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LE DERNIER DES CHÉNIER

dit M. Thiers en s'avançant vers lai, vous qui êtes de la maison vous allez nous dire votre opinion sur le général Cubières; pensezvous qu'on puisse en faire un ministre de la guerre ?

— En aucune façon, répondit sans hésitation M. de Chénier, qui n'était pas courtisan; il peut suffire aux fonctions de directeur du personnel, mais le ministère serait trop lourd pour ses épaules.

M. Thiers, dont le siège était fait, tourna brusquement le dos à son cousin en grommelant, de façon à ce qu'il fût entendu, ces paroles peu aimables : « Décidément les bureaux rétrécissent l'esprit ».

Après cet incident M. de Chénier quitta le salon de la place Saint-Georges pour n'y plus reparaître; ajoutons que M. Thiers ne fit jamais la moindre tentative pour l'y rappeler.

Pour compléter l'histoire, il est bon de rappelerquejlelendemain,M. Thiers formait le ministère du ier Mars et confiait le portefeuille de la guerre au général Cubières qui, quelques années plus tard, jouait dans le procès Teste le triste rôle que tout le monde connaît.

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