‹ Indications Générales Du Traitement De La Tuberculose Du TesticuleChapitre 13 sur 26 · A RS · texte numérisé non relu

A RS

lamentable. — La castration qu’on sera alors forcé de faire sera une mauvaise opération parce que les lésions sont trop avancéeset les dégâts trop considé-

rables.

Incision combinée au cureltage

L'incision des abcès et des noyaux ramollis combinée au curettage des fongosités et des parois cavitaires est un progrès sur l’opération précédente.

On ne se contente plus ici de la simple ouverture, mais on a avec une curette et dans les seules limites de l’incision enlever les parties malades et qui suppurent.

On gratte la caverne tuberculeuse comme on gratte un foyer d’ostéite, enlevant des fongosités, ouvrant des vaisseaux, pouvant de la sorte donner un coup de fouet à la maladie dont la propagation aura été favorisée par les ouvertures vasculaires. Alors même que le curettage aura été suivie de la cautérisation des tissus, ce sera une opération insuffisante comme dans le cas qui fait l’objet de notre observa= tion (XIX). |

On peut lui adresser les mêmes reproches qu’à l’incision simple. C’est une opération insuffisante et par la brèche ainsi ouverte on peut donner lieu à une infection mixte beaucoup plus grave.

Sa ee Cureltage réglé, — Opération de M. Quénu

L'opération de M. Quénu consiste à n’enlever que les parties malades. On peut la comparer à l’arthectomie que l’on fait dans le ,cas d’'ostéo-arthrites tuberculeuses. Elle doit être faite de bonne heure.

« J’estime quant à moi, éerit-il, qu'il y a intérêt à supprimer au plus tôt tout foyer épididymaire, c'est la pratique que j'ai adoptée depuis plus de huit ans, et je n’en ai obtenu que de bons résultats. »

L'opération s'applique plus spécialement à la période des noyaux distincts. Elle a été faite aussi à la période des abcès et des fistules. On peut s’en convaincre en lisant les observations publiées dans la thèse de Chevrolle.

Cette année à la Société de Chirurgie, M. Quénu a rappelé son procédé et s’est déclaré partisan convaincu de l'intervention économique.

« Les résultats que nous avons obtenus depuis 10 ans, dit-1l, nous ont parus très encourageants ; nous suivons des malades depuis 6, 8, 10 ans, qui n’ont jamais eu de récidive et qui ont gardé leur testicule. »

L'opération de M. Quénu est une opération excellente. On voit ce qu'on fait, on sait ce qu'on enlève et on peut l’enlever dans les meilleures conditisns de propreté et d’antisepsie, en ménageant la perte de sang qu’on occasionne.

Le testicule n’est pas touché, ses vaisseaux res-

Hire

pectés continueront à le nourrir et si la stérilité est définitive, l'organe n’est pas toutefois inutile. Il peut agir par sa sécrétion interne. Ainsi sera empêchée l’éclosion des troubles de la santé générale qui sont survenus chez certains à la suite de castrations totales et bilatérales.

L'opération de M. Quenu expose à laisser passer inaperçues des lésions qui évolueront plus tard et donneront lieu à une récidive. Celle-ci pourra se faire au niveau du testicule lui-même, au niveaau du déférent, de la vésicule et de la prostate. Elle est trop économique.et mieux vaut encore tailler en tissu sain

que laisser sans l'enlever une partie malade,

Castration

Au Congrès de Chirurgie de 1889, lorsqu'on discuta le traitement des tuberculoses locales, la majorité des chirurgiens se montrèrent partisans de l’intervention hâtive. Il en fut ainsi de la tuberculose du testicule et depuis la castration totale fut pratiquée, alors même que les lésions se trouvaient limitées, de peu d’étendue. On se préoccupait beaucoup alors du caractère contagieux cc la maladie, et l'intervention

précoce devait mettre à l'abri de la propagation aux

organes de voisinage ou à des organes éloignés : péri-

toine, poumons, méninges. Verneuil, toutefois, ne partageait pas cette manière de voir et considérait la castration comme une opération détestable.

Depuis, l'opération a été pratiquée un grand nombre de fois; dans certains cas, avec un succès complet. D’autres fois, le résultat a été déplorable.

Les discussions soulevées cette année à la Société de Chirurgie ont montré les divergences des auteurs à ce point de vue. Plusieurs de nos maîtres dans les hôpitaux, après avoir été partisans de la castration, ont complètement abandonné cette opération. Ils s’en tiennent à des interventions moins considérables, parce que les castrations qu'ils ont faites n’ont pas empêché la récidive sur le testicule opposé, qu’elles n’ont pas amené une amélioration notable des autres lésions testiculaires concomittantes, prostatiques ou vésiculaires. Une autre considération est tirée du rôle physiologique important de l’organe.

La castration battue en brèche a eu pourtant ses défenseurs. M. Reynier est partisan de la castration. M. le professeur Berger n’à eu qu'à se louer des bons résultats que lui a fournis cette opération. Jamais après la castration il n’a observé de récidive du côté opposé. Ceci nous montre la variabilité d'évolution de la tuberculose testiculaire et les bénéfices différents qu’on pourra obtenir de l'intervention suivant les cas.

M. le professeur Guyon, dans les Annales des

tbe

maladies des organes génito-urinaires 1891, nous dit que les lésions tuberculeuses dans l’appareil génital commencent le plus souvènt dans les vésicules séminales. Dès lors, faire une castration simple sera une opération insuffisante et la tuberculose localisée à la vésicule oula prostate se propagera avec la plus grande facilité et à plus ou moiné brève échéance du côté opposé. D’autres ont dit que la castration avait une heureuse, influence sur la marche des lésions de la vésicule ou de la prostate.

Le fait est indéniable, mais n'oublions pas que ces lésions prostatiques ou vésiculaires ne sont peut-être pas toujours de nature tuberculeuse. Dans certains cas, MM. Felizet et Delbet supposent qu'on a affaire à des phénomènes purement congestifs.

On a invoqué contre la castration les troubles psychiques post-opératoires survenus chez certains malades et qui les ont conduits à la neurasthénie, l'hypochondrie, parfois même au suicide. Ces troubles dont on ne.connaît pas encore la nature intime et la vraie cause ne sont pas négligeables. Ils surviennent parfois à la suite de l’ablation d’un seul testicule, l’autre restant sain et normal. Plus souvent ils sont consécutifs à la castration bilatérale.

Mais, disons-le aussi, parfois ils ne surviennent pas du tout, même après une castration double.

Dans une statistiiuce publiée par M. Reclus et

portant sur 9 cas, 5 parmi ces 9 opérés, jouissent

Page 1