‹ Indiscretions contemporainesChapitre 41 sur 44 · ET SON PÈRE · texte numérisé non relu

ET SON PÈRE

(Figaro. — 11 mai 1881.)

3>n^1 n lisait, il y a quelques jours, dans |H).'j le Figaro, des réflexions fort justes à propos de M. de Girardin et des nombreux articles qui lui étaient consacrés : « Si la postérité, disait-on, veut avoir une idée juste d'un homme qui fut célèbre en son temps, elle fera bien de déchirer, sans les lire, toutes les pages écrites immédiatement après sa mort. Les amis entonnent des dithyrambes, les ennemis croient de bon goût de se taire. On dit : Menteur comme une épitaphe; on devrait dire aussi : Menteur comme un article nécrologique. »

Nous sommes complètement de cet avis et nous trouvons qu'il ne s'est jamais mieux appliqué qu'au publiciste éminentqui vient de disparaître. Nous ne connaissons personne qui, pendant quarante ans, au milieu des luttes de la presse auxquelles il prit une si large part, ait été en butte à autant d'incriminations, à autant d'injures que M. de Girardin et, si le système des compensations n'est point une chimère, le concert de louanges presque unanimes qui a salué sa mort et dans lequel plusieurs de ses plus ardents contempteurs d'autrefois ont fait leur partie, cette admiration posthume — à ce point de vue-là seulement — lui était peut-être due.

Il est trop tôt encore pour risquer d'apporter une note discordante dans ce concert d'éloges, et pour devancer le jugement de la postéritéqui,dégagéedespassionsdu moment, dira si, chez M. de Girardin, c'était Jnnius ou Mercadet qui dominait.

Nous ne voulons aujourd'hui que raconter un incident qui est un bon spécimen de la manière de M. de Girardin et qui pourra aider les S aumaise futurs dans leurs appréciations.

Comme on le sait et comme cela a été, avec détails, expliqué dans le Figaro, l'absence d'un état civil régulier qui, une première

Page 1