‹ Indiscretions contemporainesChapitre 37 sur 44 · DERNIER DES CHENIER · texte numérisé non relu

DERNIER DES CHENIER

! Figaro. — Avril 1880.)

7?ous devons à M. Gabriel de Chénier, l^Nip) qui vient de s'éteindre dans sa «y quatre-vingtième année, à Jouy-en- Josas, plus que les trois lignes que le Figaro lui consacre aujourd'hui à l'article : Décès. En lui s'éteint un nom deux fois illustré et qu'il a pendant longtemps très honorablement porté, son fils unique, jeune avocat de grande espérance, étant mort, il y a quelques années, à l'âge de vingt-trois ans.

M. Gabriel de Chénier était le fils du second des quatre frères Chénier, Sauveur, qui, comme les deux poètes, débuta par la carrière des armes, à laquelle il resta fidèle, mais qui fut pour lui bien capricieuse. Qu'on

en juge par les détails que voici : adjudantgénéral sous Dumouriez, en 1792, Sauveur de Chénier, désigné pour occuper un emploi de son grade dans la première campagne d'Italie, se brouilla avec le général Bonaparte, qui le fit mettre à pied pendant une douzaine d'années, au bout desquelles il rentra dans l'armée en qualité de sous-inspecteur aux revues, ce qui lui permit de mourir sousintendant militaire en retraite, sous la Restauration.

Reçu avocat, M. Gabriel de Chénier entra, sous le ministère Martignac, au ministère de la guerre, où il est resté pendant près de quarante ans, et où il est parvenu aux grades de chef du bureau de la justice militaire et d'officier delà Légion d'honneur; il a publié sur la juridiction des Conseils de guerre plusieurs ouvrages qui font autorité dans la matière; ces travaux spéciaux ne l'empêchaient pas de consacrer une partie de son temps à des études littéraires et à des publications, parmi lesquelles nous indiquerons un Eloge du maréchal Moncey, couronné par l'Académie de Besançon, et une Vie du maréchal Davout, en deux volumes, qui était l'ouvrage le plus important publié sur ce grand capitaine, avant l'œuvre si intéressante que lui a consacrée sa fille, Mm0 la marquise de Blocqueville.

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