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DU «JOURNAL DES DEBATS

calme et bienveillant, étranger à la politique et au fond rallié à l'Empire, tenant avec raison aux douceurs d'un intérieur charmant, se fit beaucoup prier pour accepter la lourde tâche qui lui était offerte ; cependant, il se résigna.

Mais ce dut être une source de rudes épreuves pour cet excellent homme, que ce gouvernement remis ainsi si subitement, et malgré lui, entreses mains inexpérimentées ; tâche d'autant plus lourde que bientôt les anciens se retirèrent. M. de Sacy accepta, sans trop se faire prier, un fauteuil au Sénat, M. Saint-Marc-Girardin, auquel on n'en offrit point, se dédommagea des déceptions de la politique, en reprenant ses travaux littéraires; la place fut livrée aux jeunes.

Ce fut alors que régna surtout cet esprit charmant qui allait chercher ses inspirations à la place Saint-Georges et excellait dans l'allusion transparente et l'épigramme voilée; triste existence au demeurant, dont on ne prévoyait alors ni l'élévation subite ni la fin lamentable et encore inexpliquée.

Dans cette période orageuse, Edouard Ber tin, pour calmer les indisciplinés, recevait quelquefois un coup d'épaule de son cousin le général Bertin de Vaux, avec lequel il fallait compter. En effet, le général, fils unique de M. Bertin de Vaux, fondateur, avec son

frère, du journal des Débats, avait une part considérable dans la propriété; il avait accepté un commandement du gouvernement impérial, et, lorsque la mesure lui semblait trop dépassée, il demandait impérieusement que l'on mît une sourdine.

Ce fut au commencement de cette période et peu de temps après la mort d'Armand Bertin que se produisit un double événement qui n'eut alors que le caractère d'un fait privé, mais devait, plus tard, prendre de plus grandes proportions.

Armand Bertin avait laissé deux filles, charmantes personnes, en âge d'être mariées, et dont la fortune consistait uniquement dans la part de propriété des Débats que leur avait laissée leur père, veuf depuis quelques années. Epicurien et aimant à bien vivre, Armand ne possédait en dehors de cette part de propriété que deux choses : une bibliothèque et une cave, qui n'étaient pas les moins bien fournies de Paris. En somme cette situation représentait pour chacune des jeunes filles une trentaine de mille livres de rente et ce n'étaient pas de mauvais partis.

L'aînée épousa M. Bapst, dont la seule notoriété était alors d'être un des premiers bijoutiers de Paris, non pas un bijoutier en faux, comme certain député de la Seine que

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