LE DERNIER DKS CHÉNIER
Mais la grande préoccupation de la vie de M. Gabriel de Chénier fut l'étude et la classification des travaux littéraires de son oncle, André Chénier, dont la gloire aujourd'hui si solidement assise fut longtemps primée par celle de Marie-Joseph, et dont les œuvres n'ont été que tardivement et incomplètement livrées à l'admiration de la postérité. Ce culte si légitime pour le poète qui avait jeté un si vif éclat sur son nom, M. de Chénier l'a poussé jusqu'à une jalousie un peu ombrageuse, qui l'a rendu quelquefois injuste envers ceux qui ont successivement et très utilement contribué à la publication des œuvres d'André Chénier, tels qu£ Laiouche, Sainte-Beuve et surtout M. Becq de Fouquières. C'est avec ce dernier, qu'après la publication de l'édition d'André Chénier donnée par Lemerre, sous la direction de M. Gabriel de Chénier, eut lieu une polémique dans laquelle l'avantage ne resta pas toujours au neveu du grand poète qui avait affaire à forte partie.
Un détail que nous avons donné autrefois dans le Figaro à propos de quelques études sur M. Thiers et qu'il peut être intéressant de rappeler, c'est que M. Gabriel de Chénier était le cousin issu de germain de l'illustre homme d'Etat. Cette circonstance aurait peut-être pu valoir un avancement plus