dans la tuberculose testiculaire, préconise aujourd’hui des opérations moins radicales. Il fait

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la cautérisation dans le cas d’abcès, de fistules et de fongus. Quand il a affaire à des nodosités épididymaires ou funiculaires, il s’abstient de toute intervention, M. Bazy a souvent recours à ce procédé“ qui a donné à M. Théophile Auger des résultats excellents.

D’autres n’ont employé ce procédé que pour ainsi dire forcés, alors que les malades répugnaient à l’opé-

ration, que les lésions étaient doubles, l’état général.

tellement précaire, que toute autre opération aurait été contre-indiquée.

On a obtenu par cette méthode des résultats favorables M. Bazy a cité cette année même à la Société de Chirurgie des observations concluantes. M. Tuffier se sert du thermocautère contre des noyaux tuberculeux de l’épididyme. Sous l’influence de la cautérisation, on a vu rétrocéder les lésions de la prostate et des vésicules.

Pendant l’année que nous avons passée à l’hôpital Trousseau, dans le service de notre maître M. Kirmisson, nous avons eu l’occasion d’observer chez des enfants des ostéo-arthrites tuberculeuses ainsi traitées par le fer rouge et avec un succès complet.

Pourquoi ñ’en serait-il pas de même dans le cas de tuberculose testiculaire ? Il n’y a rien de surprenant à ce qu’on obtienne de bons résultats par cette méthode.

Lorsque les lésions sont bien limitées, le fer rouge

peut les détruire complètement et la guérison totale survenir si un traitement général est institué et suivi.

Mais, disons-le aussi, avec le thermocautère on a eu des déceptions. Le mal ne s’est pas amélioré, dans certains cas 1l s’est aggravé.

Le thermo-cautère détermine la production d’une escarre et à la chüte de celle-ci on peut voir survenir la suppuration et une fistule qui n'existait pas avant l'opération. Avec le thermo-cautére on ne sait pas où l’on va, on n’est jamais sûr de tout enlever. Un petit foyer que la chaleur rayonnante de la pointe n'aura pas influencé pourra devenir le point de départ d’une fistule. Qui sait même si le thermo-cautère, par les phénomènes inflammatoires qu'il détermine sur son passage, n’est pas pour quelque chose dans l’évolution ultérieure du foyer passé inaperçu ? Utile à une époque où la pratique de l’aseptie et de l’antiseptie n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, le thermocautère est aujourd’hui de moins en moins employé. Dans le cas particulier de tuberculôse testiculaire, ce ne sera jamais qu’un procédé palliatif chez des malades qui se refusent à une intervention, chez ceux qui ont des lésions bilatérales ou très avancées

et avec un état général mauvais,

AE Injeclions modificatrices intra-nodulaires

Ces injections faites avec du naphtol camphré, de la glycérine iodoformée ont parfois donné des résultats efficaces. M. Michaux a apporté à la Société de Chirurgie (19 avril 18909) l'observation d’un malade qu'il a traité avec plein succès par des injections de naphtol camphré et qui a été guéri après cinq mois de traitement.

Le malade qui fait l’objet de notre observation IIl a été aussi traité par les injections de naphtol camphré. Ces injections ont àmené une amélioration, mais elles n’ont pas guéri.

Les injections d’éther iodoformé sont journellement utilisées pour le traitement des abcès par congestion. Elles arrivent parfois à modifier favorablement la paroi de ces abcès et amènent la guérison. Mais leur emploi, utile dans le cas d’abcès par con-gestion tenant à des lésions vertébrales ou articuculaire sur lesquelles il serait dangereux ou malaisé d'intervenir n’a pas les mêmes indications dans le cas qui nous occupe. Les abcés testiculaires sont faciles à apprécier, ils sont peu volumineux. On peut les ouvrir sans crainte d'une suppuration parfois interminable comme on en a observé à la suite de l’ouverture des abcès par congestion. À la suite de la piqüre on peut voir le sphacèle de là peau du scrotum, suivi

d’une escärre: Si parfois on arrive à détruire une

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partie du mal, on n’est jamais sûr de l'enlever complètement. La lésion continuera à évoluer, le bénéfice de l’opération sera nul.

