T-K DERNIER DES CHÉNIER
rapide au jeune avocat dans la carrière qu'il avait embrassée; mais M. de Chénier était d'un caractère très fier et très indépendant; M. Thiers, chez lequel les sentiments de la famille n'ont jamais été très développés, ne se préoccupait guère de ses parents réguliers et les rapports entre les deux cousins ne furent jamais ni bien chauds , ni bien fréquents.
Ils furent même complètement rompus à partir de 1840, à propos de la piquante aventure que voici :
On était à la fin de février, à la veille de la formation de ce fameux ministère du ier mars que M. Thiers devait présider et dont l'enfantement était assez laborieux; le choix du ministre de la guerre, auquel M. Thiers attachait une grande importance, le préoccupait particulièrement; il songeait pour ce poste à un général peu connu, avec lequel des relations de société l'avaient mis en rapport, le général Cubières, alors directeur du personnel au ministère de la guerre. Une quinzaine de personnes étaient réunies, à l'heure habituelle, dans l'hôtel de la place Saint-Georges; on annonce M. Gabriel de Chénier, qui venait faire une visite à son cousin et qui alors était sous-chef de bureau au ministère de la guerre.
— Ah ! Chénier, vous arrivez à propos, lui