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DE LA CHAMBRE DES DEPUTES I

Le Corps législatif joua un rôle tellement effacé pendant la période impériale que son président n'avait pas une bien grande importance.

Cependant l'homme distingué qui occupa ce poste à l'époque la plus brillante de l'Empire, M. de Fontanes, sut y acquérir une certaine célébrité par les discours qu'il prononça dans des circonstances solennelles, et où il avait le don de célébrer avec autant d'habileté que d'éloquence, en y associant le corps qu'il représentait, les hauts faits du chef de l'État.

Mais, comme nous l'avons déjà dit, c'est de la Restauration que date l'importance des fonctions de président de la Chambre des députés. Deux personnalités d'une grande valeur occupèrent le fauteuil au commencement et à la fin de cette période: M. Laîné et M. Royer-Collard ; mais ni l'un ni l'autre n'y restèrent longtemps.

Le premier, orateur d'une éloquence cotnmunicative, merveilleusement propre par son esprit éclairé, libéral et profondément dévoué aux Bourdons, à acclimater en France la monarehie constitutionnelle, mais dont la nature nerveuse et la santé délicate ne lui permettaient pas de subir longtemps les rudes épreuves d'orageux débats à diriger.

Le second, d'une nature toute différente,

touchant de très près à la nuance politique de M. Laîné, ayant toute l'autorité morale nécessaire pour être à la tête d'un grand corps politique, mais à sa place surtout dans les circonstances solennelles et dans les séances calmes; trop âgé déjà et n'ayant pas assez de voix pour diriger les séances tumultueuses du moment, mais dont l'organe grave et imposant convenait merveilleusement à la lecture de ce solennel et impuissant avertissement qui s'appelait l'adresse des 221.

Le président qui occupa le plus longtemps et avec le plus d'éclat le fauteuil de la présidence pendant la durée de la Restauration, fut M. Ravez. Doué de toutes les qualités nécessaires à ces difficiles fonctions, unissant à une belle prestance, à une voix sonore, une grande courtoisie, un esprit très délié et une profonde connaissance des affaires, M. Ravez dirigeait à merveille les discussions les plus ardues et savait dominer les orages parlementaires; c'était le président modèle, et ce ne fut pas sans regret que ses collègues le sacrifièrent aux exigences de la politique, et lui firent partager la disgrâce des hommes à la fortune desquels il s'était trop intimement lié.

Le membre de la Chambre des députés qui occupa le premier le fauteuil de la présidence, sous la monarchie de Juillet, fut

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