L’éther iodoformé, le naphtol camphré pourraient cependant trouver leurs indications dans quelques cas, lorsqu'il s'agira par exemple de désinfecter un trajet fistuleux alors qu'on se propose une intervention radicale quelques jours plus tard. C’est alors un traitement préventif assurant la désinfection des tis-

sus sur lesquels portera le bistouri.

Injections péri-nodulaires. — Méthode sclérogène.

Les injections sclérosantes avec le chlorure de zinc trouvent surtout leur application à la période de crudité des lésions tuberculeuses. MM Ozenne et Coudray ont été les premiers à employer les injections de chlorure de.zinc contre la tuberculose testiculaire et à en publier les résultats. Ë

M. Ozenne a rapporté à l'Académie de Médecine une observation de guérison (février 1893). L'emploi du chlorure de zinc avait été excellent.

Le malade, objet de cette premièré communication à été revu en 1897.

Le résultat s’est maintenu très bon. Nous allons résumer cette observation qui se trouve dans la thèse

de Degrenne,

I s’agit d’un malade qui au moment du premier examen se présenta avec un testicule et un épididyme gauches du volume d’un œuf dedinde, la plus grande partie de la tumeur étant formée par l’épididyme. Sous l'influence des injections sclérosantes, les lésions ont déjà beaucoup diminué après un mois de traitement. Le cordon qui était gros, volumineux, mais sans bosselures, la prostate et la vésicule qui étaient augmentés de volume sont guéris et revenus à leur état normal au mois de février 1893.

Du côté droit le malade avait en 1892 un petit noyau à la queue de l’épididyme, au niveau duquel il fut fait une seule pigüre.

Le malade revu en 1897 a une santé générale excellente, il a engraissé. A la partie inférieure de l'épididyme droit, là où existait il y a 4 ans une plaque indurée, on sent à ce moment un peu d’empâtement.

Le côté gauche qui avait été traité par sept injections est guéri.

Le testicule et l’épididyme accolés l’un à l’autre, non isolables, ont dans leur ensemble la grosseur d'un œuf de poule. Au niveau de la tête, on sent une petite nodosité dure, mais rien du côté du cordon, de la prostate ou des vésicules. Depuis le mois d’octobre 1896, le malade n’a plus de douleurs, sauf un peu de pesanteur dans les bourses quand il ne porte pas son suspensoir.

Voilà donc un malade guéri par le traitement sclérogène associé au traitement général. Il s'agissait d'un malade placé dans de bonnes conditions et qui put aller faire une saison à Salies-de-Béarn, à la suite de la première opération.

Le malade a pu efficacement lutter contre la maladie. Dans ces conditions, une part du résultat favorable obtenu peut être attribué au traitement général. Le résultat aurait-il été le même si le traitement s’était adressé à un malade placé dans une autre condition sociale, à un malade comme ceux que nous voyons tous les jours dans la clientèle hospitalière? Ceux-là ne peuvent pas se soigner et quand ils quittent l’hôpital, c'est pour reprendre leur dur labeur. On leur prescrit un traitement général à suivre, une hygiène particulière à observer. Mais dans quelle mesure, ces . prescriptions sont-elles suivies ?

De plus, les injections de chlorure de zinc sont douloureuses et elles doivent être précédées d'une injection de morphine. Elles ne sauraient guérir d’une façon complète et à côté de tubercules heureusement influencés par l'injection dans le sens de la sclérose, il en est d’autres que le chlorure de zinc n’a pas touchés et qui vont évoluer pour leur compte.

Toutefois, la méthode sclérogène n’est pas à dédaigner complètement.

En présence d’un malade qui a un noyau bien limité à la tête ou à la queue -de l’épididyme, sans

lésion apparente du testicule, et si ce malade se refuse à une opération sanglante, on pourra essayer chez lui les injections sclérosantes associées au traitement général.. Mais c’est un malade qu'il ne faut pas perdre de vue, qu'il faudra revoir souvent pour le décider à

une opération plus conséquente siles lésions menacent de s’aggraver.

Pédebidou 4

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