DANS LES ARTS
ces peuples reconnaissent qu'elle s'est développée seulement à l'époque où les Grecs leur avaient donné des leçons et des exemples.
L'auteur démontre ensuite quel est le principe qui, dès l'origine, a présidé chez les Grecs à leurs créations dans les arts; c'est à une puissance surnaturelle que les Grecs, Platon en tête, ont attribué les préceptes du beau dans les arts.
L'intervention divine avait chez eux une part nécessaire dans les œuvres mêmes du génie.
La raison humaine s'inclinait devant une autorité supérieure, elle ne rougissait pas de prendre son point d'appui hors d'elle-même; elle avait le sentiment de son origine divine et elle remontait sans cesse vers cette source pour s'y retremper.
Le principe de l'art, comme le démontre facilement le duc de Valmy, est donc d'essence divine; il a son siège dans l'âme, sanctuaire impénétrable, trait d'union entre la terre et le ciel ; il doit ses progrès aux inspirations qui émanent de cette source et qui, par des voies mystérieuses et des privilèges inexplicables, descendent dans les esprits d'élite comme des reflets du génie divin. Aussi partout dans les beaux-arts, chez les peuples anciens, trouve-t-on l'image fidèle du sentiment qu'ils avaient de la Divinité.
Partout la première statue a été celle d'un dieu, et le premier monument a été son temple; partout les œuvres d'art ont porté l'empreinte des croyances religieuses, toujours, comme elles, vulgaires ou nobles, sombres ou brillantes.
Après avoir largement développé cette thèse, Fauteur nous montre l'art grec s'emparant successivement de l'empire du monde païen, prenant la place de l'art égyptien et assyrien, sans attendre que les armées d'Alexandre ou les légions romaines aient soumis Babyloneet Memphis, posant les fondements de Palmyre et d'Alexandrie avant ceux de la domination étrangère, substituant partout les inspirations aux créations informes de la barbarie, chassant Jupiter Ammon de ses grottes souterraines pour l'asseoir dans un temple plus digne du dieu des dieux, remplaçant l'éternel cavalier par les cavaliers de Phidias, et les décors hiéroglyphiques des Egyptiens par les bas-reliefs du Parthénon.
Cependant, et c'est par ces lignes que se termine le premier livre du Génie des Peuples dans les Arts, cette civilisation devait, à son tour, périr par l'excès de sa puissance et le contact fatal de ses conquêtes:
« Le flot des passions vulgaires et des superstitions honteuses qui avaient envahi