LES DUELS PARLEMENTAIRES I
purnius et Jugurtha. M. Dupin crut s'en tirer en adressant au maréchal une longue lettre qui fut publiée dans le Journal des Débats, et dans laquelle il se bornait à constater son droit de citer et d'interpréter l'histoire romaine. Le maréchal ne se contenta pas de cette explication qui n'en était pas une. Il mit, comme on dit, la pointe au corps à M. Dupin, en le forçant à répondre catégoriquement à sa question. L'affaire fut traitée suivant les règles du point d'honneur : des témoins furent désignés, et, dans un procès-verbal signé par MM. Odilon Barrot et Mauguin pour le maréchal Clausel,Thiers et Ganneron pour M. Dupin, procès-verbal publié par tous les journaux, satisfaction entière fut donnée à la légitime susceptibilité du maréchal....
Quelques mois plus tard, à propos d'un duel qui avait eu lieu à Tours et dans lequel un des deux adversaires avait été tué, la cour d'Orléans ayant jugé que le duel n'était pas puni par la loi, la cour de cassation fut saisie de l'affaire. M. Dupin, portant la parole comme procureur général, soutint cette doctrine que : le duel rentre dans les prévisions de l'art. 29 j du Code pénal relatif au meurtre. Adoptée par la chambre criminelle de la cour de cassation, cette doctrine, qui se produisait pour la première fois, fut repoussée par plu-