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loin, mais les mœurs avaient changé : on s'injuriait, on s'envoyait réciproquement à la guillotine, mais on ne se battait plus, et les choses en arrivèrent à ce point que, sous la Convention, le boucher Legendre, menaçant Lanjuinais de le frapper, celui-ci l'arrêta par cette spirituelle apostrophe :
— Avant de m'assommer, fais donc décréter que je suis un bœuf.
Lorsque les assemblées politiques reparurent en France, c'est-à-dire en 1814 — je ne compte pas celles du premier Empire, où les discussions n'étaient pas orageuses, — lorsque les partis s'y heurtèrent, que les passions politiques se livrèrent à leur libre développement, les duels reparurent. C'est ainsi que le général Foy se battit avec M. de Corday^ le général Demarçay avec M. Josse de Beauvoir, le général Sémelé avec le général Lafond- Blaniac, Benjamin Constant avec M. de Forbin des Issarts.
Ce dernier duel présenta même quelques détails assez piquants. Benjamin Constant, à propos de je ne sais quelle question, avait vivement attaqué les garcles-du-corps. M. de Forbin des Issarts, qui était officier supérieur dans une des compagnies, se prétendit offensé et adressa une provocation au célèbre publiciste qui aurait pu très honorablement la décliner, son discours n'ayant rien eu de
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personnel pour M. de Forbin. Mais dans ce temps-là on ne l'entendait pas ainsi; Benjamin Constant accepta, et il fut convenu que le duel aurait lieu au pistolet, et que Benjamin Constant, qui était infirme et obligé de se servir de béquilles, tirerait assis.
Deux coups de feu ayant été échangés sans résultat, les choses en restèrent là, et témoins et combattants s'étant rapprochés pour échanger les politesses d'usage, « Messieurs, dit gaiement Benjamin Constant, pour cette fois j'ai accepté comme adversaire M. de Forbin, mais j'espère qu'à la prochaine occasion vous voudrez bien m' accorder M. Humbert de Sesmaisons. »
M. de Forbin était fort mince et M. de Sesmaisons excessivement gros. L'esprit et la bonne humeur, en France, ne perdent jamais leurs droits.
Dans les premières années du règne de Louis- Philippe, les discussions à la Chambre des députés furent très animées, allèrent souvent jusqu'à la violence et donnèrent lieu à plusieurs duels.
Le général Lamarque se battit avec le général Sébastiani, à la suite d'un discours dans lequel il avait appelé M. Lebeau, ministre des affaires étrangères du royaume belge, le Sébastini de la Belgique; M. Mauguin se battit avec M. Viennet pour je ne