‹ Indissolubilité et divorceChapitre 22 sur 29 · L'INDISSOLUBILITÉ DC MARIAGE · texte numérisé non relu

L'INDISSOLUBILITÉ DC MARIAGE

tent et souvent nous écrasent. Les cieux élèvent Tâme dans une harmonie supérieure. Domaine éclatant et pacifique où règne la loi de Dieu, ils nous rassérènent, étalant à nos yeux la plus splendide armée que jamais regard ait pu contempler, chantant les louanges de celui qui leur a ouvert ces champs immenses et lumineux!

J'ai un dernier point à toucher, le plus déUcat peut-être, sûrement le plus fort.

Pour quel motif, en vertu de quelle impulsion, l'homme et la femme s'unissent-ils par le contrat conjugal? Je vous le dirai avec un accent austère, mais avec simplicité et franchise. Je n'ai pas peur de nommer, devant Dieu, Taffection et l'amour. Nous sommes des fils ; nous avons tous un père et une mère. J'aime à parler de l'amour, en pensant à mon père et à ma mère. Si les oreilles prudes s'effarouchent, c'est un signe que le cœur est mal fait. Pourquoi, en vérité, s'étonner des grandes choses qui régnent dans l'humanité? Ce qui est grand est toujours pur. Or, la plus grande des choses, par conséquent, la plus pure, la plus sainte, c'est l'amour d'un père et d'une mère. Et s'il fallait adorer quelque chose d humain, ce n'est pas. Messieurs, la poussière d un homme de génie que je baiserais ; non, c'est la poussière d'un cœur de mère.

Nous sommes les fils de cet amour supérieur. Et quand vous entendez un homme loyal et sincère parler avec passion, avec enthousiasme, d'une grande cause; quand vous entendez le poète jeter ses vers brûlants, rayonnants, qui remuent, embrasent toute une génération ; quand vous entendez 1 homme défendre la justice, proclamer la vérité, venger sa patrie ou son Dieu, laissant voir ce qu'il y a dardeur dans un cœur impuissant à se contenir, dites : Voilà l'écho lointain de l'amour du père et de la mère!

Oh! cela est au-dessus de tout; c'est la manifestation triomphante de Dieu sur la terre.

Vous vous demandez pourquoi je vous parle avec cet accent. — Pourquoi? Vous allez le voir.

Si je A^ous prouve, — et ici le raisonnement est superflu, — si je vous montre que lamour du père et de la mère est un amour indissoluble, qu'est-ce que vous en conclurez? Sans doute, que la famille est indissoluble, que le contrat est indissoluble. Eh bien, l'amour de 1 homme et de la femme qui constitue le père et la mère, est un amour que rien ne peut rompre. Je parle, encore une fois, dans l'idéal. Vous direz : Mais lidéal n'est pas de ce monde! — L'idéal n'est pas de ce monde? Vous vous trompez. L'idéal, c'est comme la colombe de l'arche ! L idéal, oiseau céleste, pose quelquefois le pied sur la terre, au bout d'un rocher qui domine

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