LE DERNIER DES CHÉNIER
les deux poètes, débula par la carrière des armes, à laquelle il resta fidèle, mais qui fut pour lui bien capricieuse. Qu'on en juge par les détails que voici. Adjudant général sous Dumouriez, en 1792, Sauveur de Chénier, désigné pour occuper un .emploi de son grade dans la première campagne d'Italie, se brouilla avec le général Bonaparte, qui le fit mettre a pied pendant une douzaine d'années, au bout desquelles il rentra dans l'armée en qualité de sous-inspecteur aux revues, ce qui lui permit de mourir sous-intendant militaire en retraite, sous la Restauration.
Reçu avocat, M. Gabriel de Chénier entra, sous le ministère Martignac, au ministère de la guerre, où il est resté pendant près de quarante ans, et où il est parvenu aux grades de chef du bureau de la justice militaire et d'officier de la Légion d'honneur; il a publié sur la juridiction des Conseils de guerre plusieurs
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ouvrages qui font autorité dans la matière; ces travaux spéciaux ne l'empêchaient pas de consacrer une partie de son temps à des études littéraires et à despublications,parmi lesquelles nous indiquerons un Éloge du maréchal Moncey, couronné par l'Académie de Besançon, et une Vie du maréchal Davout, en deux volumes, qui était l'ouvrage le plus important publié sur ce grand capitaine, avant l'œuvre si intéressante que lui a consacrée sa fille, madame la marquise de Blocque ville.
Mais la grande préoccupation de la vie de M. Gabriel de Chénier fut l'étude et la classification des travaux littéraires de son oncle, André Chénier, dont la gloire aujourd'hui si solidement assise fut longtemps primée par celle de Marie-Joseph, et dontles œuvres n'ont été que tardivement et incomplètement livrées à l'admiration de la postérité. Ce culte si légitime pour le poète qui avait jeté un si vif éclat