‹ Indissolubilité et divorceChapitre 5 sur 29 · XXIV LA LUTTE POLITIQUE ET HEUIGIEUSE · texte numérisé non relu

XXIV LA LUTTE POLITIQUE ET HEUIGIEUSE

pularitë , cette première force de tous les fTOiiveruants. On ne dira jamais les confusions déplorables qu a engendrées cette singulière coïncidence. Ceux qui en ont souffert au plus profond de leur conscience et de leur patriotisme , ceux-là pourraient seuls exprimer les difficultés étranges qu'ils ont rencontrées.

Catholiques par la foi, ce titre était une note de suspicion auprès du parti politique qui a eu le tort d insérer en son programme la libre pensée sous toutes ses formes et dans toutes ses nuances. Républicains par conviction politique, démocrates même et partisans de la liberté, ce titre les rendait suspects auprès du parti politique dont le mot de conservateur indiquait tout Fesprit et tout le génie.

Inconséquents, naïfs ou ré^'X)ltés : tels sont les épithètes quils encouraient et qu'ils encourent aujourd'hui même.

Inconséquents : car ils ne voient pas Topposition absolue , invincible entre la France moderne et le catholicisme; naïfs, car ils ne se doutent pas qu'ils ne servent ni la Répubhque qui les rejette, ni le catholicisme qui les sus-

LA LUTTE POLITIQUE ET RELIGIEUSE. xxv

pccte; l'cvoltcs, car ils oublient que le ré[;iine des sociétés organisées selon la liberté est en désapprobation avec la doctrine du Pape, leur cbef biérarcbique.

Et où donc a-t-on fait la preuve que le catbolicisuie ne pouvait vivre avec la société moderne, ni la société moderne avec le catbolicisme? l^^t de quel droit la République rejetterait-elle des républicains, par le seul fait qu ils sont des croyants? Et au nom de quel principe suspecterait-on des croyants qui n anathématisent pas la République? Où donc enfin, dans quel recueil dogmatique signalera-t-on la désapprobation du régime d'une société libérale?

La constitution belge est-elle une liérésie? Alors, pourquoi les catholiques lui prétent-ils le serment? Si elle iiest pas hérétique, si Léon XIII en recommande le respect aux catholiques, qui donc oserait condamner ceux qui acceptent ce régime de liberté?

Comment pouvait-on s entendre dans une situation si fertile en malentendus et si embrouillée? La guerre était inévitable ; et tout devait en souffiir : la rehgion et le pays.

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