L'INDISSOLUBILITÉ DT MARIAGE
les vagues, les vagues du déluge; il s'arrête là; et il prend une petite branche dolivier qui est là ; et il nous l'apporte dans notre arche étroite et triste. L'idéal ! Est-il quelqu'un ici qui ne l'ait entrevu, ne fut-ce qu'une seconde? iS'a-t-il pas fait tressaiUir l'âme de toutes les jeunes filles? — Et plus d'une fois, jeune homme, ne t'a-t-il pas fait chanter? Est-ce que tu n'as pas été joyeux et ravi? Gonsulte-toi, compte tes jours. Tu as eu seize ans, vingt ans. A la vingtième année, est-ce que l'idéal ne chantait pas dans ton cœur?
Et vous, qui avez blanchi, vous qui avez vu les neiges et les orages de la vie , à travers ces orages et ces froides brumes, ne l'avez-vous pas aperçu, au moins une fois entre deux tempêtes, comme le rayon qui passe entre deux nuées noires, du flanc desquelles devait tomber la foudre ?
L'idéal, nous l'avons tous vu, j'en rends témoignage. Nous en connaissons, tous, les splendeurs î Il y a une heure où il nous a éblouis : c'est l'heure où nous avons aimé. Donc, vous l'avez connu, vous qui avez noué devant un autel le lien conjugal. L'idéal était là. Vous aimiez totalement, sans mesure. Vous aimiez pour le temps etpour Téternité. Vous aimiez pour la terre, mais vous aimiez aussi pour le ciel et pour toujours.
L'amour est éternel ou il n'est pas. Si l'amour est éternel, — et il l'est dans son vœu, il l'est
dans son droit, il Test dans sa nature, — je vous demande pourquoi et au nom de quoi vous allez, dans un moment de décadence, d'égroïsme, de faiblesse et de passion, vous retourner contre le souvenir de cette heure qui devrait suffire à embaumer votre vie et votre éternité. Je vous demande pourquoi vous osez dire : J'étais un naïf; je me suis trompé; j'étais un enfant! Au nom de ma maturité, au nom de mes trente ans, je foule aux pieds, et je déchire ce contrat qui a été signé par ce qu'il y a de plus grand, de plus saint au monde,
par ce qu'il y a de supérieur à tout, par Eh
bien, non, je ne le nommerai pas. Jeunes filles, parlez; Messieurs, dites le mot. Je laisse à vos cœurs le soin de crier dans sa beauté, dans son éloquence, le nom d'un amour éternel.
L'amour éternel! non. Messieurs, vous ne le trahirez pas !
Je me résume. Le contrat conjugal de droit naturel comporte trois choses : il comporte l'union totale de l'homme et de la femme; il comporte une triple fin : Fenfant, l'éducation de l'homme et de la femme, l'unité de l'espèce humaine ; il comporte un principe suprême, l'amour.
Or, l'union totale veut l'indissolubilité ; la fin du contrat conjugal veut lindissolubilité; le principe de lunion conjugale veut l'indissolubilité. Gon
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cluez, Messieurs : Tindissolubilitë, dans le contrat conjugal, est de droit naturel.
Je sais qu'il se dresse des montagnes d'objections dans les esprits ; et c'est pourquoi je vous donne rendez-vous devant l'indissolubilité conjugale, considérée, cette t'ois, dans la réalité et dans 1 histoire.
Nous connaissons la théorie, et nous savons qu'en théorie l'amour conjugal appelle un contrat indissoluble. Il s'agit de savoir ce qu'est en fait l'humanité, devant cette loi redoutable. Nous verrons la grande race humaine, nous la jugerons dans ses groupes. Puis, entre ceux, — et ils sont nombreux, — qui n'ont pas voulu de l'indissolubilité, et le petit nombre des hommes héroïques qui l'ont défendue et pratiquée ; entre ceux qui ont subi la faiblesse de leurs passions , et ceux qui les ont domptées ; entre ceux qui ont laissé l'humanité retomber dans la matière, et ceux qui l'ont relevée vers l'esprit, vous me permettrez de vous dire : Choisissez !
L'INDISSOLUBILITE