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II. — Septicémie d’origine amygdalienne

Un deuxième point nous paraît devoir, en effet, retenir notre attention : L'opportunité de l'amygdalectomie à chaud en présence d'accidents infectieux menaçants.

Les variations des deux facteurs en présence : virulence du microbe, résistance du terrain, déterminent le caractère local, bénin ou au contraire général, malin, et infectant, de l’amygdalite.

L'angine est presque toujours une affection qui, de ses débuts à sa terminaison, reste locale; mais, dans certains cas, l'infection dépasse les limites du pharynx, et donne naissance à des accidents extrêmement variés dans leur nature, leur siège et leur gravité, dont la liste est tellement longue qu'elle représente à elle seule un bonne partie de la pathologie infectieuse.

Les amygdalites peuvent engendrer une infection générale, tantôt légère et fugitive, lantôt grave et mortelle; entre ces deux termes extrêmes s’échelonnent toute une série de manifestations viscérales diverses, qui témoignent de la diffusion lointaine des agents figurés ou toxiques, issus des foyers tonsillaires. |

I s’agit là de septicémies d’origine amygdalienne, amyedalites infectieuses ou anormales des anciens auteurs. wi

Nous rappellerons ici les formes principales, aujourd’hui classiques, distinguées par le Professeur SéBiLeau en 1900, au Congrès international de médecine

Co y PRO

1° Septicémie aiguë sans localisation;

2° Septicémie phlébitique ou phlébo-phlegmoneuse de la face;

3° Septicémie lymphatique où lympho-phlegmoneuse du Cou.

En d'autres termes, il s'agit de Con olications aiguës ou © D subaiguës.

Subaiguës. — Ce sont plutôt des septico-toxémies partant d'une infection en foyer et amenant des lésions à distance, soit des douleurs rhumatoïdes du type rhumatisme pseudoinfectieux, soit des lésions rénales, néphrite hématurique ou albuminurique persistante.

Aiguës. — Il s’agit alors de véritables thromboses des veines amygdaliennes pouvant se propager à la jJugulaire interne et même au tissu caverneux (LAURENS).

La septicémie postangineuse a fait, à l'étranger surtout, l’objet de nombreux travaux. Tous les auteurs qui se sont occupés de cette affection sont d'accord pour considérer que l’énucléation de l'amygdale fait partie des moyens thérapeutiques qui doivent être envisagés.

C'est : pour les uns, l’acte principal supprimant la source virulente; pour les autres, un acte accessoire complétant l'intervention cervicale, qui est considérée comme capitale.

DurneizLer DE LAMOTHE s'est demandé, il y a déjà de nomhreuses années, si, dans certains cas de septicémie à point de départ amygdalien, il n’y aurait pas intérêt à faire une amygdalectomie à chaud, et à supprimer le foyer d'où est partie l'infection.

C’est la doctrine qui a toujours été soutenue par notre Maitre le Professeur PORTMANN.

Interventionniste dans les cas de septicémies auriculaires, où il pratique systématiquement la ligature de la jugulaire et l'ouverture du sinus latéral, avec exclusion de la surface

IERQUET

de résorption toxique, il l'est aussi dans les cas de septicémie amygdalienne.

La gravité de ces infections est telle qu'une thérapeutique immédiate, portant sur le point de départ de l'infection, s’impose et permet au traitement général anti-infectieux d'agir avec plus d'efficacité.

Le principe de l'intervention est inattaquable; il s’agit de supprimer le foyer d'émission, de couper court au processus embolique et à l'infection progressive.

Telle est l'opinion de notre Professeur de clinique, que viennent confirmer 4 observations publiées par le Docteur G. BasavizBaso (de Buenos-Ayres), le 30 novembre 1929 (Revue de laryngologie).

I s’agit, en effet, de plusieurs malades, chez lesquels le premier symptôme qui attire l'attention est l’intense difficulté respiratoire.

À cette anxiélé respiraloire S’ajoutent :

— des symplôèmes généraux plus ou moins graves, produits par l'infection;

— des symptômes locaux, qui consistent en une dysphagie intense, rendant impossible la déglutition des liquides et des solides.

L'amygdalectomie à chaud, pratiquée dans des conditions aussi défavorables, entraîne cependant une guérison immé- . date. |

Nous nous permettons de rappeler ici les trois premières observations, qui nous paraissent très démonstratives.

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