JOURNAL DES DEBATS
(Figaro. — Novembre 1877.)
ien que, sous ce titre, le Figaro ait publié, il y a peu de temps, une W^^M intéressante étude, comme elle offre quelques lacunes et que du reste le sujet est inépuisable, il ne sera pas hors de propos de la compléter aujourd'hui par quelques détails qui ne seront pas sans intérêt.
C'est surtout en racontant ses origines et en faisant péremptoirement justice de cette légende sur laquelle le Journal des Débats a vécu pendant près d'un demi-siècle, la prétendue spoliation dont il aurait été victime de la part du premier Empire, c'est en citant à ce sujet des documents irréfragables, que
l'article du Figaro a bien mérité de l'histoire contemporaine; toutefois dans cette étude rétrospective, il y a un oubli qu'il est bon de réparer : c'est une perle qui ne doit pas manquer à ce riche écrin.
Au commencement de son ministère, M. de Martignac, qui tenait à reconquérir l'appui des Débats que M. de Villèle avait perdu à la suite de sa rupture avec Chateaubriand, et qui savait le prix qu'il fallait y mettre, fit venir M. Bertin aîné et, sans ambages, lui dit : « Il est bien entendu que la subvention sera renouvelée. — Sans doute, répliqua M. Bertin, mais l'arriéré? — Va pour l'arriéré », répondit en souriant et sans trop se faire prier, l'aimable ministre.
Cette anecdote a été publiée pour la première fois par M. de Guernon-Ranvilie qui la tenait de Charles X, mais elle était connue depuis longtemps, et le vénérable Michaud, de la Quotidienne, qui la savait sans doute par la même source, aimait à la raconter.
Mais c'est surtout pour les métamorphoses qui ont suivi la mort d'Armand Bertin, que l'article du Figaro a besoin d'être complété.
C'était une physionomie curieuse, dans la presse parisienne, que celle d'Armand Bertin. Esprit sagace, lettré, sans entraînements et sans trop de scrupules, il avait succédé à son père, sans dommage pour la maison,