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LES DUELS PARLEMENTAIRES I

conduite de quelques hommes politiques, il rappela que M. Thiers avait dit que l'élection du prince Louis-Napoléon, comme président de la République, serait une honte pour la France. M. Thiers protesta vivement de son banc, et déclara que c'était faux. Ce fut alors que M. Bixio, qui siégeait sur un banc de la gauche très rapproché de la tribune, ne put maîtriser un mouvement spontané et dit, de façon à n'être entendu que de ses voisins : « C'est un peu fort, il l'a dit devant moi ».

M. Mathieu (de la Drôme), qui entendit ces paroles, eut l'imprudence de les relever et de dire : « Entre M. Thiers qui nie et M. Bixio qui affirme, l'assemblée choisira ».

Immédiatement M. Thiers envoya deux témoins à M. Bixio, qui choisit les siens, et après quelques mots d'explication, on partit pour le bois de Boulogne, où deux coups de pistolet furent échangés, heureusement sans résultat.

On ne sera pas surpris qu'à la Chambre des Pairs et au Sénat, où l'âge des membres qui composent ces graves assemblées doit avoir un peu refroidi les passions, il n'y ait pas eu de duels. Cependant il ne s'en est pas fallu de beaucoup, et je me rappelle que, sous Louis-Philippe, un duel fut très près d'avoir lieu entre le marquis de Boissy et le général Colbert, tous deux membres de la

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