DANS LES ARTS 2 I I
Pierre de Rome, ces deux chefs-d'œuvre de deux civilisations différentes, nés sous l'inspiration de l'art grec, nous avons su résister à un autre enchanteur, le spirituel et savant président de Brosses.
Lui aussi, ce juge d'un goût si sûr pour l'appréciation des œuvres de Part grec, sous l'empire des idées, nous dirions volontiers des préjugés de son temps, il ne voyait guère dans les monuments de l'art ogival que de méchantes choses.
M. de Valmy ne va pas jusque là, mais, dans son enthousiasme pour l'esthétique de l'art grec et la supériorité de ses productions, il ne voit guère dans les monuments de l'art ogival que « des caprices spirituels, des fantaisies gracieuses et des rêveries esthétiques dont une civilisation naissante devait être fière, mais dont les imperfections ont été dévoilées par la lumière d'une civilisation plus avancée... »
En résumé, dit M. de Valmy, le style gothique n'est pas une création proprement dite : c'est un plagiat de tous les styles qui l'avaient précédé.
Nous ne dirons pas, comme M. de Valmy le reproche justement à quelques enthousiastes trop exclusifs, que le style ogival est le dernier mot de la civilisation chrétienne, que l'art chrétien doit s'arrêter à cette formule ;
mais nous ne craindrons pas d'affirmer que dans l'état actuel, et tout en payant un légitime tribut d'admiration au chef-d'œuvre de Bramante et de Michel-Ange, c'est encore l'art ogival qui a fourni au culte chrétien ses plus dignes monuments, c'est cet art dont les œuvres nous semblent le mieux appropriées à nos climats, et, quelles que soient les objections dirigées contre son défaut de solidité, ne perdons pas de vue que ces monuments, qui font à bon droit l'orgueil de notre pays, comme celui de l'Angleterre et de l'Allemagne, s'ils ont senti les outrages du temps, et si leur conservation réclame d'indispensables réparations, c'est qu'ils ont six siècles d'existence.
C'est qu'il y a un principe qui domine invinciblement tous les autres : le génie, sans s'affranchir absolument de certaines règles, a plus d'une formule pour se manifester, et, tout en laissant aux Grecs la supériorité qui leur appartient encore, non seulement dans les arts, mais encore dans toutes les productions du génie humain , on ne saurait contester aux grands artistes du moyen âge leur puissante originalité, ni refuser à leurs nombreux chefs-d'œuvre l'admiration qui leur est due.
Arrivant à cette grande époque de l'art connue sous le nom de Renaissance, dont