XX 11 LA LUTTE POLITIQUE ET RELIGIEUSE
à exercer envers elle une sorte de sacerdoce. Qu'on suppose un instant cette prétention dans le Président de la République américaine : ce sera, demain , une épouvantable guerre religieuse, pire que la guerre de sécession. Quand donccomprendra-t-on, euFrance, quelEtat n'est pas notre père spirituel, que la conscience ne le regarde point, et que, s'il doit veiller à la justice, à la propriété, à la défense de la frontière, à Ibonneur du drapeau, au développement de la richesse publique, à l'amélioration de la race, au progrès des arts, des lettres et des sciences, il y a une chose sur laquelle il n'a pas à mettre sa lourde main : c'est ma religion et ma conscience? Qu'il la protège, s'il le veut, quil s'en désintéresse , s'il croit que d'autres pouvoirs s'en préoccupent : soit, mais qu'il l'opprime? jamais !
L'Etat est un juge, un soldat, un maître; il n'est pas un prêtre, il n'est pas un Dieu. La formation de Tâme du pays appartient au père et à la mère. Le souci de mon éternelle dcstinc'c ne relève que de ma Foi et de celui que Dieu m'a donné pour ministre. L âme du pays
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sera toujours, en dépit de 1 Etat, telle que la famille et la religion Tauront formée. — Et si la famille se désagrège? Et si la religion déeline? — One rÉtat s'occupe de reconstituer, s il le peut, les familles; de restaurer, s'il en a le secret, la religion déchue : mais que dis-je? le jour ou la famille serait ruinée et les temples détruits, lEtat serait enseveli sous ces ruines qu on ne répare pas.
Je dois à la vérité de signaler une autre cause de 1 incompatibilité politique entre 1 Eglise et la France. Je le ferai en simple historien, sans récrimination et sans crainte.
Il s'est produit, au plus grand détriment de la paix, une triste et fatale conjoncture.
]) une part, les catholiques militants se sont trouvés appartenir presque tous, en politique, aux partis déchus. Le clergé, en masse, s'est enrôlé sous la bannière de la monarchie ancienne. D'autre part, les gouvernants, presque tous , étaient ou indifférents ou hostiles au catholicisme, et ceux qui, lui étant fidèles, ont passé au pouvoir, u ont jamais conquis la po-