DE LA CHAMBRE DES DEPUTES I
M. Schneider, qui avait subi avec dignité, mais non sans quelque amertume, une préférence à laquelle il ne devait pas s'attendre, cette fois candidat obligé, fut appelé au fauteuil de la présidence, qu'il occupa jusqu'à la fin de l'Empire.
Bien que, dans cette rapide esquisse des personnages qui ont successivement occupé la présidence de la Chambre des députés, nous nous soyons, autant que possible, abstenu de considérations politiques, qu'il nous soit permis de rappeler que M. Schneider, en opposition avec le principal ministre qui jusque-là avait dirigé les affaires de l'Empire, fut un/de ceux qui poussèrent le plus activement l'empereur dans la voie qu'on décorait du nom d'empire libéral, et qui aboutit au ministère Ollivier.
La conduite de M. Schneider dans la journée du 4 septembre fut, en tout point, digne d'éloges; il déploya beaucoup d'énergie, ne se retira que devant la force et fut, de la part de quelques énergumènes, l'objet d'indignes violences, qui auraient pu avoir une fin tragique sans la courageuse intervention de quelques-uns de ses collègues.
Nous avons, au commencement de cette étude, consacré quelques lignes à l'homme politique qui, pendant deux ans, a présidé l'Assemblée dont le mandat vient d'expirer
Ibô LES PRESIDENTS DE LA CHAMBRE
et qui a repris possession du fauteuil avec celle qui la remplace. Nous ne terminerons pas sans dire quelques mots de l'homme éminent qui lui avait succédé en 1873. Nous y tenons doutant plus que nous y mettons une espèce d'amour-propre d'auteur.
Peu de temps avant le remplacement de M. Grévy, nous sortions d'une séance orageuse qu'il avait présidée avec une grande mollesse, et nous en exprimions vivement notre sentiment devant quelques-uns de ses collègues appartenant au parti conservateur.
— 11 n'est pas possible, disions-nous, que vous conserviez un pareil président.
— Mais par qui le remplacer ?
— Par M. Buffet, qui a toutes les qualités de l'emploi.
Quelques jours plus tard, un incident parlementaire obligeait M. Grévy à donner sa démission, et il était remplacé par M. Buffet.
On sait avec quelle distinction, quelle fermeté, quelle impartialité, M. Buffet s'est acquitté de cette tâche, pour laquelle il était si bien fait, et combien il est regrettable que les nécessités de la politique l'aient appelé à en remplir une autre, dont les difficultés étaient peut-être insolubles. Nous ne voulons pas juger aujourd'hui cette grave question.